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‘Mama Hawa’, cas d’école pour les réfugiés

par La rédaction

MamaHawaHawa Aden Mohamed, revenue au pays après l’avoir fui, obtient le prix Nansen, une récompense internationale, pour son action auprès des jeunes Somaliennes.


 

En 20 ans de guerre, deux millions de personnes ont fui la Somalie. En 1991, Hawa Aden Mohamed a fait partie de ces réfugiés. Mais elle est revenue quatre ans plus tard pour aider, sur place, les femmes de son pays. Son action lui a valu le prix Nansen pour les réfugiés (1), qui lui a été décerné mardi 18 septembre par le comité de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Co-fondatrice et directrice du ‘Centre d’éducation Galkayo pour la paix et le développement‘, celle qui est plus connue en Somalie sous le nom de Mama Hawa a travaillé auprès de milliers de femmes et de filles ayant fui les violences ou la famine ; en « leur faisant prendre conscience qu’elles sont des membres de la société à part entière », souligne le HCR. « Dans une société comme la Somalie, il est fréquent qu’une femme ou une jeune fille soit violée, devenant par la suite sévèrement marginalisée. Ce que fait [Hawa Aden Mohamed], c’est leur offrir un foyer, un nouveau départ, l’espoir d’une nouvelle vie et leur rendre leur dignité », a déclaré la porte-parole du HCR, Melissa Fleming.

Aujourd’hui âgée de 63 ans, Hawa Aden Mohamed a elle-même eu la chance, quand elle était petite fille, de pouvoir aller à l’école. Une chance que le Centre Galkayo, installé dans la province de Puntland, au nord-est de la Somalie, offre à des milliers de filles aujourd’hui. Depuis son ouverture en 1999, le nombre de filles scolarisées dans le district est passé de 7 à 40%, selon l’UNICEF. Depuis quelques années, le lieu accueille également des garçons qui sont formés professionnellement.

Le Centre Galkayo traite aussi ouvertement des questions de mutilations génitales, de mariage précoce, de violences ou de MST. « Et il prépare les femmes à jouer un rôle actif dans l’avènement de la paix, la réconciliation, la démocratie et le développement », note le HCR. En 2011, la Somalie était considérée par l’Institut pour l’économie et la paix comme le pays le moins pacifié au monde. A la fin du mois d’août dernier était révélé le drame de Saamiya Yusuf Omar, participante aux JO de Pékin en 2008, et morte en avril dernier en Méditerranée dans une « charrette de la mer », un bateau de réfugiés.

 

Lire aussi son portrait sur le site du HCR

Et voir le reportage réalisé par Euronews à Galkayo.

 


(1) Décerné chaque année, le prix Nansen récompense une personne ou une organisation œuvrant pour les personnes déplacées, « les visionnaires qui se confrontent aux horreurs de la guerre et de l’oppression, et trouvent pourtant des raisons d’espérer ». Le prix doit son nom à Fridtjof Nansen, explorateur polaire norvégien qui fut le premier Haut commissaire aux réfugiés de la Société des Nations, et a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1922.

 

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