Marion Bartoli fait mouche

par vincimoz

BartoliEn triomphant à Wimbledon, puis en quelques mots, la Française a répondu de la meilleure des manières aux remarques sur son physique. « Ce n’est pas important. Je ne suis pas blonde, c’est un fait. Est-ce que j’ai rêvé de devenir mannequin ? Non, désolée. Mais est-ce que j’ai rêvé de gagner Wimbledon ? Oui. Absolument. »


 

Une victoire en finale de Wimbledon, l’un des 4 principaux tournois de tennis, puis ce commentaire. Marion Bartoli a répondu de la meilleure des manières aux remarques sexistes sur son physique.

Ses mots s’adressaient tout particulièrement à un commentateur de radio britannique. Peu avant que Marion Bartoli affronte l’allemande Sabine Lisicki en finale, Inverdale déclarait, en direct sur BBC Radio 5 : « Pensez-vous que le père de Bartoli lui a dit quand elle avait 12, 13, 14 ans : “Tu ne seras jamais un canon, tu ne seras jamais une Sharapova, tu ne mesureras jamais 1m80, tu n’auras jamais de longues jambes, donc tu dois devenir la combattante la plus déterminée qu’on ait jamais vue sur un court de tennis ?” »

Vannes ouvertes

Un commentaire choquant aux oreilles de nombreux auditeurs. Sur Twitter, les messages dénonçant ce « sexisme ordinaire » ont afflué. Ce qui a conduit la BBC à présenter des excuses : « Nous reconnaissons que cette remarque était désobligeante et nous nous en excusons » a déclaré un porte-parole du groupe. A l’antenne, le lendemain, John Inverdale a assuré avoir envoyé à la joueuse un mot d’excuses, se disant désolé si son « commentaire lourd » avait pu « s’avérer blessant ». Dans un premier temps, il s’était contenté de se justifier ainsi : « on a plaisanté, de façon sympathique, sur son physique ; mais Marion Bartoli est un formidable exemple ».

Mais sur les réseaux sociaux, les vannes étaient ouvertes pour des commentaires désobligeants, et souvent injurieux, sur le physique de la joueuse. Le compte @everydaysexism en propose une sélection

Fogiel en 2010

John Inverdale n’est pas le premier à se lâcher sur le physique de Marion Bartoli. En France, la veille de sa demi-finale à Wimbledon, 20 Minutes rappelait le dérapage à la radio de Marc-Olivier Fogiel en 2010 qui, croyant son micro coupé, lançait : « elle est grosse ». Dans le quotidien, Xavier Moreau, le préparateur physique de l’équipe de France de Fed Cup, regrettait : « Ce qui est dommage, c’est quand vous avez en France des gens qui tirent les résultats vers le haut et qu’ils ne sont pas customisés comme des sportifs idéals, on se permet de juger ».

Mais dans le même temps le titre de 20 Minutes, en une, était plutôt malvenu : « Marion Bartoli a-t-elle un problème de poids ? » Au moins, la réponse est aujourd’hui évidente : la question ne se pose pas. Pour être capable de gagner un des quatre tournois majeurs du circuit professionnel, ce ne doit pas vraiment être un problème.

 

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