Accueil MédiasBruits et chuchotements Les éditeurs attisent le marché de la rivalité féminine

Les éditeurs attisent le marché de la rivalité féminine

par Isabelle Germain

guerredesdamesLa jalousie féminine fait vendre des livres et des journaux… Les éditeurs se repaissent d’un thème qui empoisonne l’image des femmes.

 

Le Nouvel Observateur diffuse déjà sur les réseaux sociaux la couverture de son numéro de jeudi 30 août : « La guerre des dames ». Le montage de la photo de Une met, face à face, la compagne du président de la République, Valérie Trierweiler, et l’ex, Ségolène Royal. La première regarde la seconde qui a les yeux baissés. L’affaire du tweet est de retour. (1)

Les médias ont abondamment glosé sur cette affaire (Voir : Le poison de la misogynie), sortant des placards des psys de tous poils pour expliquer à qui voulait l’entendre – et même à qui ne voulait pas – les ravages de la jalousie féminine. Prière de comprendre en creux que les ravagées ne peuvent pas gouverner.

Le bénéfice de l’industrie des médias

favoriteentre_deux_feuxAffaire close ? C’était compter sans la pipolisation de la rentrée littéraire. Nombre de grands éditeurs ont tenu à publier leur livre sur cette grande affaire du quinquennat. Chez Fayard, c’est Laurent Greilsamer, ancien directeur adjoint du Monde, qui se fend par exemple d’un très moqueur « La Favorite ». Chez Grasset, « Entre deux feux » est signé par les journalistes Anna Cabana et Anne Rosencher.

lexMais si Le Nouvel Observateur consacre une aussi large couverture à l’événement, c’est aussi parce qu’un de ses rédacteurs en chef, Sylvain Courage, signe un ouvrage aux Editions du Moment : « L’Ex, un destin royal ». 

Et voilà comment l’industrie des médias fait de la jalousie l’alpha et l’oméga du versant féminin de la politique.

Derrière la bulle médiatique, les femmes politiques vont encore avoir du mal à représenter autre chose que des sujets pour vaudeville. 

 


(1) Rappelons, pour ceux et celles qui auraient coupé le robinet des médias en juin et juillet, que Valérie Trierweiler avait adressé publiquement un message de soutien à Olivier Falorni, qui se présentait pour le siège de député à La Rochelle face à la candidate investie par le PS et officiellement soutenue par François Hollande, Ségolène Royal. Olivier Falorni se maintenait au second tour envers et contre les règles internes au PS prévoyant que le candidat faisant le plus mauvais score devait se retirer. Emballement des médias, l’affaire a jeté un écran de fumée sur bien d’autres aspects de ces élections qui auraient pu faire polémique. L’absence de femmes aux plus hautes fonctions de la République par exemple…

 

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4 commentaires

4 commentaires

Lili 29 août 2012 - 12:20

On a en effet les médias qu’on mérite. Vous le dites vous-mêmes, cela fait vendre. Si ces bouquins faisaient un bide en librairie et si ces numéros de journal se vendaient moins bien que les autres, cela cesserait.

Et puis VT et SR ne doivent pas être fâchées de faire la une plutôt que d’autres. De nos jours l’important c’est de faire le buzz, peu importe pourquoi.

Peut-être aussi qu’un jour les associations féministes (et les femmes concernées) porteront plainte pour atteinte à leur image, mais bon les pages « duels » entre Copé et Fillon ne sont guère plus flatteuses que celles sur ces dames. « Le combat des chefs », « la guerre des égos » ça ne donne pas non plus envie de leur confier le pouvoir à ces hommes.

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isabelle germain 29 août 2012 - 12:44

« Lili »
On a en effet les médias qu’on mérite. Vous le dites vous-mêmes, cela fait vendre. Si ces bouquins faisaient un bide en librairie et si ces numéros de journal se vendaient moins bien que les autres, cela cesserait.

Et puis VT et SR ne doivent pas être fâchées de faire la une plutôt que d’autres. De nos jours l’important c’est de faire le buzz, peu importe pourquoi.

Peut-être aussi qu’un jour les associations féministes (et les femmes concernées) porteront plainte pour atteinte à leur image, mais bon les pages « duels » entre Copé et Fillon ne sont guère plus flatteuses que celles sur ces dames. « Le combat des chefs », « la guerre des égos » ça ne donne pas non plus envie de leur confier le pouvoir à ces hommes.

certes, mais il fut une époque où les news ne s’aventuraient pas sur les sujets people même s’ils faisaient vendre. Là c’est confusion des genres. Et c’est l’image des femmes qui en fait les frais.
Côté rivalité, celle des hommes, en effet ne donne pas envie de les imiter. Mais elle porte sur la conquête du pouvoir, la rivalité des femmes porte sur la conquête d’un homme avec des atouts autres que l’argumentation, le courage, la force, le débat intellectuel…

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Ann 30 août 2012 - 18:27

C’est plus facile de ternir l’image des femmes que celle des hommes.
Quand ils se battent , même à coups de termes fielleux, c’est censé être viril , donc positif,
Quand des femmes sont présentées en rivalité, on regarde immédiatement dans les tréfonds de leurs personnalités que l’on prétend enfin révélées et c’est censé être sombre , tortueux et bassement motivé.
Si les magazines en font leur rentrée, c’est aussi que cela arrange.. en remettant les femmes à la place qu’on aimerait bien qu’elles ne quittent pas : celles de compagnes ( complément , disent les nouveaux machos).
Toute mon admiration à Mme Royal qui est une femme politique qui a été bien éprouvée.

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Maryse 31 août 2012 - 05:49

Avant le nouvel obs était mon mag de référence. Je ne lis pas de magazines people donc je vais devoir trouver un autre magazine de référence

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