Accueil MédiasBuzz Mauvais père ? Les boules !

Mauvais père ? Les boules !

par La rédaction

BoulesAttention, buzz : selon une étude américaine, la taille des testicules influe sur l’implication des pères. La presse met le paquet le sujet, sans recul…

 

Ils se doutaient évidemment que leur étude allait alimenter les conversations, sourire en coin. Des chercheurs de l’Université Emory, aux Etats-Unis, se sont penchés sur la corrélation entre la taille des testicules et le sentiment paternel. Résultat : « Le volume des testicules est inversement corrélé à l’activité cérébrale liée au soin des enfants ». C’est le titre de leur étude publiée lundi 9 septembre et largement reprise par la presse.

Et une fois encore (voir encadré ci-contre), reprise sans le moindre recul dans l’immense majorité des cas, sur le thème : « Les hommes dotés de petits testicules sont les meilleurs ! »

D’autres études relatée sans recul dans la presse :

Les filles, les garçons et l’humour : le cerveau a bon dos

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Partage des tâches et divorce : le mauvais titre de l’AFP (et des autres)

On trouve heureusement – sur le web anglophone – quelques critiques de cette engouement de la presse pour cette étude en dessous de la ceinture. Pour Gary Schwitzer, sur HealthNewsReview.org, « c’est le genre de couverture médiatique qui fait perdre toute crédibilité au journalisme scientifique ». Tandis que sur CNN.com, Josh Levs invite à la prudence.

Que dit l’étude ?

Menée sur 70 hommes, tous parents de nourrissons âgés de 1 à 2 ans, et tous demeurant à Atlanta, l’étude visait avant tout à démontrer pourquoi certains pères s’investissent plus que d’autres dans le fait d’élever leurs enfants.

Une première partie leur a fait observer que les pères les plus motivés pour changer les couches, préparer le biberon et donner le bain à leur progéniture étaient aussi ceux qui avaient un niveau de testostérone plus faible – une corrélation toutefois modeste.

Dans un deuxième volet de l’étude, les anthropologues de l’Université Emory ont ainsi réalisé des scanners des cerveaux ces papas alors qu’ils leur montraient des photos de leur bébé. Et ont découvert que ceux chez qui réagissait le plus à l’image de leur progéniture étaient ceux qui avaient les plus petits testicules.

« Nous tirons la conclusion que la taille des testicules influe sur l’implication des pères », assure le Dr. James Rilling, qui a conduit l’étude, cité par le Medical Daily.

Et c’est ainsi que les conclusions de l’étude sont largement reprises par la presse. Pourtant, James Rilling prend soin de les nuancer. Car l’étude ne relève qu’une corrélation, et en aucun cas un lien de cause à effet. Autant dire, précise-t-il, que « cela peut aussi signifier que quand les hommes s’impliquent davantage auprès de leur enfant, leurs testicules rétrécissent. L’environnement peut influencer la biologie. Nous savons, par exemple, que les niveaux de testostérone décroissent quand les hommes deviennent des pères impliqués ».

Ajoutons que si l’échantillon sur lequel a porté l’étude – 70 hommes, mais seulement 55 ont accepté que leurs attributs soient mesurés – permet des conclusions « significatives », selon les chercheurs, ils admettent aussi que la corrélation n’est « pas parfaite ».

En conclure qu’un petit paquet fait un bon père, et inversement, serait donc quelque peu tiré par les cheveux – ou tout autre poil.

 

Photo : Paul Hocksenar sur Flickr

 

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6 commentaires

6 commentaires

Eric 11 septembre 2013 - 09:44

Robin Baker en parlait déjà dans Sperm wars, qui date de 1996.

Prune 11 septembre 2013 - 10:16

C’est pathétique, quand on pense qu’il y a de l’argent pour financer une étude qui mesure la taille des couilles des bonshommes, c’est lamentable, lamentable, lamentable.

Florence 11 septembre 2013 - 13:15

Une étude récente a montré que les femmes à gros seins mangeaient deux fois plus de chocopops que les autres !! Par contre la corrélation entre petit clitoris et absorption massive de picorettes est à l’étude… On vous tient au courant !

Bizarre plutôt ! 11 septembre 2013 - 15:34

…pourquoi tant d’hommes (qui ont déjà peur de l’aspirateur et des poubelles) ne souhaitent pas s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants : ils ont peur que ces attributs masculins ne rétrécissent !

Mes congénères sont pitoyables.

Bizarre plutôt ! 11 septembre 2013 - 15:40

« Prune »
C’est pathétique, quand on pense qu’il y a de l’argent pour financer une étude qui mesure la taille des couilles des bonshommes, c’est lamentable, lamentable, lamentable.

Si c’est ça qui vous inquiète, il y a bien plus grave comme gaspillage 🙁
Et puis là, au moins, c’est pas de l’argent public.

Ils devraient plutôt être contents les américains : les rejets d’œstrogène (notamment issu des pilules) ont déjà pollué leurs nappes phréatiques (les nôtres aussi mais moins pour l’instant) et ça réduit la taille du pénis (au moins de celui des alligators en Floride), sûrement aussi du reste du trio masculin.

Ptêt’ que ça va les inciter à se rapprocher de leurs enfants 😉

Plus sérieusement que ma conclusion, élaborer une loi (celle de l’article ou la deuxième du chercheur, inverse, car il est prudent) c’est tout de même gonflé. Chez Medi@metrie on ne publie plus les chiffres en-dessous de 400 échantillons, soit 5,7 fois plus !

Lora 12 septembre 2013 - 09:46

J’aime bien : 15 hommes n’ont pas voulu se faire mesurer les testicules 🙂
Mesdames, si vous voulez avoir des enfants qui ont un père concerné, sortez l’appareil de mesure. Ca se vend sur A******? Il existe bien un pénisomètre 🙂 Bientôt le testiculomètre.

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