Cafouillage pour le député Daniel Fasquelle. Un amendement en son nom, qu’il a finalement renié, souligne que « la constitution physique de femme explique la vulnérabilité de celle-ci face aux violences physiques ».
Les violences faites aux femmes ? C’est parce qu’elles sont des êtres faibles par nature. Voilà en substance l’argumentaire du député UMP Daniel Fasquelle, dans le cadre d’un amendement qu’il propose à deux reprises au projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
Dans l’article 16 de la loi, consacré à l’activité du Conseil supérieur de l’audiovisuel, et l’article 16 bis, relatif à la formation dans les écoles de journalisme, le député UMP entend substituer aux mots « les stéréotypes, les préjugés sexistes », les mots : « la dégradation de l’image de la femme ».
Mise à jour lundi 21 janvier, 23h45 : C’est la faute de deux femmes. Daniel Fasquelle a tenu à préciser : « Ces amendements, qui m’ont été transmis par une amie, femme et juriste, ont été déposés sans mon accord. » Déposés par sa collaboratrice. Ils ont été retirés avant la discussion.
Daniel Fasquelle récuse les termes, trop « neutres » à ses yeux, de « stéréotypes » et de « sexiste », car cela « rend compte d’une idéologie qui, loin de protéger la femme, conduit à considérer que celle-ci devrait être un homme-bis, occultant les spécificités féminines. » Par spécificités féminines, il faut entendre le fait que « la femme » est par essence vulnérable, explique-t-il : « la constitution physique de femme explique la vulnérabilité de celle-ci face aux violences physiques ».
Il va même plus loin en affirmant : « Faire croire qu’une femme peut boxer est par exemple une grave erreur qui désapprend aux hommes à faire attention aux femmes et à les respecter comme telles. » C’est bien connu, une femme ne peut pas boxer, elle ne comprend que le langage des fleurs.

Plus loin, le député fait preuve de louables intentions. Il remet en cause les idées négationnistes selon lesquelles les femmes seraient tout aussi violentes à l’égard de leurs maris. « Les violences des hommes envers les femmes sont bien plus sévères et répétitives », souligne-t-il à juste titre. Mais c’est pour mieux asséner à nouveau sa thèse : « Seule la prise en compte de la spécificité de la constitution physique d’une femme » permet de comprendre ce fait. Ou comment occulter les mécanismes sexistes à l’origine de ces violences.
Ces considérations rappellent celles du ministère de l’Intérieur, qui avait prodigué pendant plusieurs mois des « conseils aux femmes » d’un paternalisme similaire, avant de les modifier en octobre dernier (Voir : Le ministère de l’Intérieur supprime ses conseils paternalistes).
Photo By Niicolás Celaya, via Wikimedia Commons. Combat de boxe féminine à Montevideo, Uruguay, septembre 2008. Chris Namús (URU) vs. Leticia Rojo (BRA)
