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La solitude, ça n’existe pas… pour les hommes ?

par Isabelle Germain

La solitude, grande cause nationale 2011, fait couler beaucoup d’encre, de photos et d’émissions télé. Béatrice Toulon analyse un dossier de «Télé Obs » enrichi de photos et légendes convergeant vers un message subliminal : les solos sont plutôt des « solas ». Et les hommes seuls, eux, sont indépendants. Nuance ! Messages démentis par les faits.

Déformation professionnelle sans doute, mais avant de lire une enquête dans la presse, je la flaire, j’épluche les titres, intertitres, photos, accroches, légendes, exergues… j’aime capter ce que cette enquête me révèle avant les mots. Je suis rarement déçue. Le décalage, presque systématique, peut atteindre des sommets entre les clichés véhiculés par la mise en scène et la réalité souvent plus complexe restituée par le contenu de l’enquête. Evidemment, cela veut dire qu’il vaut mieux lire…

Cette semaine, Télé Obs, le supplément télé du Nouvel Observateur, consacrait sa grande enquête à la solitude. Vous savez, le mal du siècle, le marronnier du siècle aussi, avec les prix de l’immobilier au printemps, les francs-maçons au creux de l’hiver et le poids du cartable à la rentrée. La solitude, elle, nous colle à la peau de janvier à décembre, c’est LE sujet « air du temps » par excellence, qui signe une époque déshumanisée, broyeuse des cœurs et des âmes autant que des emplois. La solitude, on veut bien les croire avant même d’avoir lu.

Le Nouvel Observateur, grand inventeur des enquêtes « air du temps », ne pouvait pas laisser passer le sujet solitude à l’occasion de la diffusion par Canal+ d’un documentaire, « Génération solos », le 2 février.

Avant de lire, prière de comprendre que les « solos » sont des « solas »

Je feuillette le Télé Obs, donc. Et que vois-je ? L’édito d’abord, titré – sans pathos aucun ! – : « Les cœurs cassés ». Dessous, la photo d’une jeune femme de dos, alanguie devant sa fenêtre, la tête sur la main, une femme que l’on devine jeune et jolie (en inuit c’est le même mot), urbaine. En légende : « Ces journées grises, couleur du temps qui passe et qui doucement va s’éteindre. » Bigre. Avant même de lire le texte signé Richard Cavano, je comprends que ces solos, sont des solas, ces fameuses jolies trentenaires, urbaines, stylées, diplômées, bien dans leur peau, mais si seules et qui en souffrent.

Dans le dossier, intitulé plus neutrement « Les célibataires, Vivre en solo », six photos : trois photos de belles jeunes femmes (avec celle de l’édito et du sommaire, cela fait cinq) pour une photo d’homme seul, lui aussi jeune et beau. Y aurait-il cinq femmes célibataires pour un homme ? Sous sa photo, placée elle-même sous celle d’une charmante jeune femme, on peut lire : « Charlotte 36 ans, sait que son horloge biologique commence à s’accélérer mais Fabien 38 ans revendique son besoin d’indépendance ». Donc, ce célibataire, non content d’être le seul mec de la bande des solos (si j’ose dire), il n’est même pas esseulé, il jouit de sa liberté. Nuance. Les pauvres filles, elles, ne sont pas fichues d’en profiter, elles paniquent et souffrent.

Je n’ai toujours pas lu le dossier mais je sais déjà que les célibataires sont des femmes, jeunes, qui appartiennent à la classe moyenne ou supérieure et qu’elles subissent cette solitude. Je m’étonne presque de ne pas trouver en exergue une explication du type : elles sont trop difficiles, elles font peur aux hommes, elles veulent le beurre et l’argent du beurre… Bien avant les psys et l’analyse transactionnelle, le philosophe Bergson avait traité du fatras de croyances qui nous encombrent et notre tendance à aimer les confirmer : Je crois à ce que je vois d’autant plus que cela correspond à ce que je crois savoir du monde. Et comme le montrent les statistiques réalisées régulièrement par l’Association des Femmes Journalistes, les médias représentent avant tout les femmes en victimes, bien plus qu’en actrices de la société. On est en plein dedans. Mais en ce qui concerne les femmes jeunes et belles, on aime y ajouter un grain de culpabilité, comme pour leur faire payer le prix de leur émancipation (et peut-être même leur jeunesse et leur beauté) par le retrait des hommes de leur vie. Les clichés se ramassent à la pelle et se refilent comme la grippe.

Pourquoi un média aussi pro que Le Nouvel Obs véhicule aussi lourdement un cliché aussi grossier ? Une tentative d’explication : les mises en page (mise en scène) des enquêtes dans la presse par d’autres que les auteurs des sujets : par le directeur artistique, les iconographes et secrétaires de rédaction, lesquels, par réduction de personnel, usure du métier ou usure du sujet se contentent de le parcourir avant de choisir les photos et titres. Alors, forcément, ce qu’ils convoquent, c’est l’idée qu’ils se font du sujet aidés de leurs stéréotypes, clichés, projections… Quand ils pensent à la solitude comme « phénomène de société », à quoi, à qui pensent-ils alors qu’ils n’ont pas l’intention de lire le sujet ? Sans compter que la femme jeune et jolie demeure en toutes circonstances le sujet visuel préféré des médias, le choix esthétique par excellence, sauf évidemment dans les pages dédiées au pouvoir économique et politique. Inutile de préciser que ces comportements grégaires sont autant le fait des journalistes femmes qu’hommes. La culture dominante est par définition partagée par tous.

Le poids des mots nuance le choc des images

Au fait, que dit le fameux documentaire ? Rien de définitif. Il offre un témoignage sans prétentions ni statistiques, un peu cliché (sur l’immaturité des hommes) mais pas trop sur les jeunes célibataires urbains d’aujourd’hui, trois femmes, deux hommes (dans les récits de succes story la proportion s’inverse), ambivalents sur leurs attentes.

Et qu’en dit vraiment le Nouvel Obs une fois que l’on a plongé dans le texte ? Il ne va pas très loin mais le poids des mots nuance quelque peu le choc des images. On apprend qu’un adulte sur trois « serait » célibataire en France, que c’est deux fois plus qu’il y a 40 ans (14% contre 6% en 1960) mais que depuis il y a eu les unions libres, les couples non cohabitants, les Tanguy, les Pacsés, les colocataires. Bref, on ne sait pas trop, disons qu’on devine une tendance. Merci pour l’info. Ces célibataires seraient à 53% des femmes. Et si on élimine les cinquantenaires et plus qui ont envoyé leurs maris par-dessus les moulins une fois les enfants grandis pour revivre à la première personne, l’écart se réduit à quasi rien. Autrement dit, la jeune femme ayant tout pour elle sauf l’amour pourrait bien être un joli mythe … Les jeunes solas sont plus simplement des femmes qui se marient plus tard et changent de partenaires en attendant. Avec une seule vraie grande différence avec ces messieurs : l’envie d’enfant qui les oblige à se trouver un père au bout d’un moment.

C’est assez nouveau au regard des mœurs de leurs grands-mères mais cela n’a rien d’affligeant, ni d’inquiétant. Sur deux colonnes, la parole est donnée à l’un des inévitables (mais intéressants) sociologues médiatiques, Jean-Claude Kaufmann, qui résume l’époque avec un tout autre regard : « L’organisation de nos sociétés n’est plus le couple mais l’individu. Le couple est une séquence organisée autour de l’enfant ». Plus loin : « Une vie en solo n’est pas une vie de nonne ou de moine. Les célibataires sont extraordinairement actifs. » On peut aimer ou ne pas aimer la société que Kaufmann nous décrit mais les femmes n’y sont pas des victimes, les actrices plutôt d’un monde où les individus ont pris le pouvoir sur le groupe. Ce n’est pas le mal du siècle mais la révolution du siècle.

 

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26 commentaires

26 commentaires

martin dufresne 31 janvier 2011 - 23:51

Bien vu! Ce rôle de victime alanguie complaisamment dicté aux femmes confine le Nouvel Observateur au ridicule. La rédaction commencerait-elle à ressentir la pression de toutes les journalistes qualifiées qui menacent les petites habitudes de la maison, agitant les marronniers classiques? Bravo, Madame Toulon.

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AnnieB 1 février 2011 - 07:25

Y a t il des indications sur l’utilisation par solos et solas, sur l’utilisation des sites de rencontres internet, Tous ceux que je connais, triste sou gais, jeunes ou moins jeunes les consultent pour le plaisir parfois , pour l’expérience souvent. beau marché pour les opératuers!!

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sandrine 1 février 2011 - 08:12

C’était le corps de « Backlash », de Faludi, dans les années 80 aux Etats-Unis…comme quoi personne ne l’a lu, ou personne ne veut l’entendre…

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Léa 1 février 2011 - 10:16

Désolée mais là c’est vous qui tombez dans le piège. Tout autour de moi ce que je vois ce sont des femmes jeunes, belles et indépendantes en mal d’amour. Et des hommes aussi d’ailleurs. Mais il y a plus de femmes que d’hommes. Et la souffrance est là, terrible. Combien adoptent un style célibataire ultra-actif pour cacher la misère affective? Combien enchainent les aventures par renoncement (vécu dans la souffrance) à fonder un foyer stable?
Pourquoi retirer les femmes quinquas qui ont viré leur mari de la statistique? La plupart n’aspirent qu’à une chose : retrouver un compagnon. et plus on est âgé, plus le déficit démographique se creuse : moins d’hommes, plus de femmes. Les sites de rencontres ou de socialisation (type OVS) en sont pleins, de ces divorcés qui veulent aimer de nouveau. Les cabinets des psy aussi sont pleins de jeunes ou moins jeunes qui n’osent pas dire en public cette difficulté.

Non le célibat n’est pas une souffrance pour toutes les femmes et les hommes, mais il l’est pour beaucoup (et pour beaucoup d’hommes seuls aussi), et là vous êtes dans le déni de cette réalité. On ne fait pas seulement « couple » pour les enfants. On le fait aussi pour ce qui compte le plus dans la vie des humains : l’affection, l’amour.

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Georges 1 février 2011 - 10:31

Une remarque sur l’article : les messieurs ne voudraient pas d’enfants ? C’est étayé ?

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Béatrice Toulon 1 février 2011 - 11:58

A Georges
Je n’ai pas écrit que les messieurs ne veulent pas d’enfants, j’ai écrit qu’ils ne sont pas tenus comme les femmes par l’horloge biologique. Reconnaissez que ce n’est pas la même chose.
A Léa
Quel piège? reprenons:
« Autour de vous ce sont des femmes jeunes et belle en mal d’amour et les hommes aussi » : excusez mais exactement ce que je voulais dire. il y a autant d’hommes célibataires que de femmes, mais, en tendance, ils sont dans de plus petites villes et avec des niveau de formations plus modestes. Ils sont moins glams à montrer.Dans le dossier ils n’existent carrément pas.
« Pourquoi retirer les quinquas qui ont viré leur maris des statistiques? » : je ne les ai pas retirées, au contraire je les ai ajoutées. Elles sont absentes du dossier et du documentaires. Moins glams.
« Les femmes sont plus nombreuses » : oui mais seulement à partir de 50 ans. En-deçà,les hommes sont plus nombreux. Les célibataires femmes en deçà de 50 ans sont grosso modo aussi nombreuses que les hommes et encore on n’en est pas sûr vu le fou de l’organisation de la vie amoureuse aujourd’hui.
« les sites sont plein de ces divorcées qui veulent aimer à nouveau » : c’est exactement ce que je dis.Chercher à revivre un amour en laissant son couple c’est cela ce que j’appelle « revivre à la première personne », vouloir ressentir e nouveau la vie en soi, c’est un projet autour de sa personne.
Enfin, la différence entre nous c’est que vous voyez tout ce petit monde en souffrance. A mon avis c’est surtout un petit monde en attente. Notre société vise à la fois l’épanouissement individuel et une organisation fondée sur la famille. C’est dur, mais ce n’est pas que de la souffrance, c’est du plaisir et de la souffrance.

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Toto 1 février 2011 - 12:04

« Léa »
On ne fait pas seulement « couple » pour les enfants. On le fait aussi pour ce qui compte le plus dans la vie des humains : l’affection, l’amour.

Exactement. L’idéologie libérale avec son fantasme (très masculin, d’ailleurs) de l’individu libre de toute attache, de tout lien, de toute relation durable continue ses ravages…

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Léa 1 février 2011 - 12:28

Merci pour votre réponse.
Effectivement le problème vient de ce que les hommes seuls et les femmes seuls ne vivent pas aux mêmes lieux, géographiques et sociaux. Et d’ailleurs personne ne se penche sérieusement sur le sujet. Personne n’ose dire que l’écart scolaire entre garçons et filles (analysé dans d’autres articles) a aussi cette conséquence-là : les hommes et les femmes ne répondent plus à leurs attentes réciproques.

Par ailleurs, il y a plus d’hommes (jeunes) qui se tuent sur la route, dans les bagarres, en voyage… les prisonniers, les malades psy lourds, les SDF, les drogués… sont à 80 % des hommes (même si les femmes commencent à les « rattraper »). Certes certains ne sont pas célibataires mais beaucoup le sont, ou le deviennent, leur couple ne résistant pas.
Bref, la réalité, si on arrête avec des chiffres globaux, c’est un déficit d’hommes « libres » là où sont les femmes célibataires. Et inversement à la campagne, (le célibat des agriculteurs est un (autre) marronnier).
Mais vous avez raison, le magasine oublie les hommes seuls, moins glams.

Là où je vis, il y a 3 femmes célibataires pour 1 homme. Et non, elles ne sont pas en attente, mais bien en souffrance. Je ne l’invente pas, je répercute ce qu’elles disent. Une « attente » qui commence à se compter en années, ça devient une souffrance, croyez moi. Et le plaisir que vous y mettez, il est réel, mais il finit par avoir un goût très, très amer…

Mais il est vrai que c’est valable aussi pour les hommes, et là encore je vous rejoins : le magazine les a oubliés. Mais un homme triste et faible, il ne faut pas le montrer…

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Danièle Laufer 1 février 2011 - 18:58

Juste un point de détail: Jean-Claude Kaufmann n’est pas « psy » mais sociologue!

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jadx 1 février 2011 - 21:35

Sola depuis toujours et j’ai la soixantaine. C’est un choix, je n’aurais jamais pu accepter tous les compromis que les hommes de ma génération m’auraient imposés. J’ai beaucoup de copines dans le même cas. Parmi les copines mariées, je ne vois pas qui je peux envier vraiment.
Ce que je trouve regrettable c’est, de fait, cette petite frontière sociale célibataire/en couple du même type que jeune/vieux.
Ce qui m’amuse, c’est de voir les copines se précipiter pour tenter de vivre ma liberté quand leur couple bat de l’aile, ce qui me navre, c’est lorsqu’elles disparaissent dès que « l’amour » revient.

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Béatrice Toulon 1 février 2011 - 23:51

@danièle Laufer
Merci d’avoir redonné à JP Kauffmann sa vraie spécialité. Je n’aurais pas dû faire cette faute, je l’ai interviewé assez souvent pour connaître la finesse de ses analyses sociologiques…

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Sola aussi 2 février 2011 - 09:14

Moi aussi, je suis sola depuis mon divorce, il y a 7 ans. J’ai vécu la vie conjugale (pendant 12 ans) comme une telle contrainte, un tel fardeau, une telle injustice pour les femmes que ça m’a fait passer l’envie d’y retourner. Je trouve que j’ai d’excellente raisons, mais c’est considéré comme anormal par certaines personnes de mon entourage, comme un symptôme qu’il faudrait soigner. J’avoue que leur assurance me fait parfois douter. Pourtant, je ne suis pas en attente, je ne suis absolument pas en « recherche », et si je me sens parfois seule (ce qui contribue au doute), dans l’ensemble, je « souffre » infiniment moins que lorsque j’étais dans la prison de mon couple.

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Léa 2 février 2011 - 09:47

@jadx et sola aussi : effectivement mon point de vue est différent du vôtre, que je comprends.
Mais les personnes dont je parle, et moi-même, avons entre 25 et 40 ans, pas d’expérience longue du couple et pas d’enfants. La problématique du célibat est donc très différente. Sans doute qu’on est plus naîves… Mais les couples ont évolué, et les couples que nous voyons autour de nous nous font envie, les femmes n’y sont pas brimées. D’où quelque chose qui relève de la souffrance.

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Mdame 2 février 2011 - 09:57

La lecture pertinente de Mme Toulon permet de faire un pas de plus vers ce changement de mentalités: non, les célibataires ne sont pas des gens à qui il « manque » quelque chose ! Se marier, faire des enfants, acheter un pavillon et posséder deux voitures familiales n’est PAS un idéal universel auquel tout individu doit tendre. Au contraire, le monde actuel offre à chacun de nombreux choix de vie, pourquoi se cantonner à un modèle restrictif et prendre en pitié ceux qui ne s’y conforment pas? C’est précisément à cause de cette stigmatisation que certains vivent leur célibat comme une souffrance.

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Sola aussi 2 février 2011 - 10:05

J’ai 43 ans.

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Sola aussi 2 février 2011 - 10:11

L’exploitation des femmes dans le couple est loin d’avoir disparu. La forme est simplement différente, beaucoup plus subtile, parfois même « librement choisie et/ou consentie ». Le résultat est peut-être encore pire qu’avant : c’est la double journée et la sensation permanente de ne rien arriver à faire correctement, le sentiment de culpabilité et la course à l’infini.

Qui est le grand bénéficiaire de cet état de fait dans le couple, aussi moderne et évolué soit-il ?

Je rappelle que 80 % des tâches ménagère du foyer sont toujours effectuées par les femmes.

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Marion 2 février 2011 - 11:07

Merci pour cette analyse toute en finesse qui nous aide à remettre en perspective tous ces poncifs et autres stéréoypes dont feraient bien de se débarasser certains journalistes. Une remarque toutefois (qui rejoint celle de Georges) : la formulation concernant « l’envie d’enfant » laisse penser que seules les femmes désirent procréer, et doivent pour se faire chercher « un père » pour leur enfant. Les hommes ne se mettent-ils pas eux aussi à la recherche d’un « utérus » lorsqu’ils souhaitent avoir des enfants? Avec qui plus est pour eux la necessité d’inscrire cet acte dans le cadre d’un couple stabilisé (quand une femme qui tombe enceinte peut très bien décider de garder et d’élever son enfant sans en référer au père bilogique?)? Dés lors, le céliba ne serait-il pas plus difficile à vivre pour un homme que pour une femme à mesure que le désir d’avoir un enfant se fait sentir, horloge biologique ou pas?
Mais il faut croire que nous sommes encore loin de ce genre d’interrogations à en juger par le dossier du télé obs et les articles culpabilisants que (re)produisent régulièrement les magazines (dits) féminins.

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Béatrice Toulon 2 février 2011 - 23:42

@Marion
L’envie d’enfant existe chez les hommes bien sûr. Mais la question de l’horloge biologique ne se pose pas pour eux. En revanche, même si aucun chiffre n’étaye cette idée, je pense comme vous qu’ils ont plus tendance à inscrire ce désir dans leur souci d’un couple stable. Et ils peuvent justement prendre leur temps…. plus que ces demoiselles travaillées, elles, par leur horloge biologique . D’où un décalage que certaines demoiselles prennent pour de l’immaturité ou du refus d’engagement.

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Léa 3 février 2011 - 09:55

[quote name= »Mdame »] Se marier, faire des enfants, acheter un pavillon et posséder deux voitures familiales n’est PAS un idéal universel auquel tout individu doit tendre.
Tout à fait d’accord avec vous.

En revanche, aimer et être aimé sont un idéal universel auquel tout individu ne DOIT pas tendre, mais auquel à peu près tous tendent, de fait.
C’est tabou, ça?

Et c’est bien de cette souffrance-là que je parle. Il n’est pas question de stigmatisation (en tout cas pas dans mon cadre de vie et mon entourage). Entourage dans lequel les femmes font moins de 80% des tâches ménagères, parce que leurs hommes sont intelligents et bien élevés, et parce que les femmes sont suffisament sûres d’elles pour ne pas leur laisser le choix.

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Léa 3 février 2011 - 09:57

« Sola aussi »
J’ai 43 ans.

Et vous avez divorcé après 12 ans de mariage. Je vous parle de gens qui, même à 35 ou 40 ans, n’ont jamais été mariés ou en couple longtemps, et n’ont pas d’enfants.

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Sola ausi 3 février 2011 - 13:16

« Léa »

Et vous avez divorcé après 12 ans de mariage. Je vous parle de gens qui, même à 35 ou 40 ans, n’ont jamais été mariés ou en couple longtemps, et n’ont pas d’enfants.

Vous dites aussi que les couples ont évolué. C’est avec cette vision des choses que je ne suis pas d’accord. Si j’ai donné mon âge, c’est parce que vous sembliez considérer que les témoignages de Jadx et de moi-même dataient un peu (puisque vous nous répondez entre autre que les couples « ont évolué »).

Or mon divorce n’est vieux de sept ans, ce n’est pas encore une ère géologique 🙂

Et croyez-moi, de l’extérieur, personne n’aurait pu voir la réalité de ma vie conjugale. On ne sait de leur vie que ce que les couples veulent bien laisser voir.

Si votre entourage est réellement privilégié et/ou différent, vous avez de la chance. Mais ça ne signifie pas que les choses aient évolué pour tout le monde.

Je ne nie pas la souffrance des gens qui vivent mal leur célibat et je peux la comprendre. Je veux juste préciser que tous les solitaires ne souffrent pas forcément, ce n’est ni une fatalité ni une obligation. Je constate que la solitude est souvent vendue par les médias comme un manque, quelque chose de subi, un état transitoire en attendant de trouver le bon ou le prochain, etc. Il faut justement être assez sûr de soi pour ne pas se sentir culpabilisé par ce discours ambiant.

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Léa 3 février 2011 - 13:41

« Sola ausi »

Si votre entourage est réellement privilégié et/ou différent, vous avez de la chance. Mais ça ne signifie pas que les choses aient évolué pour tout le monde.

Oui, l’expression est maladroite. Veuillez m’excuser.

Ceci dit ma référence aux âges ne visait pas la notion dévolution générationnelle, mais plutôt le fait que le regard sur le célibat n’est pas le même lorsqu’on le subit complètement et qu’on n’a jamais vraiment connu autre chose.

Je sais bien que les choses n’ont pas évolué pour tout le monde, et que contrairement à un cliché fort, les jeunes générations ne sont pas mieux loties que les anciennes en matière de condition des femmes dans leur ménage…

Disons alors que oui je dois (ou en tout cas ceux qui sont en couple) avoir la chance d’avoir un entourage un peu différent (pour ce que j’en sais, effectivement… )

Mais au départ mon post visait à réintroduire ce qui manque toujours dans les articles sur la vie des couples ou des célibataires : l’amour, ou le manque d’amour.

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Horchata 5 février 2011 - 20:29

Jamais personne n’évoque l’importance de la spère sociale et amicale. Lorsque celle-ci est réduite à néant alors le poids du célibat est proche de l’insuportable. Il n’y a pas que l’amour dans la vie! C’est mon cas, cela fait plus de 10 ans que j’habite Paris et je n’ai aucun-e ami-e. Je passe quasiment toutes mes soirées, mais aussi mes vacances, mes Noels, mes Nouvel ans…SEULE!!! Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tout essayé. C’est difficile à croire pour une jeune femme comme moi (peu importe mon âge donc je le tairai) qui dit-on est « belle », « bien dans sa tête et son corps », a une carrière et une situation financière confortable etc.C’est à mon avis là où se situe le pb. On peut me contacter à cette adresse:mehorchata@yahoo.fr (je précise que je suis hétéro pour demblée ne pas en décevoir certaines!)

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CharlotteR 11 février 2011 - 10:41

J aime bien cette façon d’ aborder la lecture d’ un article, juste par le biais des accroches : titres, photos etc. Je m en souviendrai. Elle en révèle parfaitement les limites : jouer sur des cliches pour  » attraper  » le lecteur. Tant il est connu dans  » l art » de la com que la subtilité et la complexité ne paient pas. Faire évident, reconnaissable immédiatement. Ainsi se renforcent les cliches. donc : célibataire Au féminin = cauchemar ( social, sentimental) . Mais qu est ce qui est réellement en jeu? La solitude ? ( bcp d’ exemples dans l Histoire montrent des vies solitaires réussies, dédiées aux autres, exemplaires ) la préservation de l espèce ? Ces femmes autonomes, exigeantes, ambitieuses personnellement, font peur, pas seulement aux hommes, a la société toute entière, car elles ont abandonne le statut réducteur de simple reproductrice de l espèce. L amour? Tant de variations subtiles se cachent derrière ce mot si réducteur quand on parle de couple. Non, ce qui manque encore et encore, c est la confiance en soi, a ses capacités a gérer sa vie, selon ses propres critères, loin des dictats de la com-cliches. Ah! Que l éducation des filles ( et des garçons ) prend tout son sens ici…. Apprenons leur a bien se connaitre, a s aimer, a croire en leur avenir, dopons leur confiance en eux, et donnons leur le goût de l aventure et la curiosité des autres. Cela devrait pas mal aider a contrecarrer une société repliée sur de vieux schémas uses qui ne fonctionnent plus que dans les médias.

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dom 20 mars 2011 - 20:52

Article bien mené… perso. j’aime être seule, mais aussi parfois en groupe… je n’ai jamais voulu d’enfant et n’ai pas à « supporter » les gamins mal élevés des autres… Chacun devrait simplement vivre comme bon lui semble… et surtout assumer ses choix. Je ne vois aucun intéret à « co-habiter » avec un homme qui ne me plait pas vraiement… a l’inverse de bcp qui sont en couple par peur de la solitude.

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dom 20 mars 2011 - 20:56

« Horchata »
Jamais personne n’évoque l’importance de la spère sociale et amicale. Lorsque celle-ci est réduite à néant alors le poids du célibat est proche de l’insuportable. Il n’y a pas que l’amour dans la vie! C’est mon cas, cela fait plus de 10 ans que j’habite Paris et je n’ai aucun-e ami-e. Je passe quasiment toutes mes soirées, mais aussi mes vacances, mes Noels, mes Nouvel ans…SEULE!!! Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tout essayé. C’est difficile à croire pour une jeune femme comme moi (peu importe mon âge donc je le tairai) qui dit-on est « belle », « bien dans sa tête et son corps », a une carrière et une situation financière confortable etc.C’est à mon avis là où se situe le pb. On peut me contacter à cette adresse:mehorchata@yahoo.fr (je précise que je suis hétéro pour demblée ne pas en décevoir certaines!)

L’amitié se crée quand on est jeune… ensuite ce ne sont que des copains/ines… ayant bcp déménagé je n’ai plus vraiment d’ami, l’un d’eux étant en train de mourir… mais c’est ainsi, c’est la vie ! Ce qui est triste c’est l’usage du terme « AMI » via INTERNET…

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