Accueil International Maroc : « Combien de femmes doivent encore être violées » ?

Maroc : « Combien de femmes doivent encore être violées » ?

par La rédaction

Affiche © Durgamaya (https://www.facebook.com/meriemesfiouiart/)

Mobilisation après l’agression sexuelle d’une jeune fille dans un bus à Casablanca. Derrière le nécessaire changement des mentalités, il y a aussi celui de la loi.


Des milliers de personnes devraient participer à des sit-in à Casablanca et dans plusieurs villes marocaines, mercredi 23 août à 18h, pour dire « Non à la culture du viol ». L’appel a été lancé suite à a violente agression sexuelle collective subie par une jeune femme handicapée dans un bus de Casablanca, la capitale économique du Maroc.

La vidéo amateur de cet acte odieux, diffusée sur les réseaux sociaux le 20 août, a fait le tour des médias au-delà du Maroc, la presse évoquant « l’émoi » ou « l’indignation » dans le pays. Les auteurs présumés, six jeunes hommes âgés de 15 à 17 ans, ont été arrêtés lundi 21 août.

Quelques jours plus tôt, une autre vidéo – montrant une scène de harcèlement dans les rues de la ville de Tanger – avait provoqué une vive indignation. Mais après ? La chroniqueuse Majda Elkrami dresse un constat amer : « Nous sommes arrivés à un stade où nous avons besoin de voir un viol, du trash, une réalité brute pour enfin nous dire que c’est grave (…) Je suis une femme et je veux que mon pays me respecte et me fasse respecter en tant qu’être humain. Il aura fallu compter une autre victime pour ouvrir ce débat et moi, je ne veux pas le fermer. Je veux des engagements et des résultats. »

L’Union féministe libre, parmi de nombreuses voix, dénonce « l’absence de lois protectrices, et relatives à l’élimination de la violence à l’égard des femmes ». Cette association avait lancé quelques mois plus tôt, après la mort d’une jeune femme de 18 ans victime d’un viol collectif, cet appel : « Combien de femmes doivent encore être violées, pour que nous changions les lois ? »

 

Un projet de loi contre les violences faites aux femmes, qui prévoit notamment de s’attaquer au harcèlement sexuel dans l’espace public, a été adopté en 2016 par la Chambre basse du Parlement. Mais il n’est toujours pas à l’ordre du jour de la Chambre haute. Sans compter que plusieurs associations féministes jugent que le texte ne va pas assez loin.

Selon une enquête nationale menée en 2010, 23% des femmes marocaines (soit 2,1 millions) ont subi un acte de violence sexuelle à un moment ou à un autre de leur vie, et près d’une sur dix (8,7%) au cours de l’année précédente. Rappelons qu’en France, selon la toute dernière enquête, une femme sur sept (14,5 %) déclare avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle (hors harcèlement et exhibitionnisme) au cours de sa vie.

 

 

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