Accueil CultureCinéma « Leila et ses frères » : une affaire de famille

« Leila et ses frères » : une affaire de famille

par Valérie Ganne

Une femme emprisonnée dans sa propre famille et la pauvreté tente désespérément d’en sortir : mais pour cela il faudrait être plus forte que des siècles de traditions iraniennes.

Dans la famille iranienne de Leila, il y a ses parents, ses quatre frères et la pauvreté. Tous adultes, ils cohabitent sans intimité dans une vieille maison. Leila n’a pas quarante ans, mais sans mari, elle est à la fois une vieille fille et l’esclave de sa famille : ses frères sont au chômage ou dans de petites combines, son père vieux et impotent, sa mère totalement hypocondriaque.

C’est donc Leila qui va tout tenter pour se sortir de cette situation : non pas en s’échappant mais en fédérant ses frères autour d’un projet commun, acheter quelques mètres carrés dans un centre commercial pour créer une boutique. Mais leur vieux père préfère utiliser son argent pour s’acheter une gloire éphémère et factice.

Davantage qu’une simple dénonciation de la condition des femmes en Iran, ce film d’un jeune prodige iranien est un véritable thriller familial dans lequel les enfants, la fille en tête, tentent de se débarrasser du joug d’un père omnipotent. « Parrain » à la sauce iranienne, fresque shakespearienne de près de trois heures, « Leila et ses frères » critique avec férocité les rouages de la paupérisation de la société iranienne, comme son film précédent « La loi de Téhéran » en 2021.
Le combat de Leila, incarné par Taraneh Alidoosti est aussi admirable que solitaire.

Quand un de ses frères lui demande ce dont elle rêvait dans la vie, elle répond simplement : « Une grande sœur sur qui j’aurais pu m’appuyer ».

Leila et ses frères de Saeed Roustaee avec Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Payman Maadi, Farhad Aslani (2 h 45, Iran). Prix Fipresci (presse internationale) Festival de Cannes 2022. En salle le 24 août.

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