Accueil Eco & SocialEnvironnement Lepage, Voynet, Royal… et NKM réclament la transparence sur les OGM

Lepage, Voynet, Royal… et NKM réclament la transparence sur les OGM

par La rédaction

MinistresOGM_h150Quatre anciennes ministres s’appuient sur la récente étude qui, bien que controversée, a mis en évidence la nécessité d’une remise à plat des mécanismes d’évaluation, d’autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides.


 

Les rats d’Éric Séralini n’ont pas fini de faire des vagues. Trois anciennes ministres de l’Environnement s’appuient sur cette étude pour demander, dans une lettre ouverte, une totale transparence sur les OGM. Corinne Lepage, Dominique Voynet et Ségolène Royal ont rapidement été rejointes dans leur démarche par une autre ex-ministre, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le maïs transgénique NK603, associé à l’herbicide Roundup, ont provoqué des tumeurs cancéreuses chez les rats observés par Éric Séralini dans son étude, la première menée sur une longue durée.

Une étude toutefois contestée. Selon les avis rendus la semaine dernière par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) et le Haut conseil des biotechnologies, les travaux d’Éric Séralini comportaient des « biais importants dans le protocole et dans l’analyse des données ». Les agences concluaient que « sur cette base, il n’y a donc pas lieu de revenir sur les autorisations accordées au maïs NK603 et à l’herbicide Roundup. »

Pour autant, l’ANSES préconisait « renforcer les études sur les effets à long terme de la consommation des OGM et des pesticides ». Le gouvernement entend dès lors porter au niveau européen la demande d’une « remise à plat du dispositif communautaire d’évaluation, d’autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides ».

Révision indépendante

Dans une lettre ouverte, publiée par 20minutes.fr, Corinne Lepage, Dominique Voynet et Ségolène Royal se réjouissent de cette « volonté exprimée par le gouvernement, dans la ligne de la décision du conseil des ministres de l’environnement de l’UE de 2008, de remettre à plat les systèmes d’évaluation des OGM et des pesticides et d’exiger des tests de toxicité à long terme, donc sur la vie entière de l’animal. »

Mais les anciennes ministres de l’Environnement veulent plus. Le principe de précaution, insistent-elles, « doit l’emporter sur la présomption de non toxicité de ces produits ».

Elles jugent « indispensable que soient rendues publiques toutes les études existantes sur l’impact des OGM sur la santé ainsi que les données brutes (c’est-à-dire les résultats des analyses et des mesures) pour qu’un véritable débat scientifique puisse s’ouvrir au sein de la communauté scientifique dans son ensemble. »

Et elles demandent que soient revues « les études qui ont permis l’autorisation de mise sur le marché du NK603 et du Roundup ». Tout en insistant pour que cette analyse « puisse être faite par des experts choisis pour leur absence de conflits d ‘intérêt et qui n’auraient pas eu précédemment à se prononcer sur l’un ou l’autre de ces produits. » Un coup de griffe à peine masqué à l’Autorité européenne de sécurité alimentaire, l’Efsa, régulièrement épinglée pour ses conflit d’intérêt. Une agence « terriblement proche du lobby OGM »« , précise dans un entretien à 20minutes.fr Corinne Lepage, qui appuie les travaux d’Éric Séralini depuis ses débuts.

Une quatrième ex-ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’est associée à son tour à cet appel, lundi matin. « On sait que je ne partage pas leurs options politiques », écrit-elle à propos des trois signataires. Mais elle approuve l’ensemble de leurs demandes, jugeant notamment que « la controverse qui s’installe sur la validité de ces résultats prouve l’urgente nécessité de répliquer l’étude du professeur Séralini dans des conditions cette fois incontestables. »

 

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4 commentaires

maryse 30 octobre 2012 - 05:17

Difficile pour le grand public que nous sommes de comprendre qui a tort qui a raison dans cette affaire. Mais on voit très bien à qui profitent les études défendant les OGM. En revanche, ceux qui en soulignent le danger n’ont que des coups à prendre, pas de benef au coin de la rue. On peut supposer que s’ils le font c’est pour des raisons d’interet général non ?

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Lili 30 octobre 2012 - 08:56

@maryse : votre analyse un peu simpliste est trop naive. Ceux qui soulignent le danger des OGM ont aussi leurs intérêts : célébrité, financements, avancement dans la carrière, « cause » à défendre, produits alternatifs à vendre… Séralini s’est fait un nom depuis longtemps par ses analyses anti-OGM régulièrement critiquées sur le plan scientifique… D’autres scientifiques anti-OGM sont désolés de le voir capter l’attention médiatique… et des financements publics, avec des protocoles souvent douteux.

Vous ne trouvez pas bizarre que sur un sujet aussi massivement médiatisé, avec un a priori social anti – OGM, il n’y ait qu’un seul scientifique qui en fasse ses choux gras depuis des années? Que des agences remettent en cause ses protocoles après publication des résultats alors que n’importe quel labo partage ses protocoles pour les faire valider au fur et à mesure de leur mise en oeuvre?
Je ne doute pas de sa sincérité militante, mais justement j’aimerais des scientifiques non-militants. Et plus désintéressés, justement.

Je suis pour la multiplication de recherches dans d’autres labos. Parce que si un parvient à démontrer la nocivité des OGM, il n’y a pas de raison que d’autres n’y parviennent pas. Il faut de la volonté politique et des financements qui aillent vers divers centres de recherches avec des protocoles partagés.

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maryse 30 octobre 2012 - 09:46

@lili … non, pas convaincue, c’est un peu le pot de terre contre le pot de fer cette histoire

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hic 30 octobre 2012 - 19:27

« maryse »
@lili … non, pas convaincue, c’est un peu le pot de terre contre le pot de fer cette histoire

+1 maryse. Les sommes d’argent engagées dans le fait de « prouver » la non-nocivité des OGM sont effectivement bien plus importantes que celles dégagées pour prouver leur nocivité. Notamment l’argent des lobbys agroalimentaires.
ET: on peut tout à fait être scientifique ET militant. Ce qui compte, c’est la scientificité (que ce que l’on démontre corresponde aux normes de scientificité en vigueur dans le champs dans lequel on se trouve) de ce que l’on démontre. Pas les opinions du/de la scientifique.

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