Aux Echos les femmes journalistes emportent une manchette

par Isabelle Germain

les echos presentationExaspérées d’être écartées de la direction du quotidien économique, les femmes journalistes des Échos n’ont pas fait la grève des signatures pour rien. Deux d’entre elles viennent d’être promues.


 

C’est Télérama qui l’annonce : deux femmes journalistes du quotidien économique viennent d’être promues. « Laura Berny, chef du service finances devient rédactrice en chef des Echos.fr et Cécile Cornudet (qui faisait le boulot sans en avoir le titre jusque là), est enfin nommée éditorialiste politique. »

Un coup de canif à dans l’entre-soi masculin qui régnait jusqu’ici. Ces nominations n’ont pas été spontanées. Il a fallu que les femmes journalistes se rebellent, organisant une grève des signatures en juin dernier pour envoyer à peu près ce message : quitte à être invisibles, autant le montrer ! (Voir : Les Echos : les soutières de l’info se rebiffent )

Et le ras-le-bol fut relayé par pas mal de confrères pas forcément mieux lotis. Dans ses petits souliers, le PDG du groupe, Francis Morel, a lancé un audit sur la situation des femmes… qui pourtant sautait aux yeux : aucune, zéro, nada, woualou à la direction. Ce grattage de tête qui aurait pu être une grossière façon de botter en touche vient finalement de porter ses fruits.

Revoir le management

Et ce n’est pas tout ! Dans un mail adressé aux femmes de la rédaction il y a quelques jours, le PDG annonce que le cabinet d’audit s’est penché sur d’autres questions : les écarts de salaire, la transparence des processus de nomination concernant les postes à pourvoir en interne, mais aussi les missions de chroniqueurs dans le cadre de partenariats avec d’autres médias, la création d’un statut de « grand reporter » pour permettre des augmentations de salaire non liées à des progressions dans la hiérarchie, des entretiens systématiques autour des congés de maternité et des remplacements – pas systématiques – des parturientes…

Bref, ces nominations ne seraient qu’une première étape d’une révolution copernicienne dans le management de la presse.

 

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Lili 18 septembre 2013 - 11:28

J’avoue que j’étais sceptique sur cette action de « disparition volontaire » qui sonne si « stéréotype féminin ».
Alors je ne boude pas mon plaisir de m’être trompée. Bravo à elles !!! Battons nous partout où c’est nécessaire !!!

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