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Le HCE appelle à une politique contre les violences gynécologiques

par La rédaction

Après les polémiques, le temps des données objectives et de la politique. Le rapport du HCE dresse un état des lieux et préconise des mesures contre les actes sexistes en gynécologie… qui ne sont « pas des faits isolés »

« La meilleure contraception, c’est de fermer les cuisses », « Un stérilet à 28 ans ? Vous devez plutôt penser à un enfant », « Mon gynéco m’a dit une fois : “votre col de l’utérus doit être parfait pour la levrette” », Ces témoignages et bien d’autres sortent des confidences entre femmes pour envahir les journaux ce vendredi matin et mettre au grand jour les humiliations vécues par les parturientes. Elles dénoncent des épisiotomies forcées, des touchers vaginaux répétés sans recueil de leur consentement, des gestes brutaux, des déclenchements « abusifs d’accouchement »… Et c’est un rapport du Haut Conseil à l’égalité  (HCE) remis à Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes qui enflamme les gazettes. « Preuve que le sujet est désormais pris au sérieux et que la parole des femmes est enfin entendue » se félicite Margaux Collet du HCE.

Il y a un an, Marlène Schiappa avait mis en colère le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof) en annonçant qu’elle demandait ce rapport au HCE. Le collège s’était emparé d’un chiffre erroné (75 % d’épisiotomies) donné par la ministre pour rejeter en bloc son projet d’en finir avec une forme de maltraitance gynécologique bien réelle. La secrétaire d’Etat demandait alors au HCE   de « mesurer et objectiver» ce phénomène. Le Cngof a alors refusé d’être entendu parmi la vingtaine d’institutions auditées pour la réalisation de ce rapport mais il semblerait que les relations se dégèlent puisque  le gynécologues Iraël Nizan, président de ce collège,  doit être présent pour la remise du rapport à la ministre ce vendredi après-midi.

L’épais volume  du HCE intitulé « Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical : des remarques aux violences, la nécessité de reconnaître, prévenir et condamner le sexisme » reprend d’abord, en les classant par forme de maltraitance, des témoignages recueillis notamment sur internet. En novembre 2014 en effet, 24 heures après le lancement sur Twitter du hashtag #PayeTonUtérus, plus de 7000 femmes « ont dénoncé des propos porteurs d’injonction sur leur poids ou leur sexualité, sur leur volonté ou non d’avoir un enfant, des examens vaginaux brutaux ou des actes pratiqués sans leur consentement, jusqu’à des violences sexuelles. »

Le HCE l’affirme :  « il ne s’agit pas de faits isolés » Et l’instance consultative « appelle une prise de conscience et une action publique ambitieuse pour les combattre. » Même si le personnel soignant n’a pas toujours l’intention d’être maltraitant, et « bien que, à l’évidence, tou.te.s les professionnel.le.s de santé ne soient pas auteurs d’actes sexistes, les chiffres attestent d’un phénomène relativement répandu dans le suivi gynécologique et obstétrical des femmes » dit le rapport.

En chiffres, cela donne : 1 accouchement sur 5 donne lieu à une épisiotomie et 1 femme sur 2 la subit sans explication. Les taux d’épisiotomie varient de 0,3 % à 45 % selon les maternité. 6% des femmes se déclarent « pas du tout » ou « plutôt pas » satisfaites du suivi de leur grossesse ou de leur accouchement. 3,4% des plaintes déposées auprès des instances disciplinaires de l’Ordre des médecins en 2016 concernent des agressions sexuelles et des viols commis par des médecins.

Le HCEfh formule alors 26 recommandations, articulées autour de 3 axes :

  • « reconnaître les faits, c’est-à-dire l’existence et l’ampleur des actes sexistes dans le suivi gynécologique et obstétrical ;
  • prévenir les actes sexistes, via la formation des professionnel.le.s de santé, l’inscription de l’interdiction des actes sexistes dans le code de déontologie médicale, et la mise en œuvre des recommandations de bonnes pratiques existantes ;
  • faciliter les procédures de signalement et condamner sans détour les pratiques sanctionnées par la loi, via l’information des femmes sur leurs droits, l’implication des ordres professionnels et la formation des personnels en contact avec les femmes. »

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