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Les hommes qui parlaient des femmes

par La rédaction

Dans la campagne présidentielle aux Etats-Unis, ce sont des hommes qui commentent. Même sur les sujets relatifs aux droits des femmes.


 

Le groupe de recherche sur les médias « 4th Estate » a choisi de calculer le « gender gap » dans la couverture médiatique de l’élection présidentielle US. Résultat au bout de 6 mois de suivi : seules 13% des personnes citées par la presse écrite dans le cadre de la campagne électorale sont des femmes (79% sont des hommes et 13% des organisations). C’est à peine mieux à la télévision : 16%¨de femmes, 81% d’hommes.

Il a beau être frustrant, ce constat n’est pas vraiment nouveau, remarque sur le blog « Sociological images », la sociologue Lisa Wade… si ce n’est qu’il y a pire : les observations de « 4th Estate » indiquent que sur les premières pages des journaux, la parole masculine est largement dominante même sur des sujets concernant les femmes. Sur ces sujets – au cœur des débats cette année dans la course à la Maison Blanche – comme l’avortement ou la contraception, ils ont « 4 à 7 fois plus de chances d’être cités que des femmes ».

Sur les questions de droits des femmes, 52% de ceux qui ont la parole sont des hommes ; 67% sur le planning familial ; 75% pour parler de contraception ; et 81% sur l’avortement. Ce déséquilibre « sape la crédibilité des médias », conclut « 4th Estate ».

En France aussi, où les femmes ne représentent que 18% des expertes dans les médias, on aboutirait sans doute à un constat similaire. Et on ne peut que penser à l’émission « C dans l’air » sur France 5, parangon de la parole masculine. Ainsi le 8 juin, ils étaient 4 hommes autour d’Yves Calvi à débattre des résultats des législatives. Le 12 juin, 5 hommes encore sur le plateau pour évoquer les « Batailles de femmes dans la campagne »

 

 

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3 commentaires

genevieve poussant 19 juin 2012 - 06:41

Je me pose la question de savoir si l’émission c dans l’air et vraiment sur une chaine de service public …
calvi a un gros problème tout comme le petit zemmour par ailleurs ,mais pourquoi les laissent-on sévir ?
A qui profite le crime ?
Au machistes divers et variés ,mais pas seulement ..
Le monde est en guerre ,et pour que ça continue il ne faut surtout pas de femmes aux commandes !
Donc on les rend invisibles ,on les discrédite et souvent leur image et ridiculisée (poitrines offertes et talons hauts )de pauvres victimes de la mode des jalouses ect..RESISTANCE !

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Clem 20 juin 2012 - 00:03

Il me semble que gender gap est régulièrement traduit par disparité/écart entre les sexes, pourquoi garder le terme anglais ?

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StreetKnight 11 août 2013 - 13:13

Sur les parlementaires en France qui s’opposent à l’avortement près de 80% sont des hommes, alors que 100% d’entre eux ne tomberont jamais enceintes. Le patriarcat est gardé par la parole des hommes qui prétendent savoir mieux que les femmes ce qui est bon pour elles, il n’y a qu’à voir les discours tenus par les opposants au droit de vote des femmes, c’est exactement ce qu’on retrouve dans le discours anti-avortement, mais aussi dans le discours de magazines féminins qui est directement placé dans le regard masculin : on demande aux hommes « Ce que veulent les femmes ». On le retrouve aussi dans le mansplaining ou cette fâcheuse tendance qu’ont les mâles en société à éduquer les femmes féministes au féminisme, en leur démontrant qu’elles ont tort de voir les choses comme ça et en leur expliquant de leur point de vue d’hommes ce qu’est le féminisme.

Au passage je trouve ça important de garder des termes anglais comme « gender gap » « mansplaining » ou encore « slut-shaming » car ce sont des notions difficilement traduisibles en français et qui perdent de leur sens si on les transcrit littéralement: disparité entre les sexes n’est pas l’équivalent de gender gap, le sexe n’étant pas le gender et le mot « disparité » n’est pas l’équivalent de « gap ».

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