Accueil Politique & SociétéSanté L’IVG en danger pendant le confinement ?

L’IVG en danger pendant le confinement ?

par Camille Saint-Cricq

Un amendement pour aménager l’IVG rejeté, une pétition en ligne, un communiqué du gouvernement. Dans cette période troublée par le coronavirus, la défense du droit à l’IVG est compliquée.

Jeudi dernier, lors de l’examen du projet de loi « urgence-Covid-19 » des Sénatrices et sénateurs ont demandé que soit ajouté un article prévoyant que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) soit prolongée pour pouvoir être pratiquée jusqu’à la 14ème semaine de grossesse (contre 12 aujourd’hui en France). Amendement rejeté par le gouvernement.

Craignant que beaucoup de femmes se trouvent hors délais en raison des bouleversements du système de santé liés au coronavirus, des associations avaient tiré la sonnette d’alarme. La proposition d’amendement expliquait : «Déjà, des services d’orthogénie constatent que les restrictions de circulation à l’intérieur et à l’extérieur du territoire français combinés aux bouleversements de l’activité hospitalière fragilisent les conditions d’accès à l’IVG et renforcent les inégalités territoriales.» Défendant l’amendement, la sénatrice de l’Oise Laurence Rossignol a ajouté « Aujourd’hui, il manque des médecins et on ne peut plus aller à l’étranger. » Elle demandait, outre l’allongement des délais, la suppression de  l’exigence d’une deuxième consultation pour les mineures. Le Gouvernement a dit non. Mais le ministre de la Santé a indiqué qu’il étudierait la question…

Dans la foulée, une pétition a été lancée par le « Collectif Avortement en Europe les femmes décident », qui regroupe de nombreuses associations féministes, syndicats et partis politiques. Ses demandes sont identiques à celles formulées au Sénat. La pétition évoque aussi « la fourniture de masques et de gels hydroalcooliques aux structures concernées pour qu’elles puissent continuer à fonctionner »

Ce lundi matin un communiqué commun du ministre de la Santé Olivier Véran et de la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa assure que «Les interruptions de grossesse sont considérées comme des interventions urgentes par le ministère des Solidarités et de la Santé. Leur continuité doit être assurée». Et précise : «Les services de l’Etat feront des points réguliers avec les soignants et le tissu associatif afin de s’assurer que, même en période de pandémie et de confinement, le droit des femmes à disposer de leur corps ne soit pas remis en cause.» Les ministres rappellent au passage avoir « pris des dispositions pour permettre à toutes les femmes qui le souhaitent d’avoir accès à la pilule contraceptive directement en pharmacie, sans passer par un médecin et grâce à une ancienne ordonnance. »

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