Accueil Eco & Social Les questions qui tuent l’entrepreneuriat féminin

Les questions qui tuent l’entrepreneuriat féminin

par La rédaction

Dollar bill origami. Jessica Jones. Flickr

Les femmes lèvent moins de capitaux que les hommes parce que les questions qui leur sont posées tournent autour des risques. Avec les hommes, les investisseurs parlent réussite.

En France, parmi les 600 start-up ayant levé des fonds en 2016, 70 sont dirigées par des femmes, soit 13 %. Aux Etats-Unis, on compte autant de « John » que de femmes à la tête des 1500 plus grandes entreprises, c’est dire si elles sont peu nombreuses. Pourtant, elles représentent 38 % du total des dirigeants d’entreprises… plutôt petites ces entreprises.

En cause, parmi d’autres difficultés, les barrières aux levées de fonds dressées par des investisseurs frileux. Des chercheurs de l’université Columbia de New York et de l’université de Pennsylvanie ont analysé des vidéos enregistrées lors d’échanges entre des investisseurs et des créateurs et créatrices de start-up pendant les éditions des « Tech Crunch Disrupt », salon new-yorkais d’entrepreneurs ayant eu lieu entre 2010 et 2016. Au cours de ces salons, les femmes ont levé 5 fois moins de fonds que les hommes. 189 conversations ont été analysées.

 Verdict : deux tiers des questions posées aux hommes s’intéressent au potentiel de développement de leur entreprise. Deux tiers des questions posées aux femmes se focalisent sur les risques et la protection des investisseurs. Présomption de réussite d’un côté, présomption d’échec de l’autre. On demande aux hommes de gagner, aux femmes de ne pas perdre.  Résume Dana Kanze, l’une des chercheuses de la Columbia university. Et à trop parler de risque on fait moins rêver l’investisseur.

D’ailleurs, quand les chercheurs font écouter à des investisseurs des femmes évoquant le potentiel de leur entreprise, ils sont prêts à investir : près de 100.000 dollars en moyenne, contre un peu plus de 50.000 dollars quand elles parlent risque.

Recommandation des auteur.e.s de l’étude : pratiquer la langue de bois. Quelle que soit la question posée, focaliser son propos sur les perspectives de réussite et le potentiel de l’entreprise. On ne le répètera jamais assez aux femmes :  Ne vous excusez plus !

Lire aussi dans Les Nouvelles NEWS

France 2 ne connaît pas d’entrepreneures

Les femmes de la Tech lèvent toujours plus de fonds, mais ne rattrapent pas leur retard

Financer une entreprise : les femmes peinent encore

Partager cet article

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

0 commenter

Laisser un commentaire