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Le Top 10 du sexisme en politique, par The Guardian

par La rédaction

Le quotidien britannique The Guardian a répertorié les dix moments les plus sexistes dans la politique mondiale. On y retrouve Cécile Duflot sifflée à l’Assemblée, Julia Gillard comparée à une caille ou les innombrables dérapages de Berlusconi.


 

Le sexisme ordinaire est par définition… ordinaire, et la politique n’y échappe pas. The Guardian dresse aujourd’hui une liste des pires propos sexistes à travers le monde :

1. David Cameron et son « calme-toi chérie » (Royaume-Uni)

En avril 2011, pendant la séance parlementaire de questions au Premier ministre, David Cameron a tenté de faire taire une députée de l’opposition par un « calme-toi, chérie ». Pour de nombreux commentateurs, cela révèle une mentalité archaïque où les femmes sont toujours « des créatures hystériques incapables de pensée rationnelle ». Il s’est excusé plusieurs fois depuis, prétextant une blague mal comprise.

2. Silvio Berlusconi pour l’ensemble de son œuvre (Italie)

« Par où commencer ? » s’interroge le Guardian, tant le Cavaliere est connu pour ses propos sexistes. Il a notamment redonné de la vigueur au mouvement féministe en disant en direct à la présidente du parti Démocrate, Rosy Bindi, qu’elle était « plus belle qu’intelligente ». A propos du viol il a évoqué la nécessité de dépêcher « autant de soldats qu’il y a de jolies filles » et montre, globalement, une obsession sur l’apparence physique des femmes.

3. La tenue « inappropriée » de Lindiwe Mazibuko (Afrique du Sud)

La leader de l’opposition Sud-Africaine a été critiquée par la majorité cette semaine pour sa tenue « inappropriée ». Les vêtements incriminés ? Une robe et des collants noirs portés avec une veste rouge. Ce n’est pas la première fois que Mazibuko est vilipendée sur son apparence. « Bien que l’Honorable Mazibuko pèse un poids certain, sa stature est contestable », a déclaré un député de la majorité cette même semaine.

4. Cécile Duflot sifflée à l’Assemblée (France)

La France atteint une bonne place grâce aux sifflets dont a été victime Cécile Duflot l’année dernière, en portant une robe à l’Assemblée nationale (nous en parlions ici). Les réactions ultérieures ont certainement contribué à ce classement ; Patrick Balkany avait notamment déclaré que la ministre avait choisi cette robe « pour qu’on n’écoute pas ce qu’elle avait à dire ».

5. Austin Mitchell et la « bonne épouse » (Royaume-Uni)

L’an dernier Louise Mensch a abandonné son siège de députée de la majorité, expliquant qu’elle voulait se consacrer à sa famille. Mais quelques mois plus tard, son mari a raconté dans une interview qu’elle avait aussi peur de perdre les élections. Austin Mitchell, du parti travailliste, a alors cru spirituel de tweeter : « Ta gueule Menschkin. Une bonne épouse ne contredit pas son mari en public et une bonne petite fille ne ment pas sur ses raisons de quitter la politique ». Mitchell a été extrêmement critiqué sur ce tweet, même par son propre parti. 

6. Rosy Senanayake la « reine de beauté » (Sri Lanka)

Rosy Senanayake, députée de l’opposition au Sri-Lanka, a été Miss Monde dans sa jeunesse. Alors qu’elle est impliquée en politique depuis plus de vingt ans, difficile d’échapper à son physique. Pendant qu’elle posait une question au ministre des transports, Kumara Welgam, celui-ci s’est enflammé : « Vous êtes une femme tellement charmante, je ne peux pas vous décrire mes sentiments ici. Mais si vous me retrouvez à l’extérieur du Parlement, je vais vous les décrire… »

7. Park Geun-hye, trop autoritaire et « sans féminité » (Corée du Sud)

La présidente de la République de Corée a été, à l’inverse, largement critiquée pour son manque de féminité. Le fait qu’elle n’ait pas d’enfant a également été une cible pour son rival aux élections. Et pour une fois le Nord et le Sud sont unis : Pyongyang a critiqué le « bruissement de jupe malveillant » de Park, cette expression désignant en coréen une femme trop autoritaire.

8. La blague sexiste de Sebastián Piñera (Chili)

« Quelle est la différence entre un politicien et une dame ? Quand un politicien dit oui, il veut dire peut-être, quand il dit peut-être, il veut dire non et si il dit non, ce n’est pas un politicien. Quand une dame dit non, elle veut dire peut-être, quand elle dit peut-être, elle veut dire oui et si elle dit oui, ce n’est pas une dame. » La blague serait déjà douteuse au comptoir d’un bar, mais quand elle est dite en public par le président chilien, ça ne passe pas.

9. « Repasse ma chemise », Hillary Clinton (États-Unis)

En tant que candidate aux primaires démocrates pour 2008, Hillary Clinton a été confrontée à un torrent de sexisme. Un des plus beaux exemples est sans doute ce perturbateur qui a brandi une pancarte « Repasse ma chemise » durant l’un de ses meetings. L’animateur de radio Rush Limbaugh avait également fourni une belle performance en demandant : « Est-ce que ce pays veut regarder une femme vieillir devant ses yeux, quotidiennement ? »

10. Julia Gillard, la caille stérile (Australie)

C’est ce qui a donné au Guardian l’idée de ce classement… Il y a seulement quelques jours, le menu d’un dîner faisant scandale en proposant une « caille Julia Gillard ». La Première ministre a également été critiquée plusieurs fois sur son choix de ne pas avoir d’enfant : « une personne qui choisit de rester délibérément stérile… n’a aucune idée de ce qu’est la vie », déclarait le sénateur Bill Hefferman en 2007.

 

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2 commentaires

hic 17 juin 2013 - 17:29

Merci! Très parlant, et la liste est longue, quand même!

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MEP 18 juin 2013 - 11:20

C’est effectivement extrêmement intéressant ; tout y est pour démontrer l’omniprésence du sexisme, sa violence et ses contradictions :

Du côté du ventre : on a la maman (Louise Mensch), celle qui ne remplit pas le seul rôle qui lui est dévolu sur terre : enfanter (Gillard),

Du côté du sexe : la putain (celle qui dit non ou peut-être, les jolies filles de l’hurluBerlu)

Du côté du genre et de l’apparence : la trop féminine (Duflot, Senanayake), la trop masculine (Geun-hye), celle qui ne sait pas s’habiller (Mazibuko), la vieille (Clinton)

Du côté des violences : la députée Britannique, les viols de l’hurluBerlu

Du côté de la réification (et donc, de la négation des femmes comme des êtres pensant) : ben, de 1 à 10, en fait.

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