Accueil Société Le droit des femmes à procréer ou non effacé à Rio+20

Le droit des femmes à procréer ou non effacé à Rio+20

par Isabelle Germain

Rio 20La déclaration finale exclut toute expression déclarant que toutes les femmes du monde ont droit à l’avortement et à la contraception.


 

Le débat a été houleux, les pressions fortes mais la notion de « droits reproductifs des femmes » a été exclue de la  déclaration finale de la conférence des Nations Unies sur le développement durable Rio+20. Les droits affirmant que les femmes ont le pouvoir de décider si elles veulent des enfants, quand et combien, ne figurent pas dans ce document. Un texte dont beaucoup de femmes auraient pu se prévaloir dans le monde.

Le Vatican, en tant qu’observateur mais aussi la Russie, le Honduras, la République dominicaine, le Nicaragua, le Chili, la Syrie, l’Egypte, et le Costa Rica ont fait pression pour que cette mention soit retirée. 

Les opposants à l’avortement manifestement très bien organisés, ainsi que le montre cet article s’en réjouissent ouvertement.

Qui décide du sort des femmes pauvres ?

Les défenseurs de ces droits semblent avoir sous-estimé cette force de frappe. « Hillary Clinton a déploré vendredi que le texte final de la conférence de l’ONU Rio+20 ait exclu la mention sur le droit des femmes à décider d’avoir ou non des enfants », rapporte l’AFP. Elle annonce que « les Etats-Unis vont travailler pour faire en sorte que ces droits soient respectés dans les accords internationaux ».

De même, Mary Robinson, ex-présidente irlandaise, a critiqué l’opposition et les pressions du Vatican aux droits reproductifs. « Que savent les hommes célibataires sur la vie, la santé, et les décisions des femmes pauvres ? », demande-t-elle dans un interview au journal O Globo.

Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International est d’accord : « Il est scandaleux qu’une nouvelle fois une assemblée dominée par les hommes veuille dicter aux femmes ce qu’elles doivent faire de leur corps. »

Au final, « c’est une tragédie que des États, avec l’influence du Vatican, aient retiré ce droit aux femmes», a déclaré Jessica Evan, de Human Rights Watch citée par le journal canadien lapresse.ca.

 

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11 commentaires

hic 26 juin 2012 - 10:20

C’est cool, on préfère la « vie » d’embryons (en gros, des haricots, quoi) à celles de femmes en chair et en os. Ça en dit long sur notre époque.
Et quelle honte qu’un état NON DEMOCRATIQUE(qui en plus est un paradis fiscal, faute d’être un paradis pour les droits humains) comme le vatican, dirigé par une junte d’hommes en uniformes aie le droit de participer à de telles négociations.

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JCD 26 juin 2012 - 21:32

Pourquoi cet « Etat » est-il encore reconnu par les autres ? Il serait temps que l’Italie annexe ce petit territoire et que la papauté se mue en ONG financée par ses propres membres volontairement. Et qu’on cesse de lui reconnaître quelque autorité morale que ce soit.

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Lysloup 27 juin 2012 - 07:47

« hic »
C’est cool, on préfère la « vie » d’embryons (en gros, des haricots, quoi) à celles de femmes en chair et en os. Ça en dit long sur notre époque.
Et quelle honte qu’un état NON DEMOCRATIQUE(qui en plus est un paradis fiscal, faute d’être un paradis pour les droits humains) comme le vatican, dirigé par une junte d’hommes en uniformes aie le droit de participer à de telles négociations.

L’embryon, ou le petit haricot, comme vous dites, pourrait être un garçon …

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ENET 27 juin 2012 - 07:48

HONRZ à ces pays qui osent imposer un tel dictat aux femmes. Honte à ceux qui, par leur manque de courage ou par souci d’électoralisme, se sont laissés influencer par un « Etat » d’hommes de religion qui continuent à imposer leur dictat au monde. Ils auront sur la conscience la misère et la mort de nombreuses femmes.Il est urgent que les femmes se mobilisent massivement.

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Lili 27 juin 2012 - 07:51

Bon sur le fond, je déplore les arrières pensées qui font que ce texte a été rejeté, parce qu’on voit bien que derrière il y a le refus de permettre aux femmes de choisir leur vie.

Mais quand même, il me semble que le combat féministe c’est aussi rappeler sans cesse que les enfants sont une responsabilité partagée entre père et mère, un choix de couple, puis une responsabilité de couple. De ce point de vue il faudrait aussi valoriser la contraception masculine.

C’est pourquoi il me semblerait plus intéressant qu’un texte proposé indique que hommes et femmes ont le pouvoir de décider de vouloir ou pas des enfants, quand ou combien. Symboliquement c’est important. Ces textes ont une valeur mondiale et si dans beaucoup de pays la maternité est imposée aux femmes, dans certains autres on assiste à sa confiscation par les mères.

Du reste, comment se prévaloir de ce texte quand le père abandonne femme et enfants (ou refuse de payer une pension alimentaire) s’il établit que seules les femmes choisissent leur procréation?

Affirmer les droits reproductifs des hommes et des femmes c’est affirmer leur égale responsabilité, et les hommes ont aussi le droit à cette responsabilité. Souvent même ça servirait à la leur rappeler. Attention à ces textes qui pourraient se retourner contre les femmes.

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hic 27 juin 2012 - 09:02

@lili
Oui, mais avec l’esprit tordu de pas mal de législateurs de ce monde, ces droits reproductifs de l’homme pourraient vite (s’ils ne le sont déja) se transformer par magie en droits reproductifs de l’homme sur la femme (autorisation du père biologique pour tout avortement)…

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moley 27 juin 2012 - 12:43

s’il vous plait,ne revenez pas au moyen âge!!!

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Manso 27 juin 2012 - 12:53

Si le Vatican et quelques Etats réactionnaires ont empêché l’inscription des droits élémentaires des femmes à la contraception et à l’avortement, c’est bien entendu parce qu’ils veulent la perpétuation de la soumission des femmes, mais c’est aussi parce que ce sont des natalistes convaincus. Or il est clair qu’on ne peut croître indéfiniment dans un monde fini…
http://www.demographie-responsable.org/

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eta 28 juin 2012 - 09:27

Je prendrai serieusement le droit d’un homme a prendre une decision pour une femme le jour ou il arretera de me voler le droit de decider ce qui arrive a ce qui sort de mon corps.

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Pierrette Fumette 29 juin 2012 - 20:27

On glose beaucoup sur l’Islam, mais là c’est clairement donner le bâton pour se faire battre : si le Vatican dit encore ce qu’on peut mettre dans des textes sensés être universels, on n’a rien à dire sur les chiites qui veulent imposer la charia…

Balayons nos grolourds et autres grobills politiques avant de donner des leçons aux autres pays.

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kerubin 12 septembre 2012 - 17:29

« Lysloup »

« hic »
C’est cool, on préfère la « vie » d’embryons (en gros, des haricots, quoi) à celles de femmes en chair et en os. Ça en dit long sur notre époque.
Et quelle honte qu’un état NON DEMOCRATIQUE(qui en plus est un paradis fiscal, faute d’être un paradis pour les droits humains) comme le vatican, dirigé par une junte d’hommes en uniformes aie le droit de participer à de telles négociations.

Quelques mois avant ta naissance, l' »haricot » aurait pu être TOI…réfléchis à cela

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