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Les femmes, ces dépensières ?

par Arnaud Bihel

Un sac « anti-dépense » pensé pour les deux sexes devient dans la presse française « un sac pour empêcher les femmes de dépenser ».


 

 

« Un sac qui empêche les femmes de trop dépenser ! », s’exclame le site féminin Grazia, de même que l’aspirateur à clic Gentside. Le premier à l’avoir évoqué en France, le blog Big Browser du Monde, exagérait lui aussi ce biais sexiste.

Femme = folle dépensière, le parallèle est établi sans recul. Mais ce n’est pas l’objet en lui-même – un sac équipé d’outils technologiques pour « combattre les achats compulsifs » – qui est sexiste : c’est bel et bien la presse qui gonfle ce préjugé.

Certes, le communiqué de presse du créateur de ce sac, une compagnie australienne de cartes de crédit, souligne que, selon une enquête, « les femmes sont plus enclines à dégainer leur carte de crédit ». Mais dans le reste de sa communication elle se garde bien de préciser que cet outil est destiné aux femmes. De fait, il en existe une version pour femmes et une version pour hommes.

Plus que le sexisme, c’est l’ironie de ce gadget qu’il faut souligner. Pour ce sac qui peut être programmé pour clignoter en « zone de danger », se fermer automatiquement aux « heures de dépenses les plus dangereuses » de la journée ou envoyer un message à un « autre responsable » en cas de sortie impromptue du portefeuille, il faut débourser pas moins de 150 euros…

 

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3 commentaires

taranis 5 février 2014 - 13:47

C’est comme si j’appartenais à la dernière génération qui a pu entrevoir le formidable bonheur consumériste au moment même où les cornes de l’abondance ont commencé à se tarir, ou plutôt, au moment où les plus gros convives ont commencé à refermer les portes de la salle du banquet au nez des nouveaux arrivants. Sans compter que tout cela se fait aux dépens d’un temps de vie affreusement étriqué et dans un contexte économique tendu où chaque transaction commerciale ressemble de plus en plus à un braquage à main armée. Au final, on rentre dans sa tanière, épuisée et vaguement nauséeuse, lestée d’une nouvelle cargaison de choses inutiles et clinquantes qu’il faudra entasser dans une nouvelle armoire fabriquée par des esclaves au bout du monde…..Il y avait aussi cette femme non équipée, elle, du « Happy bag » mais d’un vieux cabas de pochtronne La caissière l’a délestée de ses produits surnuméraires Sur le parking je l’ai revue avec son cabas ou il restait le pinard et le gras. De son portable elle appelait un abonné absent. Et elle est repartie à pied, au milieu de la zone commerciale, juste comme ça. Comme si cela était sa vie normale et habituelle. Parce que cela est sa vie normale et habituelle. Les femmes sont parmi les personnes les plus touchées par les problèmes de la pauvreté Le manque de revenus, de denrées alimentaires, de soins de santé, d instruction et de possibilités qui caractérise la pauvreté affecte davantage les femmes que les hommes. 31,7% des parents de familles monoparentales, essentiellement des femmes, disposent d un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Plus de 70 % des pauvres sont des femmes de plus de 75 ans.

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09 Aziza 6 février 2014 - 16:51

Vous avez raison, taranis, mais dans cette société de consommation débridée, les femmes pauvres, ce n’est pas sexy, ça ne fait pas vendre. je me suis souvent demandé ce que ça donnerait, une « grève de l’apparence »: un beau matin, toutes les femmes vont au boulot pas maquillées, les cheveux tirés, sans parfum, et en col Mao ou en robe marron…..

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LS 8 février 2014 - 17:18

En admettant qu’il soit vrai que les femmes sortent plus souvent la carte bancaire que les hommes, c’est peut-être parce qu’une grande majorité de ceux-ci se laissent nourrir et habiller par celles-ci, non? …Ainsi que leur progéniture!
Et à la caisse, on ne les laissera pas sortir sans payer…

De plus les médias à deux sous d’intelligence préfèrent les poncifs, ça évite d’enquêter et de faire un vrai travail de journaliste.

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