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L’économie du sport entre hommes

par Isabelle Germain

Une photo du GIE « France Sport Expertise » montre le très long chemin qu’il reste à parcourir.

La photo postée avec enthousiasme par le ministère des Sports a choqué. La ministre des Sports, Roxana Maracineau est la seule femme au milieu de 24 hommes s’affichant fièrement à l’occasion du premier conseil d’administration du Groupement d’Intérêt Economique (GIE)  « France Sport Expertise » qui se tenait le 28 novembre.  

Créé en septembre dernier, ce GIE réunit les principaux acteurs économiques du sport français. L’idée étant de regrouper les entreprises françaises afin qu’elles proposent des offres aux organisateurs d’événements sportifs. L’objectif étant de réduire le déficit de la balance commerciale des biens et services sportifs et d’augmenter la part de l’économie du sport dans le produit intérieur brut (PIB).

Sport et économie, des bastions masculins

Et, manifestement, mettre un peu plus de « Cocorico » dans l’économie du sport rime avec entre soi masculin. La photo montre un double problème de non-parité. Dans le sport qui reste un bastion très masculin en dépit de louables efforts lors de la dernière Coupe du monde de foot. Et dans les entreprises qui restent très largement dirigées par les hommes en dépit de louables efforts en faveur de l’égalité professionnelle à tous les niveaux.

Rappelons comment le monde du sport fait obstacle à l’égalité des sexes. D’abord, c’est un cercle vicieux : les sportives de sont pas médiatisées, donc elles ne trouvent pas de sponsors et vice-versa. Du coup, les filles et les femmes pensent que le sport de compétition n’est pas pour elles, que ce n’est pas féminin et qu’elles ne doivent faire du sport que pour galber leurs cuisses ou affiner leur silhouette pour plaire aux hommes. Et puisque le spectacle du sport montre des hommes, à la fin tout le monde trouve normal que papa aille s’éclater au sport avec ses copains pendant que maman s’occupe de la maisonnée.

Deuxième raison : le sport enseigne des notions indispensables à la réussite professionnelle. Et en particulier la notion de prise de risque. Pour atteindre une haute ambition professionnelle, il faut prendre des risques. Mais on ne peut pas prendre de risque si l’on n’est pas capable d’envisager la possibilité de l’échec. Quand on pratique un sport de compétition, parfois on gagne, parfois on perd et on se remet en ordre de bataille pour gagner. Les filles n’apprennent pas ces notions. Au contraire elles intègrent le complexe de Cendrillon : se faire belle et désirable et attendre d’être choisies. Pas très propice à la réussite professionnelle.

La photo du GIE est désespérante. Elle montre que la politique a bougé sur les questions de parité puisque la ministre des Sports est une femme mais il faut se souvenir que la parité en politique fut –et est encore une dure bataille. Mais sur l’économie du sport et sur le sport en général,  la route sera très longue.

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