Accueil CultureCinéma Le 4 % challenge : quand les Américaines montent au créneau

Le 4 % challenge : quand les Américaines montent au créneau

par Valérie Ganne

Chronique de Cannes. Dans le cadre de Women in motion, l’universitaire féministe Stacy L. Smith a évoqué à Cannes le nouveau challenge de l’association hollywoodienne Time’s up : pousser les studios à engager des femmes réalisatrices pour dépasser la proportion actuelle de 4%…

Pour la cinquième année consécutive, la fondation Women in motion est à Cannes. Financée par le groupe Kering, partenaire officiel du Festival (François Henri-Pinault et son épouse Salma Hayek), c’est une tribune pour les femmes en version « select ». Tout au long du Festival, dans une suite au dernier étage du Majestic, se succèdent des « talks » de professionnelles qui lévitent bien au-dessus du plafond de verre du cinéma, notamment à Hollywood. Parenthèse : Kering a su créer en parallèle un prix Jeunes talents, accompagné de 50 000 euros, des bourses conséquentes pour de jeunes réalisatrices du monde entier comme Leila Bouzid (franco tunisienne), Ina Panahandeh (iranienne) Gaya Jiji (syrienne) , Maysaloun Hamoud (Isarëlinne) et Carla Simon (catalane). Fermons la parenthèse.



Stacy L. Smith, Women In Motion, à Cannes, le 19 mai 2019

Samedi 18 mai dernier, Women in motion accueillait l’universitaire Stacy L. Smith. Cette doctorante et professeure à l’université d’Annenberg, est spécialiste de la place des femmes dans le cinéma hollywoodien. Présentant des études récentes (deux images ci-dessous en résument une partie), Stacy Smith a commencé par une « punchline » : « A Hollywood, quand l’argent arrive, les réalisatrices partent ». Le succès récent de « Wonder Woman », premier film à plus de 100 millions de $ de budget entre les mains d’une réalisatrice, produit par une femme, est devenu un étendard. Mais cet arbre (822 millions de $ de recettes dans le monde) cache un désert : en 2018 sur les 100 premiers films au box office américain, seulement 4% ont été réalisés par des femmes… Après la lutte contre le harcèlement sexuel, l’association Time’s up est aujourd’hui mobilisée sur le volet économique via ce « 4% challenge » : chacun des studios d’Hollywood s’engage à travailler dans les 18 mois à venir avec au moins une femme réalisatrice. Des producteurs et réalisateurs masculins soutiennent le challenge et de nombreuses stars s’engagent à jouer dans un film réalisé par une femme dans les 18 mois.

La route vers l’égalité au cinéma est encore longue. Et pas seulement en raison de ce « 4 % » Claudia Eller la directrice de Variety qui animait cette rencontre (première dirigeante du journal depuis sa création voici plus d’un siècle) racontait sa négociation de la veille pour obtenir le droit de monter les marches du tapis rouge avec des chaussures plates. Une autre invitée du talk, Kirstin Benson, responsable de Getty Images, en a profité pour souligner que sur ce même tapis rouge, parmi les 250 photographes accrédités, seules deux étaient des femmes. Et l’une des deux accréditée en 2018 a refusé de revenir cette année, tant son expérience avait été éprouvante. Bienvenue dans la jungle…

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