Accueil Politique La loi de lutte contre le système prostitutionnel : six ans après

La loi de lutte contre le système prostitutionnel : six ans après

par La rédaction

La loi reste insuffisamment appliquée et la mentalité des « clients prostitueurs » évolue très peu.

La loi de lutte contre le système prostitutionnel, adoptée il y a six ans, repose sur quatre piliers définis ainsi par le Haut Conseil à l’égalité (HCE) : « lutte contre le proxénétisme, amélioration de la prise en charge des personnes victimes de prostitution, changement de regard sur la prostitution, responsabilisation des clients de la prostitution à travers la création d’une infraction de recours à la prostitution d’autrui »

Mais le HCE « constate encore en France beaucoup de manquements à son respect et des évolutions inquiétantes en Europe. » Et attire l’attention sur « les risques de traite » bien réels pour les Ukrainiennes victimes de la guerre.

Lire : CES PRÉDATEURS QUI VEULENT PROFITER DES UKRAINIENNES

Il rappelle également que la majorité des personnes prostituées sont issues de la traite : « On estime aujourd’hui qu’entre 30.000 et 50.000 personnes sont victimes de la prostitution en France, parmi elles au moins 10.000 sont mineur·es. »

Le mouvement du Nid demande des moyens financiers pour 4000 parcours de sortie par an. Et, pour dresser le bilan de ce qui avance ou pas, ce mouvement fait cette année un focus particulier sur « le client prostitueur » sans lequel le système ne pourrait pas fonctionner. Un client qui semble encore bien décomplexé.

Le mouvement du Nid définit le « prostitueur » comme  « un homme qui, dans une culture patriarcale, profite de son privilège masculin pour imposer un acte sexuel non désiré. Un homme qui voit les femmes comme des objets à sa disposition, mais aussi qui persiste dans le déni de la réalité. » Dans un dossier consacré à ces clients, plusieurs verbatim font froid dans le dos. Ils parlent des personnes prostituées comme d’objets qu’ils peuvent utiliser à leur guise, avec violence parfois, et éventuellement, se persuadent qu’elles aiment ça (mais le plus souvent ils ne se posent pas la question.)

Stages clients

Au sein de la Fondation Scelles, Frédéric Boisard, est chargé des « stages clients ». Ces stages font partie de l’arsenal de pénalisation des clients prostitueurs. Dans une interview accordée à Prostitution et société, le magazine du Mouvement du nid, il déplore la légèreté ou l’absence de peines infligées à ces hommes (en particulier ceux qui ont prostitué des mineures écopant seulement de peine avec sursis) et souligne chez ces hommes un certain conditionnement pour arriver à une telle violence… Il déplore le manque de moyens pour les conduire à remettre en question ce conditionnement.

Frédéric Boisard note quand même que les stagiaires les plus jeunes se montrent plus souvent réceptifs aux discours des formateurs. La peur du gendarme n’y est pas pour rien, dans les -rares- zones où la police intervient. Cinq policiers qui débarquent dans une chambre indiquée via SMS par un proxénète, ça impressionne, surtout les primo-délinquants. Mais c’est souvent le fait d’écouter les « survivantes de la prostitution » qui fait aussi changer le regard de ces hommes. En entendant les histoires de vie et la violence subie par ces femmes, parfois mineures, ils peuvent changer. Mais ils sont peu nombreux à suivre ces stages. Selon les chiffres de la fondation Scelles, 396 clients prostitueurs ont été verbalisés l’an dernier à Paris. Parmi eux, 157 ont suivi un stage de sensibilisation. Versus une mineure de 14 ans ayant compté 600 appels de clients en une journée…


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