Accueil Eco & SocialEnvironnement Le grand emprunt à rebours du développement durable

Le grand emprunt à rebours du développement durable

par Isabelle Germain

grand empruntPendant qu’à Copenhague se négocie un nouveau modèle de développement pour préserver la planète, en France, le président de la République annonce en fanfare le grand emprunt d’Etat. « La France envoie un très mauvais signal à Copenhague », estime le Réseau action climat (RAC) qui rappelle l’engagement du Grenelle de l’environnement : les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. « Le compte n’est pas là avec à peine 15% d’investissements censés apporter un minimum de garanties environnementales » estime le collectif.

Le Grenelle de l’environnement oublié

Dans une première lettre ouverte à Nicolas sarkozy le 4 décembre dernier, le Réseau Action Climat RAC, (les Amis de la Terre, le Comité de Liaison Energies Renouvelables, Greenpeace France et  WWF France) rappelait que, selon le Grenelle de l’environnement et la loi : « Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social » (article 1, loi Grenelle 1). Le Rac estime qu’on est très loin du compte et s’insurge contre « L’inacceptable place accordée au nucléaire et à l’aéronautique ». Perfide, il ajoute : «  nous rejoignons complètement le Ministre d’Etat, Jean-Louis Borloo, le 30 novembre dernier sur l’antenne de Canal +, qui déclarait : « le nucléaire n’est pas une énergie écolo ». En aucun cas le recours à l’énergie nucléaire ne peut constituer une réponse, même partielle, au problème du changement climatique. »

Le message n’a visiblement pas été reçu. « Nous voulons des pôles d’excellence » affirmait quelques jours plus tard, le chef de l’Etat lors d’une table ronde avec des chercheurs, des universitaires et des industriels à Geispolsheim (Bas-Rhin) le 8 décembre avant d’annoncer officiellement ce lundi les orientations du grand emprunt déjà dévoilées par Michel Rocard et Alain Juppé. Les pôles d’excellence, ce sont ces lieux où universitaires et industriels unissent leurs travaux pour développer des innovations, moteurs de croissance. Dans d’autres pays on appelle cela « cluster » et c’est en effet un bon moyen de doper l’économie en faisant travailler ensemble dans une même région les meilleurs chercheurs avec les meilleurs industriels.

Un coup de fouet aux pôles de compétitivité

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Un grand emprunt pour les campus

TRIBUNE. Grand emprunt… Et l’humain ? par Olga Trostiansky

Un grand emprunt pour quoi faire ? 

Investir en regardant dans le rétroviseur

Voilà pour la méthode : un renforcement de dispositifs existants. Les secteurs d’activités visés, eux, sont ceux qui ont fait leur preuve dans le passé pour enjoliver le Produit intérieur brut : chimie, l’aéronautique, l’automobile, nucléaire. Mais aussi quelques technologies d’avenir : les énergies renouvelables et le numérique. Globalement des investissements décidés en regardant dans le rétroviseur.

Même si les industries visées peuvent adopter des démarches de développement durable, le RAC aurait préféré que le grand emprunt s’oriente vers  « l’efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables, la mise en œuvre d’un véritable réseau ferroviaire inter-cités de proximité, d’un vaste programme de rénovation thermique des logements des plus modestes, un service public de conseil en énergie efficace, de l’accélération du développement des transports en commun et des modes de  déplacement sobres en énergie (vélo, marche), et plus globalement, une restructuration de l’activité économique. »

Difficile décidément de mettre tout le monde d’accord sur les nécessaires investissements pour l’avenir. Dans une tribune  publiée dans Les Nouvelles NEWS, Olga Trostiansky, élue PS à la mairie de Paris, regrettait que les investissements d’avenir de la France se limitent à subventionner l’industrie et appelait à des investissements sur l’humain. Pas plus entendue que le RAC…

 

Dans une première lettre ouverte à Nicolas sarkozy le 4 décembre dernier, le Réseau Action Climat RAC, (les Amis de la Terre, le Comité de Liaison Energies Renouvelables, Greenpeace France et  WWF France) rappelait que, selon le Grenelle de l’environnement et la loi : « Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social » (article 1, loi Grenelle 1). Le Rac estime qu’on est très loin du compte et s’insurge contre « L’inacceptable place accordée au nucléaire et à l’aéronautique ». Perfide, il ajoute : «  nous rejoignons complètement le Ministre  d’Etat, Jean-Louis Borloo, le 30 novembre dernier sur l’antenne de Canal +, qui déclarait : « le nucléaire n’est pas une énergie écolo ». En aucun cas le recours à l’énergie nucléaire ne peut constituer une réponse, même partielle, au problème du changement climatique. »

Le message n’a visiblement pas été reçu. « Nous voulons des pôles d’excellence » affirmait quelques jours plus tard, le chef de l’Etat lors d’une table ronde avec des chercheurs, des universitaires et des industriels à Geispolsheim (Bas-Rhin) le 8 décembre avant d’annoncer officiellement lundi prochain les orientations du grand emprunt déjà dévoilées par Michel Rocard et Alain Juppé.  Les pôles d’excellence, ce sont ces lieux où universitaires et industriels unissent leurs travaux pour développer des innovations, moteurs de croissance. Dans d’autres pays on appelle cela « cluster » et c’est en effet un bon moyen de doper l’économie en faisant travailler ensemble dans une même région les meilleurs chercheurs avec les meilleurs industriels.

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