Accueil CultureCinéma Les réalisatrices en lumière à la Mostra de Venise

Les réalisatrices en lumière à la Mostra de Venise

par Valérie Ganne

Après « L’événement » d’Audrey Diwan l’année dernière, de nouveaux films signés par des réalisatrices remportent les principaux prix de la Mostra de Venise.

La cinéaste Laura Poitras a reçu le Lion d’or du meilleur film au festival de Venise ce week end pour « All the Beauty and the Bloodshed ». Vous ne la connaissiez peut-être pas ? C’est une documentariste américaine – son film était d’ailleurs le seul documentaire de la compétition – soudain devenue célèbre en 2015 avec l’Oscar du meilleur documentaire pour « Citizenfour » sur le lanceur d’alerte Edward Snowden. Son nouveau film, « All the Beauty and the Bloodshed », qu’on pourrait traduire par « Beauté et Effusion de sang », est un portrait de la célèbre photographe Nan Goldin et de son dernier combat contre les fabricants de médicaments anti douleur à base d’opium qui ont fait des ravages aux Etats-Unis ces vingt dernières années.

Deux prix, le Lion d’argent et le Lion du futur (meilleure première œuvre) ont été décernés à « Saint-Omer » de la réalisatrice française Alice Diop. Vous ne la connaissiez pas ? Vous pourrez découvrir bientôt son film au cinéma. Elle aussi, est documentariste :  son film le plus récent, « Nous », emmenait les spectateurs à la rencontre d’habitants de banlieue parisienne suivant le tracé de la ligne du RER B. « Saint-Omer », sa première fiction, est inspirée d’un fait divers réel : le drame de Fabienne Kabou, une mère qui a abandonné son enfant de quinze mois sur une plage de Berck-sur-Mer en 2013. Coecrit avec l’écrivaine Marie Ndiaye, ce film aborde frontalement le sujet de l’infanticide et raconte le procès de cette jeune mère. A sa projection au festival de Venise et avant même ses prix, les critiques étaient déjà plus qu’enthousiastes. A la cérémonie de cloture, Alice Diop a cité la poétesse américaine Audre Lorde : « Quand je tournais  Saint Omer, son livre Sister outsider me donnait de la force. En parlant des femmes noires, elle écrit : « Notre silence ne nous protègera pas ». J’ai envie de dire ce soir que nous ne nous tairons plus. »

Alice Diop et ses deux trophées à la soirée de cloture de la Mostra, samedi 10 septembre  (© Les Films du Losange)

Le Jury de la Mostra n’a pas pour autant oublié les réalisateurs, notamment l’iranien Jafar Panahi, en prison depuis juillet dans son pays. Le cinéaste a reçu le prix spécial du jury pour « No bears » (« Les ours n’existent pas ») nouvelle histoire sur les difficultés d’un créateur enfermé dans son propre pays. Un sujet qu’il évoquait en 2011 avec « Ceci n’est pas un film »  puis en 2015 dans « Taxi Téhéran », continuant à créer avec ténacité et talent. Une longue ovation a salué son courage , espérons que de sa prison il l’a entendue.

Pour lire tout le Palmarès c’est :  ici 

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