Accueil International L’élection de l’Iran à la commission femmes de l’ONU dénoncée

L’élection de l’Iran à la commission femmes de l’ONU dénoncée

par La rédaction

Le siège de l’ONU à New York. Photo Steve Cadman sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

L’Iran va siéger pour quatre ans à la « Commission de la condition de la femme des Nations unies »… grâce à des démocraties occidentales qui ont voté pour.

« Exclusif : L’ONU élit l’Iran à la Commission sur les droits de la femme » dénonce mercredi 21 avril UN watch, une organisation non gouvernementale basée à Genève.  L’Iran est engagé pour un mandat de 4 ans à la « Commission de la condition de la femme des Nations unies »  (CSW)  défini comme le « principal organe intergouvernemental mondial exclusivement dédié à la promotion de l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes. »

Immédiatement, Hillel Neuer, directeur exécutif d’UN Watch a repris l’analogie qu’il avait employée en 2019 : « Élire la République islamique d’Iran pour protéger les droits des femmes, c’est comme faire d’un pyromane le chef des pompiers de la ville ». Il dénonce: « le régime de l’ayatollah Khamenei emprisonne de courageuses militantes des droits des femmes » qui ont commis le seul « crime de revendiquer pacifiquement leur dignité humaine. »

Lire : Fouet et prison pour Nasrin Sotoudeh mais l’Iran pourrait siéger à l’ONU pour les femmes.

Trois associations de femmes iraniennes en France, Italie et Suède ont dénoncé « l’élection du régime extrêmement misogyne de l’Iran en tant que membre de la CSW » c’est « une insulte à toutes les femmes iraniennes, principales victimes de ce régime durant les quatre dernières décennies » écrivent-elles dans une tribune transmise vendredi à l’AFP.

Sur son Blog sur Médiapart Carol Mann, Sociologue chercheure associée au LEGS (Paris 8) et directrice de ‘Women in War’ le rappelle : « Le rapport du Human Rights Watch  (HRW) pour 2021 est accablant. » En Iran, les féministes sont emprisonnées et torturées notamment « à la sinistre prison d’Evin à Téhéran où se trouvent déjà depuis des années, en dépit de nombreuses protestations internationales (dont celles de la France) Nasrin Soutoudeh, la plus éminente avocate défenseure des droits des femmes et des enfants. Sont également incarcérées Narges Mohammadi, Golrokh Ebrahimi Iraei, Atena Daemi, Shahnaz Akmali, Yasaman Aryani, Saba Kord Afshari, et Neda Naji toutes célèbres pour leurs luttes. » Et le nombre des prisonnières politiques ne cesse d’augmenter. Carol Mann dresse la liste des droits humains bafoués : « le statut violemment minoré des femmes dans tout ce qui concerne le mariage, le divorce, l’héritage, l’éducation des enfants. Ajoutons quelques-uns des autres griefs : l’obligation légale du hijab, interdiction de choix de vie personnel, mariages précoces, accès à l’emploi, viol conjugal, violence domestique qui ne cesse de croître, exacerbée par la pandémie. L’âge minimum de mariage est de 13 ans pour les filles et 15 pour les garçons ; selon les cas, l’âge peut être baissé selon décision du corps religieux. Comme au Pakistan, les relations LGBTI sont criminalisées, mais en Iran peuvent mener à une condamnation à mort. »

Même si les femmes ont accès à l’école et à l’université en Iran, «la répression systématique des droits humains ordonnée par cet État religieux autoritaire annule toute forme de progrès et de développement » note la chercheuse. Elle rappelle que « Le Forum Économique Mondial en mars 2021 a mesuré l’écart des droits entre hommes et femmes sur la planète et place l’Iran à la 150e place sur 156 et le Pakistan à 153e. » 

Le CSW, créé en 1946, compte 45 membres appartenant au Conseil économique et social des Nations Unis (ECOSOC). Mardi, 12 membres de l’ECOSOC ont été élus pour rejoindre le CSW en 2022. Sept membres ont été désignés par acclamation : le Cap-Vert, l’Égypte, la Mauritanie et la Tunisie (dans la catégorie États africains); le Costa Rica, le Panama et Trinité-et-Tobago (pour les États d’Amérique latine et des Caraïbes). Les États d’Asie-Pacifique ont fait l’objet d’un vote secret et la Chine, l’Iran, le Japon, le Liban et le Pakistan ont été élus pour un mandat de quatre ans.

Bien que le vote ait été secret, UN Watch assure que quatre des 15 démocraties de l’Union Européenne et du groupe occidental à l’ECOSOC ont voté pour l’Iran. La France pourrait figurer parmi ces quatre tout comme l’Australie, l’Autriche, le Canada, la Finlande, la Lettonie, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse, le Royaume-Uni ou les Etats-Unis. L’organisation a appelé les législateurs à exiger que leurs gouvernements révèlent comment ils ont voté. En 2017, un appel identique avait conduit la Belgique à reconnaître qu’elle avait voté pour élire l’Arabie saoudite.  L’Iran doit rejoindre la commission début 2022, de nombreuses voix appellent à revenir sur ce vote.

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