Accueil Médias La télévision ne reflète toujours pas la diversité de la société

La télévision ne reflète toujours pas la diversité de la société

par Camille Saint-Cricq

Mieux vaut être homme, blanc, valide, urbain appartenant à une catégorie socio-professionnelle élevée pour être vu à la télévision, selon l’édition  2019 du baromètre du CSA.

Des résultats «tout simplement inacceptables en 2020» a commenté Roch-Olivier Maistre, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en présentant le « baromètre de la diversité » à la télévision française. « Une part de la société française reste encore ignorée des médias » déplore le CSA qui explique qu’il est « plus que nécessaire de montrer le pays dans toutes ses diversités pour lutter contre l’ignorance et toutes formes de préjugés ou de discriminations ».

Comme chaque année depuis 2009, le CSA a analysé les programmes d’une vingtaine de chaînes françaises pendant deux semaines espacées de quelques mois. L’observation des 37.800 personnes apparues au cours des 1.450 heures étudiées montre un décalage entre population française réelle et population vue à la télévision, quels que soient les critères retenus. Les personnes perçues comme « non blanches » avaient connu une amélioration mais cette amélioration a été stoppée en 2019. Elles comptent pour 15 % des personnes vues à la télévision, contre 17 % en 2018, et 13 % en 2009. 

Et c’est encore pire si ces personnes sont des femmes. Comme en 2018 elles représentent globalement 39% des personnes vues à la télé alors qu’elles comptent pour 52% de la population française. Mais si elles cumulent le fait d’être femme avec d’autres critères, elles seront encore moins visibles que les hommes. Elles représentent par exemple 29 % des personnes en situation de précarité vues à la télévision (versus 39 % de la population totale vue à la télé). Idem pour les personnes en situation de handicap (29 %). Le baromètre du CSA note aussi que les femmes sont beaucoup moins visibles que les hommes dans les programmes sportifs : elles ne représentent que 15 % des sportifs vus à la télé.

De nombreux autres critères posent problème :  seulement 0,4% de personnes issues des territoires d’outre-mer (hors France ô qui n’existe plus) à la télé alors qu’elles comptent pour 3,26% de la population. Les urbains sont sur-représentés : 52% des personnes dans la lucarne contre 32% dans la vraie vie. Idem pour les catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) : 73% des personnes à l’antenne contre 28% en réalité.

Petites améliorations : les habitants de banlieue sont certes toujours peu représentés à l’antenne (7% pour 27% de la population) mais de façon «moins stéréotypée et plus diverse» qu’en 2018, indique le baromètre. Et la part des personnes perçues comme «non blanches» dans des rôles positifs est en hausse, à 21% en 2019 contre 18% en 2018.

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