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Legaret, Debré et les fondamentaux du sexisme

par Isabelle Germain

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En traitant Anne Hidalgo de potiche, le maire du 1er arrondissement de Paris masque un sexisme plus insidieux… de Bernard Debré qui lui fait la leçon par exemple.


Chef de file des élus UMP de Paris et maire du 1er arrondissement, Jean-François Legaret ne donne pas dans le sexisme insidieux. Il y va franchement. Dans une interview accordée au Parisien le 1er février, il passe en revue les candidat-e-s potentiels pour les élections municipales de 2014. Et s’il n’a aucun doute sur la légitimité de François Fillon ou Jean-Louis Borloo, il semble pétri de certitudes sur l’incapacité congénitale de deux femmes, candidates déclarées. Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand n’a selon lui  « ni la personnalité ni l’autorité naturelle de Delanoë. (…) La règle qu’on lui a imposée et qu’elle a acceptée c’est ‘Sois belle et tais-toi’ ! (…) Elle n’est que la voix de son maître et pendant douze ans, elle a accepté de jouer les potiches. »

A peine moins grossier avec Nathalie Kosciusko-Morizet il considère que « Le fait de ne pas être parisienne n’est pas vraiment un atout », ce qui ne semble pas le gêner pour les deux hommes cités. Et il insiste : « NKM, ça vient de sortir. Ça ressemble beaucoup à une opération de marketing. »

Mais il n’est pas sexiste, il l’affirme : il a soutenu Valérie Pécresse lors des élections régionales et « … Elle, elle n’a pas un tempérament à jouer les potiches. » Ha le tempérament des femmes !

Bernard Debré, arroseur arrosant

Le Député de Paris Bernard Debré s’est fendu d’une « lettre ouverte » de remontrances sur son blog. Bernard Debré, celui qui a écarté de son chemin la maire UMP du XVIIème arrondissement Brigitte Kuster lors des dernières élections législatives, faisant ainsi en sorte que l’UMP ne présente aucune femme susceptible d’être élue. Amère, elle écrivait « L’UMP prône le renouvellement, la féminisation et le rajeunissement pour les législatives. C’est donc le député du 16e arrondissement Bernard Debré, 68 ans, qui a été investi ! » et même ré-ré-investi. Bien placé donc pour faire la leçon.

En maniant ainsi les fondamentaux du machisme, Jean-François Legaret a réussi à attirer l’attention des médias et l’indignation de quelques responsables politiques. Reste à traquer le sexisme plus insidieux qui consiste à exclure les femmes des postes en vue comme l’UDI qui les oublie… Et à remarquer que les femmes en politique ont le choix entre se faire traiter de potiche, d’opération marketing ou d’être écartées des postes de pouvoir.

Photos : à gauche Jean-François Legaret, à droite Bernard Debré

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