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Margrethe Vestager, future présidente de la Commission européenne?

par Isabelle Germain
Margrethe Verstager
Margrethe Verstager
Margrethe Verstager en avril 2015. Par Friends of Europe sur Flickr (CC BY 2.0)

Connue pour avoir inspiré la série Borgen et surtout pour avoir fait plier de puissantes multinationales, la Commissaire européenne danoise ne pourra pas devenir présidente de la Commission sans le soutien entier d’Emmanuel Macron.

Margrethe Vestager, actuellement Commissaire européenne à la concurrence affirme clairement sa candidature à la présidence de la Commission européenne et son engagement pour la parité.  Quelques jours avant les élections, sur son compte twitter, elle affichait la couleur : « Nous voulons un leadership européen à l’image de l’Europe. Toute l’Europe. Les femmes aussi. Les femmes et les hommes devraient être représentés de manière égale dans le leadership européen »

Et une femme à la tête de la Commission européenne, ce serait une première. Margrethe Vestager a beaucoup de cartes en main. En 2016, elle a reçu le Prix Femmes d’Europe (Women of Europe Awards) décerné par le Lobby européen des femmes qui a salué son « leadership extraordinaire au niveau européen » (voir : Margrethe Vestager, femme européenne de l’année). Elle aurait même inspiré le personnage de Brigitte Nyborg aux auteur.e.s de la série Borgen (voir : le top 5 des séries (presque) sans stéréotypes )

Son parcours ? Fille d’un couple de pasteurs luthériens, diplômée d’économie, elle a débuté sa carrière au ministère des Finances. A 29 ans, elle est nommée ministre de l’Education, entre 1998 et 2001. Membre du parti de centre-gauche et pro-européen RV, elle deviendra ministre de l’Économie et de l’Intérieur de 2011 à 2014 dans le gouvernement de centre gauche de Helle Thorning-Schmidt.

Puis elle est nommée commissaire européenne à la concurrence. Sa réputation, elle la doit à sa ténacité pour faire aboutir sa mission : «assurer une concurrence juste et équitable en Europe ». Elle a fait trembler les géants de « l’optimisation fiscale » prenant en main des dossiers de mastodontes comme Starbucks, Google, Apple ou Gazprom. En mars 2016 Les Echos la présentaient comme « la femme qui fait trembler Google. » Elle venait d’infliger au géant du net une amende de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante. Google écopera ensuite de deux autres amendes : 4,34 milliards d’euros en 2018, et 1,49 milliard d’euros en 2019. Elle n’a pas épargné Apple qui a dû s’acquitter du versement de 13 milliards d’euros d’arriérés d’impôts à l’Irlande, (lesquels ont été placés sur un compte bloqué en attendant des recours)

Elle veut voir autant de femmes que d’hommes au pouvoir, c’est d’ailleurs un des premiers sujets qu’elle aborde dans cet entretien sur Arte.

Dans tous les portraits qui lui sont consacrés c’est son goût pour le tricot qui étonne le plus. La Commissaire européenne tricote quand elle écoute, comme d’autres griffonnent. Paris Match l’a vue tricoter des éléphants. Elle en rit : «Ces animaux sociaux vivent en groupe et sont dirigés par des femelles. Ce sont des créatures amicales, mais qui ont bonne mémoire.»

La victoire sans transiger sur les principes ?

Mais pour être élue à la tête de la Commission européenne, la partie ne sera pas facile. Il faut le soutien des 28 et la majorité absolue au Parlement européen, soit 376 voix. Et il faut dépasser le principe du « Spitzenkandidaten » selon le jargon bruxellois, qui impose le parti arrivé en tête des élections européennes à la présidence de la Commission. Le groupe politique de Margrethe Vestager, les Libéraux, arrive en troisième position. Pas simple. Pour le soutien des 28, Angela Merkel et Emmanuel Macron ne sont déjà pas d’accord. La chancelière allemande soutient Manfred Weber, chef de file du Parti populaire européen (PPE, centre droit), première force politique au sein du Parlement. Mais le président français veut « construire un rassemblement dynamique, crédible et qui correspond au projet.» Il cite Margrethe Vestager dans ce rôle mais voudrait aussi y voir Michel Barnier qui ne s’est pas manifesté.

Au soir des élections dimanche 26 mai, la candidate semblait faire des appels du pied à Emmanuel Macron en déclarant : « Ce n’est plus une majorité de deux partis. C’est un nouveau Parlement »… « C’est la victoire d’un nouveau groupe libéral, la victoire de la République en Marche et du parti roumain USR-Plus » avant d’ajouter, en français cette fois-ci : « C’est magnifique. »

Mais selon Le Parisien qui a consacré un grand portrait à celle « qui fait trembler les puissants» en avril dernier, il est permis de douter du soutien du président français à la candidate danoise. La commissaire Européenne a en effet mis son veto à la fusion entre le Français Alstom et l’Allemand Siemens voulant créer un champion de la  construction ferroviaire. Ce qui a provoqué la colère de l’Elysée. Des regrets ?« Je me détesterais si j’avais tranché dans l’optique de mon avenir personnel ! Si vous voulez que votre prochain job soit un bon job, qu’il ait du sens pour vous, alors vous devez bien faire votre boulot à l’instant T. » dit-elle au Parisien. Si le président français suit les mêmes principes moraux qu’elle, il devrait soutenir sa candidature.

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