Accueil Sport Lotta Schelin veut à son tour « briser le tabou des règles » chez les sportives

Lotta Schelin veut à son tour « briser le tabou des règles » chez les sportives

par La rédaction
Lotta Schelin
Lotta Schelin

Photo Anders Henrikson (CC BY 2.0)

La footballeuse suédoise regrette le silence, jusque dans les vestiaires, sur les conséquences des menstruations. Et dénonce le peu d’intérêt de la médecine.


 

 

Une nouvelle sportive de haut niveau entend « briser le tabou des règles ». C’est la star du football suédois Lotta Schelin qui sort du silence jeudi 7 septembre, pour la chaîne SVT. Le tabou a commencé à se fêler un mois plus tôt quand la nageuse chinoise Fu Yuanhui donnait en toute franchise une explication à sa mauvaise performance aux Jeux olympiques de Rio : « C‘est parce que mes règles ont commencé hier, je me sens donc très fatiguée ». Sa remarque a fait le tour du monde.

Dans un autre sport, le tennis, la Britannique Heather Watson avait expliqué sa défaite à l’Open d’Australie en janvier 2015 par le fait qu’elle avait « un truc de filles ». Mais très rares sont les sportives de haut niveau à en parler ouvertement. Lotta Schelin, ancienne joueuse de l’Olympique Lyonnais, meilleure buteuse de l’histoire du football suédois, récente médaillée d’argent olympique, s’empare donc à son tour du sujet.

Le tabou des règles est encore présent au point qu’elle n’a jamais entendu personne en parler dans l’équipe nationale, explique Lotta Schelin. Pourtant, « cela nous affecte fortement », assure-t-elle, en expliquant que durant ses périodes, elle sent son corps « un peu fragile ».

Quant à l’équipement des joueuses en déplacement, « nous avons des chewing-gums, des cotons-tiges, des gouttes nasales… Mais nous n’avons pas de serviettes ou de tampons. »

Si les hommes avaient leurs règles…

Lotta Schelin pointe également du doigt le manque d’intérêt que porte le monde médical à la question : « Personne ne sait vraiment s’il est dangereux de s’entraîner dur alors qu’on souffre de fortes crampes menstruelles. » Ce que confirme la thérapeute Cecilia Friden. Il n’existe que de rares études, partielles, sur les liens entre la menstruation et les risques pour les athlètes. En juin dernier, des chercheur.e.s dénonçaient également, dans un éditorial publié dans le British Journal of Sports Medicine, cette zone d’ombre de la médecine sportive.

Slate.fr citait récemment cette enquête menée par l’Insep en 2007 auprès de 363 sportives françaises de haut niveau ; 10 % d’entre elles jugeaient leur syndrome prémenstruel sévère et handicapant pour leur activité sportive, 64 % des sportives constataient une diminution de leurs performances.

« Fondamentalement, c’est une question d’égalité de genre », estime Lotta Schelin. Si les hommes avaient leurs règles, la question des liens entre menstruation et pratique du sport aurait été parcourue de fond en comble, fait remarquer la footballeuse.

 

 

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1 commenter

Lora 13 septembre 2016 - 08:38

« ses périodes »? Que voilà un euphémisme qui nuit à la pertinence de cet article…

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