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La parole des femmes à l’épreuve du télétravail

par Rebecca Wolozinsky

Aussi souvent interrompues en visioconférence que sur le lieu de travail, les femmes craignent que leurs silences ajoutés à la distance compromettent leur ascension professionnelle.

45% des managères considèrent que la prise de parole et la participation des femmes aux réunions sont rendues plus difficiles lors des visioconférences et des conférences téléphoniques.  C’est l’un des constats d’une étude menée par Catalyst, qui œuvre pour le leadership des femmes, auprès de 1 100 adultes de 18 ans travaillant aux Etats-Unis.

Certes, depuis que le télétravail a été généralisé avec l’épidémie de coronavirus, 70% des femmes actives considèrent que ce changement a eu et aura, durablement, un impact positif sur la gestion de leur emploi du temps à l’avenir.

Mais flexibilité n’a pas que des avantages. Revers de la médaille : le bureau à distance rend le travail des femmes moins visible. En outre, comme elles s’expriment moins pendant les réunions derrière les écrans, elles sont moins visibles encore. Et une moindre visibilité entraîne de moindres chances de promotion.

Plus d’une femme sur cinq explique avoir été ignorée pendant une visioconférence et trois salariées sur cinq pensent que le télétravail nuit à leur évolution au sein de l’entreprise ainsi qu’à une possibilité de promotion. 

Interviewée par CNBC, Patti Fletcher, spécialiste des questions de genre et dirigeante de Workhuman n’est pas étonnée par ces chiffres. Les femmes ont toujours été ignorées et interrompues lors de réunions professionnelles, pourquoi cela aurait-il changé avec le télétravail ? Le « manterrupting »interruption d’une femme par un homme, le « mansplaining » explication par un homme de ce que son interlocutrice sait déjà, parfois mieux que lui et « bropropriating » pour décrire la réappropriation des idées d’une femme par un homme ou leur interruption constante lors de prises de parole sont des comportements fréquents. Dans la vie réelle comme par écrans interposés.

Comment y remédier ? Pour Patti Fletcher, c’est avant tout au dirigeant de l’entreprise de faire en sorte que ces comportements ne persistent pas. Ni en visioconférence, ni sur le lieu de travail. Lorraine Hariton, CEO de the Catalyst, suggère aussi que les critères d’attribution des promotions soient revus pour donner la prime à la compétence et pas à la visibilité. Les dirigeants pourraient profiter du télétravail et de l’absence des salariés au bureau, pour mettre en place des politiques équitables, qui mettraient un terme aux inégalités au travail. 

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