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L’Europe veut aider les aidant.es

par La rédaction

Katalin Cseh

80 % des soins aux personnes dépendantes sont assurés par des aidant.es non rémunéré.es en Europe. 75 % sont des femmes qui perdent ainsi des revenus. Un rapport veut engager les Etats à soutenir ces aidant.es

Un rapport européen sur les défis à relever dans les zones urbaines dans l’ère post-Covid veut s’attaquer aux inégalités femmes – hommes. Parmi ces inégalités, l’aide aux personnes dépendantes beaucoup assignée aux femmes.

Il s’agit d’une « aide informelle » correspondant à toute forme de soutien concernant les activités du quotidien sortant du cadre médical : aide régulière à une personne âgée, un proche en situation de handicap ou un enfant pour s’alimenter, s’habiller et se déplacer par exemple. Cette aide informelle est assurée sans compensation financière et sans qualification professionnelle reconnue.

« C’est comme être soignant, sauf que ce n’est pas payé  », résume Katalin Cseh dans un entretien avec Euractiv France. L’eurodéputée hongroise a défendu ce rapport adopté par 524 voix pour et 33 voix contre le 15 février. Elle indique que « 80% de tous les soins dans l’Union européenne sont fournis par des aidants informels (non rémunérés), dont 75% sont des femmes » et veut aboutir à un accord européen des soins, dont le programme de travail sera présenté au Parlement avant la fin 2022.

Les injonctions genrées ont la vie dure partout dans le monde : le soin demeure une « activité de femme ». Dans le cadre public comme dans le cadre privé, les femmes sont les « principales dispensatrices de soins ». 91% des aides-soignantes sont des femmes et dans le cadre privé, 42% des femmes disent qu’elles ne peuvent avoir un travail rémunéré en raison de la charge trop importante du travail de soin dont elles doivent assumer la responsabilité au sein du foyer. La pandémie a aggravé la situation. Le soin informel s’est accru avec le Covid 19, qui nécessite une prise en charge à domicile pour les patient.e.s contaminé.e.s par le virus, à la suite de leur passage à l’hôpital.

La pandémie a creusé les inégalités de salaire entre les sexes et contribue à ralentir la progression professionnelle des femmes. Car certaines d’entre-elles se voient contraintes de réduire leur temps de travail voire de quitter leur emploi afin de soutenir un proche. Selon les chiffres d’Oxfam, la crise sanitaire a entraîné pour les femmes du monde entier une perte de revenus d’au moins 800 milliards de dollars en 2020.
Le Parlement européen « reconnaît la charge supportée par les femmes ainsi que la valeur sociale de ces soins, en particulier pendant la crise de la covid-19 ». Et le rapport de Katalin Cseh veut instaurer un « soutien financier » pour les aidantes informelles qui doivent rester à domicile. « Il est temps que la Commission prenne conscience de ce déséquilibre entre les femmes et les hommes quant au travail de soignant », affirme l’Eurodéputée à Euractiv, en rappelant la nécessité d’une revalorisation des métiers du soin.

Ce n’est pas la première fois que les institutions européennes se penchent sur le sort des aidantes.

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