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Manuel de soumission volontaire pour ado

par Isabelle Germain

dico-des-filles-2014Le « Dico des Filles » édité par Fleurus promeut une vision passéiste des relations hommes/femmes, de la sexualité ou de l’avortement. « Mme Déjantée » le dénonce dans Lesvendredisintellos.com.


 

Sur son site, l’éditeur Fleurus présente le Dico des Filles comme un ouvrage qui « apporte des réponses sérieuses et bienveillantes et aide les jeunes filles à grandir en toute confiance ». Sur les réseaux sociaux et les blogs, ce n’est pas le même accueil. @MmeDejantee, qui officie sur le site de l’association de parents Les vendredis intellos, a publié sur Twitter les extraits qui lui faisaient dresser les cheveux sur la tête.

Outre des erreurs factuelles sur l’âge d’émancipation des filles et le cancer du col de l’utérus, le « dico » rose à pailettes entérine les stéréotypes. Exemple : « On attribue aux filles une intelligence concrète, aux garçons une plus grande capacité à l’abstraction. » L’ouvrage émet des réserves sur l’égalité des sexes, évoque le corps de la femme au regard de ce que l’homme apprécie, encourage les jeunes filles à faire la chirurgie esthétique, leur apprend qu’il faut donner du plaisir à l’homme et mettre leurs propres désirs entre parenthèses, que le plaisir passe par le coït et que l’avortement, c’est mal. Et bien d’autres conseils d’un autre temps. A lire ici.

 

A contrario : en 2009 j’avais écrit avec Isabelle Fougère et Natacha Henry 18 ans, respect les filles !, un ouvrage à lire ici.

 

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7 commentaires

Laurence 12 novembre 2013 - 15:15

Il faut se battre pour que ça cesse, ce lent retour en arrière ! ! ! Merde, on a tout pour avancer dans l’émancipation, qu’est-ce qui se passe ??? Il y a comme un mur qui refuse encore de céder et qui se répare sans arrêt à peine on y ouvre des brèches…

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Noise 12 novembre 2013 - 16:17

Je me suis mise à pester sans l’ouvrir, les critiques ne font que confirmer ma première impression.
Ce qui me fait peur, ce sont les mère qui vont acheter cela à leurs filles sans le lire, ou qui iront l’acheter seule. Sans personne pour leurs donner un son de cloche différent.

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Catherine 12 novembre 2013 - 17:41

Bravo pour cet excellent article précis et documenté !

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Lili 12 novembre 2013 - 18:36

J’ai lu l’article en lien, mais je ne vois rien concernant la chirurgie esthétique, la mise de son propre désir entre parenthèse. Cela réfère à d’autres extraits? (j’avoue que la lecture de ce bouquin me tente assez peu… j’en suis restée à Mme Déjantée).

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florence 13 novembre 2013 - 07:29

FLEURUS est une maison d’édition d’inspiration catholique. En matière de désir féminin, de sexualité épanouie et d’égalité femmes/hommes il y a mieux comme référence… moderniser un bouquin de catéchisme en l’habillant de rose fluo et de paillettes il fallait y penser ! on crie au génie du marketing…

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colleti 13 novembre 2013 - 07:58

En 2007, je suis tombée sur l’Histoire de l’informatique, paru chez Fleurus. Oubli des femmes de l’histoire de l’informatique, travestissement, même (une découverte faite par une femme est illustrée avec un homme), sexisme criant (les femmes représentées dans les métiers de l’informatique… ce sont les top models dont l’infographiste corrige les défauts. Dans le livre : la top model en maillot de bain a les jambes poilues !)
Avec 20 associations, certaines féministes, d’autres scientifiques, et d’autres les 2 (en vrac : femmes et maths, femmes et sciences, femmes ingénieures, la Société française de mathématiques, celles de maths appliquées, l’association des profs de maths sup et j’en passe), nous avons écrit une lettre à Fleurus… qui a été ignorée.
En revanche, un auteur de Fleurus m’a contactée pour me dire qu’il n’y avait pas à être étonné-e de la part de cet éditeur catho et conservateur. Dans la foulée, Fleurus a sorti les livres « spécial filles » : Bonne copine sans être bonne poire, les cheveux, comment les chouchouter, les poils, comment s’en débarrasser, etc , etc. Les thèmes : mode, cuisine et relations sociales. Miam.

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Castafiore 22 février 2015 - 01:21

Je suis assez d’accord avec Laurence mais je trouve le retour arrière est assez rapide. Comme si il y avait de l’urgence dans l’air!
Que dire du combat pour le mariage homosexuel qui s’est fait pendant des années sur les ondes en excluant les femmes. Les femmes homo j’entends, pas les journalistes femmes.Car c’est souvent les femmes qui écoutaient avec une bienveillance toute maternelle ou fraternelle. Ce n’est qu’à la toute fin du combat que l’on s’est résolu à exhiber des lesbiennes « qui veulent assurer l’avenir de leurs enfants » pour amadouer les antis. Pitoyable procédé surtout sur des ondes nationales. Ces mêmes ondes nationales qui pour amuser le déjeuner des auditeurs se croient obligées de systématiser la banalisation de la prostitution et de la sexualité « hard » reprise par les humoristes femmes elle même pour se qualifier dans l’équipe. Pour défendre les droit des handicapés à avoir une sexualité épanouissante évoque t on la situation des femmes handicapées? Le sexisme est tapi jusque dans la bienfaisance ordinaire car la France de l’an 2000 s’est sournoisement berlusconisée. Peut être faudrait-il faut chercher à qui profite cette merchandisation de nos intimités. J’élève un garçon et je suis souvent fort désemparée tant mon discours égalitaire paraît sentir l’antimite. Help!Please!

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