Accueil International L’égalité femmes hommes régresse fortement avec la crise sanitaire

L’égalité femmes hommes régresse fortement avec la crise sanitaire

par Isabelle Germain

Les chiffres du Forum économique mondial sont alarmants. Et la France n’est pas bien classée parmi les 156 pays étudiés.

Il faudra encore compter 135,6 années pour combler les écarts entre femmes et hommes tant sur le plan économique que politique, de la santé ou encore de l’éducation. Soit 36 ans de plus que ce qui était compté auparavant. Et c’est le très chic Forum économique mondial qui le dit dans la 15ème édition de son Global Gender Gap Report. Le World economic forum (WEF) en anglais, qui réunit chaque année à Davos les grands de ce monde, n’est pas un exemple de parité (lire : A DAVOS, LES HOMMES GARDENT LE POUVOIR) Mais il essaie de se soigner et alerte :  la récession économique consécutive à la crise a « rouvert partiellement des écarts qui avaient déjà été comblés. »

Le pire est la politique : dans les 156 pays étudiés, les femmes ne représentent que 26,1 % des quelque 35 500 sièges parlementaires et seulement 22,6 % des plus de 3 400 ministres dans le monde. Dans 81 pays, il n’y a jamais eu de femme à la tête d’un État, au 15 janvier 2021.

En économie, ce n’est pas beaucoup mieux : si 58 % de l’écart entre femmes et hommes a été comblé jusqu’à présent, pas d’amélioration depuis l’édition 2020 du rapport qui estime qu’il faudra encore 267,6 ans pour arriver à l’égalité. Le point qui s’améliore est la proportion de femmes parmi les professionnels qualifiés. Mais les femmes manquent à l’appel dans les postes de direction : elles ne représentent que 27 % de tous les postes de direction. Et selon les chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT), la perte d’emplois des femmes a atteint 5% en 2020, contre 3,9% chez les hommes.

En outre, précise le rapport : « Les données de LinkedIn montrent un déclin marqué de l’embauche des femmes à des postes de direction, anéantissant 1 à 2 ans de progrès dans de multiples industries. »

Les femmes travaillant majoritairement dans les secteurs les plus affectés par la crise, leur place sur le marché du travail est menacée. En outre, la charge de travail domestique et familial s’est accrue et n’a pas été mieux partagée avec les hommes . Ces tâches « incombent de manière disproportionnée »aux femmes constate le WEF.

Et les perspectives ne sont pas bonnes : même quand le marché de l’emploi se redresse, le rythme des embauches pour les femmes est plus lent et leurs chances d’être recrutées pour des postes dirigeants s’amenuisent.

Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. L’Islande est, comme l’an dernier, le plus égalitaire avec un score de 89,2 devant la Finlande, la Norvège et la Nouvelle-Zélande (dirigée par première ministre féministe Jacinda Ardern). Les pays d’Europe du Nord font la course en tête. À l’autre extrême, l’Afghanistan  arrive en 156e position. Il se situe après le Yémen, l’Irak, le Pakistan et la Syrie.

Et la France ? Peut mieux faire. Elle perd une place dans le classement par rapport à 2020 et arrive seizième sur les 156 pays. Malgré la parité au sein du gouvernement et une Assemblée nationale exceptionnellement féminisée, la France se classe au vingtième rang en matière d’émancipation politique. Et au 58ème rang pour les questions économiques. Cause de ce mauvais classement : le travail à temps partiel des femmes et les écarts de revenus et de salaires. Le revenu des femmes ne représente que 71 % de celui des hommes en France selon le rapport.

En revanche, en matière d’éducation, -cocorico- la France est au premier rang mais le rapport note qu’elle doit améliorer la place des femmes dans les disciplines prometteuses sur le marché de l’emploi comme les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques.

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