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La journaliste Mena Mangal assassinée à Kaboul

par Camille Saint-Cricq

La journaliste et conseillère culturelle Mena Mangal a été abattue au cœur de la capitale Afghane. Les militantes dénoncent ces assassinats de femmes en plein jour à Kaboul.

Elle avait dit publiquement, quelques jours auparavant qu’elle se sentait en danger de mort. Mena Mangal, journaliste afghane a été abattue samedi matin dans le sud-est de Kaboul en se rendant à son travail. Elle était également militante des droits humains et en particulier des droits des femmes. D’abord présentatrice sur la chaîne en langue pachtoune Tolo TV, la plus importante télévision privée du pays, elle avait rejoint ensuite l’une des principales chaînes concurrentes, Shamshad TV. Mena Mangal défendait les droits des femmes à l’éducation et au travail. Elle était récemment devenue conseillère culturelle auprès de la chambre basse du parlement national afghan.

La journaliste a été assassinée par deux hommes en moto qui ont tiré neuf balles selon The Guardian. Personne n’a revendiqué l’assassinat. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi, aurait déclaré que les assaillants n’avaient pas été retrouvés et qu’une unité de police spéciale enquêtait.

Les militantes des droits des femmes, ont exprimé leur tristesse et leur colère contre les autorités qui avaient laissé  Mena Mangal sans protection face aux menaces. Wazhma Frogh, avocate afghane spécialiste des droits humains et militante des droits des femmes a reproché : « Cette femme avait dit que sa vie était en danger; pourquoi rien n’a été fait? Nous avons besoin de réponses », et d’ajouter : « Pourquoi est-il si facile dans cette société, pour les hommes, de continuer à tuer des femmes avec lesquelles ils ne sont pas d’accord? »

Un tel assassinat public est un «  déshonneur absolu »  de la police, des services de renseignement et du conseil de sécurité nationale, a ajouté l’analyste politique Mariam Wardak.

Shagufa Noorzai, membre du parlement afghan, fait le décompte macabre des meurtres de femmes afghanes, en plein jour, à Kaboul. « #Farkhundaa été brûlée vive, Baby Mahsa (une fillette de six ans) a été kidnappée, violée et tuée en 2019, Bibi Ayesha : son nez a été coupé. Des femmes sont lapidées et maintenant Mina Mangal est tuée de neuf balles. Tous ces crimes se sont déroulés dans la journée et dans la capitale Kaboul. Arrêtez de tuer les femmes. » 

Les journalistes afghanes s’inquiètent. « Ma vie est en danger, le gouvernement doit assurer  la sécurité des journalistes » écrit Zalma Kharooty, journaliste de Lemar TV, sur Facebook.

Hors Afghanistan, la seule réaction de dirigeant remarquée sur les réseaux sociaux est celle du premier ministre du Canada, Justin Trudeau qui écrit sur Twitter « Mena Mangal était une courageuse journaliste et défenseure des femmes et filles, et son travail était essentiel à l’égalité des sexes en Afghanistan et dans le reste du monde. Sa mort est une tragédie inacceptable, et on doit agir ensemble pour garder son héritage bien vivant. »

Si les femmes ont pu obtenir quelques droits depuis 2001, le retrait prochain des Etats-Unis d’Afghanistan fait craindre un retour en arrière. Par ailleurs, selon Reporter sans frontière, le pays est l’un des plus dangereux pour les journalistes : 18 ont été tués en 2018.

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