Accueil SagaInitiatives « Mai de la solidarité » : l’Europe des peuples dans la rue

« Mai de la solidarité » : l’Europe des peuples dans la rue

par Arnaud Bihel

À Paris, Berlin, Athènes, Vienne, Madrid ou Lisbonne : une semaine avant les élections, les citoyens européens manifestent samedi 17 mai contre « les politiques d’austérité », pour « la démocratie, la solidarité et les biens communs ».


 

Et si, contrairement aux clichés désabusés, l’Europe passionnait les foules ? Une semaine avant les élections, des dizaines de milliers de citoyens défendent samedi 17 mai leur idée de l’Europe lors de la « Journée européenne des résistances et des alternatives ».

Cette journée est le point fort du ‘Mai de la solidarité’, soit dix jours d’actions décentralisées organisées du 15 au 25 mai par une multitude de collectifs, d’associations et de mouvements engagés dans des luttes politiques et sociales qui dénoncent « les programmes d’austérité et de privatisation imposés par la Troika décident de la vie de millions de personnes en Europe. »

Le message des « 595 femmes de ménage » grecques

Comme un coup de pouce à cette journée d’action, cette histoire de lutte victorieuse venue de Grèce : vendredi 16 mai, la justice a ordonné la réintégration des femmes de ménage du ministère des Finances. Des femmes qui luttaient depuis huit mois contre la « suspension » de leur travail. Elles étaient 595 à avoir été brusquement mises à la porte, et leur lutte est devenue un symbole. Elles ont manifesté tous les jours, fait des « ménages surprise » dans les bureaux des impôts, pourchassé les représentants de la Troika et se sont heurtées à la police anti-émeutes. Elles ont aussi coordonné leur lutte avec d’autres employés du secteur public soumis à la « suspension ».

A l’image des femmes de ménage grecques, les révoltés inventent de nouvelles façons de militer, coopératives, festives et efficaces. Pas de hiérarchie mais des centaines d’initiatives, une organisation solide, des analyses substantielles, rigoureuses et pleines de bon sens. Certains sont déjà bien rodés, comme en Allemagne le mouvement Blockupy, une alliance de partis, syndicats et mouvements sociaux créée pour construire la résistance aux politiques d’austérité européennes. « C’est un mot-valise qui signifie bloquer l’autorité politique et occuper l’espace public », explique Hanno, un militant.

De Paris à Lisbonne

En France, c’est à Paris que ça se passe. Samedi 17 mai, une « Manifestive » partira à 14 h d’Opéra pour République, transformée en Place des Alternatives, sur des thématiques faisant l’objet de luttes en cours et concernant l’énergie, internet, l’agriculture, le logement, TAFTA et tous les Grands Projets Inutiles -Notre-Dame-des-Landes, 1000 vaches, Belo Monte, etc. Sur les tracts : « Partage des richesses et égalité, Défense du logement, de la santé, des services publics, Préservation des ressources naturelles, Pour une Europe démocratique, sociale et écologique ».

Sur les mots d’ordre du Mai de la solidarité, « Solidarité sans frontières » et « Construire la démocratie à partir d’en bas », des actions très diverses sont organisées dans les différents pays par des collectifs. Exemples pour ce 17 mai :

À Vienne, en Autriche : une « Rencontre sur le care transnational » proposée par la plateforme Blockupy Vienna, pour qui le care, « c’est toutes sortes d’activités essentielles pour la reproduction sociale, dont toutes les formes de travail dit domestique, de travail émotionnel pour soutenir les amis et les familles et aussi le fait de s’occuper de nous-mêmes. Ce travail est accompli pour des salaires misérables ou sans salaire du tout. (…) Ce sera la première rencontre internationale sur le sujet avec des participants de Slovénie, de Slovaquie et d’Autriche ». (http://wien.blockupy-frankfurt.org)

En Allemagne, une Marche de protestation contre la « forteresse Europe » et ses « politiques racistes et prohibitives contre les réfugiés et les migrants à un très haut niveau » sera lancée par la Coalition de mouvements de réfugiés et de migrants. Elle partira de Strasbourg et après 450 km, arrivera à Bruxelles pour une semaine d’actions avant le sommet des ministres européens des affaires étrangères des 26 et 27 juin (http://freedomnotfrontex.noblogs.org)

En Espagne, à Madrid : « Ni dettes, ni frontières, ni peur », marche puis assemblée à la Puerta del Sol sur les luttes internationales communes, la répression, les alternatives construites au cours des trois dernières années. Les 17 et 18 mai : Portes ouvertes à l’espace Cebada, célébrant un an de place du peuple de Madrid. Le 25 mai : Puerta del Sol, Assemblée célébrant trois ans d’assemblées populaires à Madrid.

Au Portugal : le collectif Dette et démocratie organise un débat public dans la rue près de la Cour constitutionnelle à Lisbonne. L’occasion était trop belle car, explique-t-il, « le 17 mai est le jour anniversaire de la signature officielle du Memorandum de la Troika pour le Portugal. Le gouvernement publie fièrement des livres sur les mesures d’austérité qu’il a prises et annonce la victoire alors qu’il n’a fait que décaler la dette de quelques mois ».

 

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