Accueil Culture Les Immortel·le·s enfin prêt·es à féminiser les noms ?

Les Immortel·le·s enfin prêt·es à féminiser les noms ?

par La rédaction

Une commission de l’Académie française va présenter un rapport sur la féminisation des métiers, grades et fonctions après trente ans de résistance farouche.

C’est en des termes très prudents que l’Académicienne Dominique Bona annonce une révolution au sein de la vénérable institution du Quai de Conti : un rapport sur la féminisation des métiers, titres grades et fonctions qui sera soumis au vote des Immortel·le·s dans les prochains jours. Interviewée par le Figaro, Dominique Bona prend des pincettes : « il ne s’agit pas d’un rapport radical mais très ouvert, plein de tolérance pour un vocabulaire qui est en pleine mutation. »

Mais à l’échelle de l’Académie française, c’est une révolution copernicienne tant l’institution a lutté farouchement contre la féminisation de certains mots. En son sein même, les académiciennes doivent s’appeler, entre elles, « cher confrère ». Et fin 2017 les Immortels lançaient ce « cri d’alarme » face à l’idée d’écriture inclusive : « Devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »

Etait-ce le dernier soubresaut de plus de trente ans de « contre-attaques »  à la domination du masculin dans la langue ?

En 1984, la ministre des Droits des femmes Yvette Roudy, confiait à l’écrivaine et essayiste Benoîte Groult la présidence d’une « commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes ». Les deux femmes rappelaient que le langage trace les frontières entre ce qui est légitime et ce qui ne l’est pas et que refuser de féminiser les noms des métiers et fonctions les plus prestigieux contribuait à en fermer l’accès aux femmes.Accueil glacial de l’Académie française qui ne voyait dans la féminisation de certaines fonctions qu’une complexité inutile. Quelques années plus tard, après la publication d’une circulaire signée Lionel Jospin, les Académiciens campaient toujours sur leurs positions avec véhémence.

Et depuis, à chaque fois qu’une polémique enflait sur le sujet, l’Académie rappelait qu’elle s’opposait à « l’entreprise de féminisation systématique » que préconisaient les circulaires même si, il a pu lui arriver de dire qu’elle ne s’opposait pas au « désir légitime des individus de mettre en accord, pour les communications qui leur sont personnellement destinées, leur appellation avec leur identité propre’». C’était en 2014, lorsque le député Julien Aubert avait refusé de dire « Madame la Présidente » à celle qui présidait l’Assemblée nationale, Sandrine Mazetier.

Cette fois-ci, il semblerait que les sages abdiquent devant une évolution qui ne les a pas attendus. Les mots « préfète, procureure ou ambassadrice… » déjà utilisés pourront donc entrer dans les dictionnaires sémantiques… Attendons le rapport et le vote.

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