Les grandes villes vont ouvrir un « registre climat »

par Arnaud Bihel

En prélude au sommet de Cancún sur le climat, un an après le fiasco de Copenhague, plus de cent maires de grandes villes du monde se sont engagés à inscrire leurs actions de réduction de CO2 dans un « registre climat des villes carbone ». Une façon de mieux se faire entendre face aux Etats, mais aussi de mieux profiter des futurs financements.


En 2010, la population urbaine sur la planète a, pour la première fois, dépassé la population rurale. L’Agence internationale de l’énergie estime que les villes étaient responsables en 2006 du rejet de 70% des émissions de CO2. Le développement urbain risque de faire augmenter cette part de 6 points dans les 20 prochaines années.

Dans ce contexte, les collectivités, et en particulier les grandes agglomérations, prennent conscience du rôle qu’elles ont à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF) rappelle qu’à ce jour « plus de la moitié des grandes villes et agglomérations  sont impliquées dans un plan climat et un tiers d’entre-elles ont signé la convention des Maires qui les contraint à réduire d’au moins 20 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par le biais de politiques locales de transport, d’urbanisme, de gestion de déchets et d’énergie… »


A l’échelle mondiale aussi, les collectivités s’impliquent dans la lutte contre le réchauffement climatique. Huit jours avant l’arrivée des représentants des Etats au sommet de Cancún (COP16, du 29 novembre au 10 décembre), un an après l’échec de Copenhague, plus d’une centaine de maires de grandes villes de 43 pays se sont réunis à Mexico. Au cours de ce Sommet Mondial des Maires sur le Climat, le 21 novembre, ils ont signé le « Pacte de Mexico« .

Dans ce document, les villes s’engagent à « promouvoir des mesures, des politiques publiques, des règles, des plans et des campagnes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ». Des actions à mener « dans des domaines comme les transports durables, la bonne gestion des déchets, l’efficacité énergétique, outre la mise en pratique d’alternatives à carbone réduit, afin de contribuer à rendre nos modes de vie et notre économie locale plus écologiques. »


Un registre pour accéder aux financements


Outre ces déclarations de bonnes intentions, les signataires du Pacte de Mexico s’engagent également à échanger leurs savoirs et compétences. Et – c’est là le point le plus concret du Pacte – à rendre leurs engagements et leurs progrès visibles, en inscrivant leurs actions dans un « Registre climat des villes carbone » (1). « Nous fournirons une information ininterrompue en ligne pour que nos efforts soient transparents et susceptibles d’être mesurés, communiqués et vérifiés », stipule le document. Les villes seront aussi classées selon un indice climatique, fondé sur leurs engagements, leurs résultats et leurs actions.

Les signataires du pacte veulent voir dans ce texte un signal fort en prélude au sommet de Cancún. Ils entendent se poser en « chefs de file en matière de transparence et de prise de responsabilité ». Et se faire entendre lors de la COP16, alors qu’ils n’avaient pas eu voix au chapitre dans les négociations de Copenhague. « Nous voulons que les chefs d’Etat et les gouvernements nationaux sachent à Cancún que nous sommes des alliés exigeants, décidés et constructifs, mais également inévitables », clame le maire de Paris Bertrand Delanoë. Mais cet engagement des collectivités ne va pas sans un autre message, financier celui-là.


Car le Pacte de Mexico comporte cet autre engagement : « Nous rechercherons le soutien des gouvernements nationaux et de différents organismes multilatéraux de financement. ». De fait, les collectivités – en particulier les grandes villes du Sud – entendent recevoir leur part du gâteau dont la cuisine, entamée à Copenhague se poursuivra à Cancún . On parle là du gâteau des contributions promises par les Etats et institutions internationales pour aider les pays à s’adapter et lutter face aux changements climatiques – de 10 milliards en 2011, ces fonds sont censés atteindre 100 milliards en 2020. Pour le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, « si des ressources financières sont disponibles via des transferts des pays développés vers les pays en développement, une part significative de ces versements doit aller aux villes et aux gouvernements locaux ».

Les mécanismes de contribution et de versement de ces fonds restent à finaliser, et ce ne sera pas le moindre des sujets discutés à Cancún. Une chose est toutefois sûre : ils seront subordonnés à des données chiffrées, à la possibilité de vérifier les engagements, les actions et les résultats, selon la méthode MRV (pour « mesurer, reporter, vérifier ») prônée par l’ONU. Autant qu’un outil pour agir, le « Registre climat » des villes est une condition sine qua non pour prétendre à ces financements.


Voir le dossier Copenhague, et après ?


(1) Parmi les 150 villes et collectivités signataires, 11 françaises : Bordeaux, Brest, la Communauté de la Plaine, Dunkerque, Grenoble, l’Ile-de-France, Lyon, Mellac, Nantes, Orléans et Paris.

Les signataires ont 8 mois pour renseigner leurs données sur le Registre climat.


Partager cet article

2 commentaires

dufrenois 30 novembre 2010 - 19:27

mess777 le 22/01/2010 à 04:16

arrêté d être outré pour des propos vérifiable ,
petit 1 : HAARP est un programme américain à la fois scientifique et militaire de recherche sur l’ionosphère. . Plus particulièrement, elle permet d’étudier comment les perturbations de cette couche de la haute atmosphère par les orages magnétiques affectent les communications radio mondiales, les systèmes de navigation par satellite ainsi que les réseaux de transport d’électricité sur de longues distances.En 1999, un rapport de la sous-commission sécurité et désarmement du Parlement Européen mentionne que « le système militaire américain de manipulation ionosphérique, HAARP, lequel est basé en Alaska et ne représente qu’une partie du développement et de l’usage d’armes électromagnétiques à des fins de sécurité tant extérieure qu’intérieure, constitue un exemple d’une nouvelle menace militaire particulièrement grave pour l’environnement et la santé humaine au niveau planétaire
petit 2: il est vrai que les américains on débarqué ,
hisser leur drapeau,déploiement de milliers de soldats, de navires de guerre dont un porte-avions nucléaire, et d’équipes médicalisées rompues aux situations de crise.je vois le Venezuela encercler de toute part , comme l Iran.
que l impérialisme dont les états uni sont fiers d arborer est une stratégie ou une doctrine politique de conquête, visant la formation d’un empire, ou de domination..Les antisionistes anticolonialistes ou l’anti-impérialisme suppose une opposition aux guerres de conquête.
petit 3:pas aider La Nouvelle-Orléans lors de L’ouragan Katrina, ils laissent gaza sous blocus sous prétexte qu’il y a une résistance,non croyez moi faudrait regardez le dessous des cartes, étudier un peu la géopolitique ,pour ce rendre compte qu ils jouent au échec.

Répondre
dufrenois 30 novembre 2010 - 19:28

c’était une intervention recueillie sur un site explicatif du projet HAARP.

Répondre

Répondre à dufrenois Annuler la réponse