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Le Parti socialiste cherche encore la parité

par Arnaud Bihel

PSRochelle_h150Le gouvernement mené par le PS est paritaire, mais le parti lui-même est loin de l’être. De quoi faire grincer des dents à l’approche du Congrès, et à l’heure de son Université d’été où les orateurs sont aux trois quarts des hommes.


Un gouvernement paritaire, c’est bien. Un Parti socialiste lui-même paritaire, ce serait mieux. Ce message se fait pressant à deux mois du Congrès du PS, qui verra le renouvellement de sa direction. Un message transmis par l’Assemblée des Femmes à La Rochelle, où l’association féministe, proche du PS, tenait son Université d’été les 22 et 23 août. Juste avant celle du parti, du 24 au 26 août, dans la même ville.

Aujourd’hui, l’organe de direction du PS « ne compte que 34% de femmes », soulignait Caroline de Haas, membre du cabinet de la ministre des droits des Femmes, en ouverture de ce rendez-vous de l’Assemblée des Femmes. Remanié « aux couleurs de la France » après les dernières élections législatives, le secrétariat national compte en effet 27 femmes sur 80. « Au lendemain du Congrès, il doit être paritaire », insiste Caroline de Haas. En amont de ce Congrès, qui se tiendra en octobre à Toulouse, plusieurs voix se sont déjà élevées pour dénoncer la prédominance masculine au sein du parti. Un parti qui est officiellement « féministe » et censé, selon ses statuts, « tendre au respect du principe de la parité hommes/femmes à tous les degrés » de son organisation.

Il est encore loin du compte. Christine Rimbault déléguée nationale aux droits des femmes, énumère ainsi dans sa contribution au Congrès : « 56 % des membres du Bureau national, 56 % des membres titulaires du Conseil national, et même 60 % de ses membres suppléants ainsi que 90 des 100 premiers secrétaires fédéraux sont des hommes. Parmi les intervenant–e–s de nos dernières universités d’été, 74 % sont encore des hommes. La désignation d’une femme à telle responsabilité prestigieuse, fût–elle Première Secrétaire, candidate à une élection présidentielle, voire il y a plus longtemps Première Ministre, ne peut rééquilibrer ce dysfonctionnement manifeste et compenser ce déficit démocratique, pas plus que la parité au gouvernement ne peut compenser l’écrasante domination des hommes dans la composition des cabinets. »

Une autre contribution féministe constate que le PS « reste majoritairement un parti dirigé par des hommes et qui reproduit, sans doute parfois malgré lui, l’invisibilisation et l’infériorisation des femmes. » Et d’ajouter ces chiffres : Moins d’un secrétaire de section sur 4 est une femme ; En 2011, plus de 80% des passages médias socialistes étaient réalisés par des hommes ; Moins d’un quart des points d’actualité présentés en Bureau National le sont par des femmes.

 

Copé dans le déni

Le constat est le même à l’UMP. Taclé pour le manque criant de candidates de son parti aux législatives, le secrétaire général Jean-François Copé assurait alors que, tout de même, son équipe à l’UMP « est totalement paritaire ». Il vient de remettre ça : titillé sur le sujet le 20 août par le journal Corse Matin, il affirme sans vergogne : « la parité est totale dans l’équipe de direction de l’UMP que j’ai constituée. » Ce n’est exact que si, à ses yeux, la parité totale signifie un tiers de femmes. La commission d’investiture de l’UMP compte elle aussi moins d’un tiers de femmes.

Nathalie Kosciusko-Morizet, en déclarant en juillet (dans Corse Matin aussi) sa candidature à la présidence du parti, déclarait : « L’UMP a un gros problème avec la promotion des femmes. Je souscris à l’idée de Rachida [Dati]sur la parité à la commission d’investiture. »

 

 

Image : A La Rochelle, le 28 août 2011. Manuel Valls, Ségolène Royal, Martine Aubry, Harlem Désir, François Hollande, Jean-Michel Baylet, Arnaud Montebourg. Photo Philippe Grangeaud : Solfé Communications


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