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L’alerte de Shirin Ebadi

par La rédaction

Ebadi

Dans une lettre adressée aux principaux responsables de l’ONU, la lauréate du prix Nobel de la paix en 2003 liste les dernières tentatives du pouvoir iranien pour renvoyer les femmes dans la sphère domestique.


 

Dans sa lettre adressée le 17 août à Michelle Bachelet, Ban Ki-moon et les principaux responsables de l’ONU en charge des droits humains, Shirin Ebadi liste les attaques menées, par divers moyens, par le pouvoir iranien contre les droits des femmes.

A commencer par l’accès à l’éducation. Shirin Ebadi rappelle qu’il y a quelques jours, les 36 universités d’Etat iraniennes ont annoncé qu’elles n’accepteraient plus les femmes dans pas moins de 77 champs d’études – cela va de l’anglais aux sciences politiques en passant par l’ingénierie. « Certaines matières ne sont pas adaptées à la nature des femmes », expliquait le ministre de l’Education Seyed Abolfazl Hassani, cité le 6 août par le journal iranien RoozOnline.

Dès lors, selon l’avocate iranienne, « le nombre d’étudiantes, qui a constitué jusqu’à 65% des effectifs des universités, va descendre sous les 50% ». Elle évoque également la fermeture, l’an dernier, de la bibliothèque “Sedighe Dolat Abadi”, la seule consacrée aux études sur les femmes qui était « indépendante et non-gouvernementale ».

« Les refouler à l’intérieur des foyers » et des prisons

Les pressions du pouvoir ne s’arrêtent pas là. Shirin Ebadi rappelle également la volonté récemment affichée par Téhéran de mettre fin aux programme de planification familiale (lire : « Sanctions contre l’Iran… surtout contre les Iranien-nes« ), au nom d’un nouvel objectif de croissance de la population. Et, alors qu’il manque des places de garde d’enfants, l’avocate observe que, « selon une récente annonce du gouvernement, les religieux sont préférés aux autres candidats » pour les directions de lieux d’accueil de jeunes enfants

Autant de décisions qui « empêchent l’accès des femmes à l’éducation et leur présence active dans la société », pour « les refouler à l’intérieur des foyers », souligne Shirin Ebadi. Sans compter les coups portés à l’opposition, avec « l’arrestation et la condamnation – pour certaines à de lourdes peines de prison – de dizaines d’activistes pour les droits des femmes ». Elle cite les exemples de Mahboobeh Karami, Bahareh Hedayat, Nargess Mohamamdi, Nasrin Sotudeh, Haniyeh Farshid Shotorban, actuellement derrière les barreaux.

 

Photo : Shirin Ebadi en 2007 dans les locaux de la FIDH

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