Accueil Eco & SocialEnvironnement Manger moins de viande pour le climat… Et pour la santé

Manger moins de viande pour le climat… Et pour la santé

par Arnaud Bihel
Par DrHobo sur Flickr (CC BY-ND 2.0)

Par DrHobo sur Flickr (CC BY-ND 2.0)

Les quatre cinquièmes des gaz à effet de serre (GES) émis par l’agriculture proviennent de l’élevage alimentaire. L’étude assure que les objectifs de réduction d’émissions de ces gaz responsables du réchauffement ne pourront être atteints qu’en réduisant en même temps cette part de l’élevage. Ainsi, en Grand-Bretagne, les chercheurs estiment que baisser de 50% les émissions d’ici à 2050 implique de diminuer de 30% la production de viande.

 

Car l’élevage animal pèse lourd dans les émissions de GES. En novembre 2006, la FAO (l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture) concluait dans son rapport Livestock’s Long Shadow (L’ombre portée de l’élevage) que les cheptels destinés à l’alimentation produisent 18% des gaz à effet de serre.

L’élevage est ainsi davantage responsable du réchauffement climatique que les transports. Et la tendance s’accentue : la production de viande et de produits laitiers dans le monde devrait doubler d’ici 2050, estime la FAO. Dans le Lancet, les chercheurs voient même la production d’élevage grossir de 85% d’ici 2030.

Sans compter qu’il produits d’autres dégâts : dégradation des sols, pollution et raréfaction de l’eau, impacts sur la biodiversité, transmissions d’épidémies… sans oublier les questions éthiques de l’élevage industriel en pleine expansion (il représente 80% de la croissance du secteur).

Si produire moins est nécessaire, manger moins de viande est également meilleur pour la santé, indiquent les chercheurs. Car si elle est « source de nutriments essentiels, elle produit de grandes quantités d’acides gras saturés », facteurs de maladies cardiovasculaires.

Et ils ont calculé qu’une réduction de 30% de la consommation de ces viandes d’élevages en Grande Bretagne réduirait de 17% les décès prématurés dus à ces maladies cardiovasculaires.

Conclusion de l’étude : pour la santé et pour le climat, les politiques doivent encourager une moindre consommation de viande, dans les pays riches où elle est importante. La Suède, d’ailleurs, a édité cette année un guide recommandant aux citoyens de manger de la viande moins souvent, et en moindre quantité. Ils insistent aussi sur la nécessité d’une distribution plus équitable des ces produits.

Les auteurs reconnaissent toutefois qu’une « telle stratégie risque de rencontrer des résistances culturelles, politiques et commerciales ». Alors qu’un tenant de l’agriculture productiviste à l’européenne, le français Luc Guyau, vient d’être élu à la tête du Conseil de la FAO, on peut effectivement parier que c’est loin d’être gagné…

 

 

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1 commenter

Catherine. 14 décembre 2009 - 20:11

Sans compter que l’alimentation des vaches est complétée par des céréales. L’augmentation de la consommation de viande contribue donc à l’augmentation de la demande de céréales dans le monde donc à l’augmentation des prix et à la pénurie…

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