Accueil Politique & Société Macron et Darmanin « d’homme à homme » : message féministe

Macron et Darmanin « d’homme à homme » : message féministe

par La rédaction

Le président s’affirme féministe mais soutient Gérald Darmanin suspecté d’abus de pouvoir. Et, verbe haut, il joue l’accolade virile avec lui. Il ne reste plus aux féministes qu’à ironiser.

La question ne pouvait pas ne pas être posée lors de l’entretien télévisé du 14 juillet. Quelques jours auparavant, des manifestations féministes s’élevaient contre la nomination de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur. Visé par des plaintes pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance, il est encore dans le collimateur de la justice qui a repris des investigations mi-juin. Les plaintes pour viol se sont soldées par des non-lieux faute de preuves de « violence, menace, contrainte ou surprise » qui caractérisent un viol. Mais le ministre de l’intérieur a obtenu des faveurs sexuelles en échange d’une promesse d’intervention sur un dossier grâce à son statut d’élu. Selon échange de SMS révélé par l’AFP, la plaignante avait écrit au nouveau ministre de l’Intérieur «…Quand on sait l’effort qu’il m’a fallu pour avoir une relation sexuelle avec toi !!! Pour t’occuper de mon dossier», et il aurait répondu : « Tu as raison, je suis sans doute un sale con. Comment me faire pardonner? » Des faits qui s’apparentent à un abus de pouvoir.

Répondant aux questions posées à partir de la seule accusation de viol, Emmanuel Macron a emprunté, main sur le cœur, le boulevard de la présomption d’innocence. Il a, en préambule, déclaré longuement son amour à la cause féministe : « Je respecte toujours l’émoi et la colère des causes justes. La cause féministe, je la partage, j’en ai fait un fil rouge de ce quinquennat »… Puis il y a eu un très long « mais » : « …Si, à partir du moment où quelqu’un est accusé, mais pas jugé, il devient en quelque sorte la victime d’un jugement de rue, ou de réseaux sociaux, parce qu’il y a une émotion – et je peux comprendre cette émotion parce que je la partage – alors notre démocratie change de nature, elle devient une démocratie d’opinion » a poursuivi le président.  S’il n’a évoqué la plaignante que pour laisser entendre qu’elle avait mis du temps à agir, il n’était pas loin de faire de Darmanin une victime : « Un responsable politique intelligent, engagé et blessé par ces attaques»

Et ce fut le coup de grâce qui a achevé les féministes : le président de la République a expliqué qu’avant de nommer le ministre de l’Intérieur : « Il y a aussi une relation de confiance, d’homme à homme, de président de la République à ministre nommé, sur la réalité de ces faits et leur suites »…  Soit la formule n’était pas préméditée et c’est l’inconscient qui parle. Soit, c’est une formule réfléchie à l’avance pour séduire la frange réac de son électorat. Dans les deux cas ce « d’homme à homme » contrarie son discours féministe.

Et cette fois-ci, ce sont ses opposant.e.s qui ont eu un boulevard d’ironie sur twitter.« Et on a conclu qu’on n’allait pas se laisser enquiquiner par les féministes, ces grincheuses, qui s’offusquent d’un banal échange de passe-droits contre des faveurs sexuelles » a ironisé Laurence Rossignol, ex ministre en charge des Droits des femmes

Ironie aussi chez le patron de la France insoumise «’ Confiance d’homme à homme’!! On comprend mieux pourquoi il ne comprend pas le problème. »

La députée européenne EELV Karima Delli a vu dans cette déclaration un aveu d’ignorance « Macron ignore simplement la lutte contre les violences faites aux femmes au profit de… calculs politiciens. »

Des calculs politiciens qui dépendront du bruit médiatique que pourra faire chaque camp comme nous l’écrivions lors de la constitution de ce gouvernement.

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