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Dans les médias, pas de bouleversement pour l’égalité

par La rédaction

Dans l’optique de la lutte contre les stéréotypes dans les médias, les propositions du Comité interministériel aux droits des femmes restent mesurées. L’autorégulation reste l’instrument privilégié.


 

Le Comité interministériel aux droits des femmes, qui s’est tenu vendredi 30 novembre, l’a clairement défini : la lutte contre les stéréotypes sera l’un des piliers de la politique pour l’égalité hommes-femmes. Elle passera notamment par l’école, et par les médias.

Si des engagements ont déjà été pris ces dernières années dans la sphère médiatique, le gouvernement entend aller plus loin, sans toutefois bouleverser la donne. Il s’agit principalement de renforcer les démarches de régulation en cours, dans l’audiovisuel et la publicité.

CSA plus vigilant

Les engagements du Comité interministériel visent en premier lieu à modifier les attributions du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), appelé à évoluer dans les prochains mois. Ses compétences en terme de régulation sont définies par la loi n° 86-1067 du 30 septembre1986. Le gouvernement entend compléter l’article 15 du texte. La nouvelle autorité de régulation pourrait alors être chargée de « veiller à la promotion de l’image de la femme et à la lutte contre la diffusion de stéréotypes sexistes et d’images dégradantes des femmes dans les programmes mis à disposition du public par un service de communication audiovisuelle ».

A l’heure actuelle, et depuis 2009, le CSA se contente d’observer la « représentation des genres » à la télévision, dans le cadre d’un « baromètre de la diversité » plus global.

« Actions » dans le service public

Une autre piste d’action devrait concerner plus particulièrement le service public – France Télévisions et Radio France. Des avenants seront ajoutés aux Contrats d’objectifs et de moyens des deux entreprises : « ces conventions déclineront des actions pour lutter contre les stéréotypes sexistes et promouvoir l’image des femmes, notamment une meilleure représentation des expertes dans les émissions d’actualité et la promotion de l’égalité dans les programmes pour enfants. »

Pas de révolution, à première vue. Tout dépendra de l’importance qui sera donnée à ces « actions ». La question de la représentation des expertes (les femmes ne représentent que 20% des experts dans les médias) avait été soulevée voilà un an dans un rapport remis au précédent gouvernement par la « Commission sur l’image des femmes dans les médias ». Elle y recommandait une simple démarche d’autorégulation. Et la plupart des médias s’étaient déjà engagés dans cette voie en signant une charte, en octobre 2010, mais sans résultat visible pour l’heure.

Publicité et auto-régulation

Troisième levier : la publicité. Le Gouvernement pourra désormais se charger lui-même de saisir l’Autorité de Régulation professionnelle de la Publicité (ARPP) « dès lors qu’une publicité lui semblera porter préjudice à l’égalité femmes-hommes », pour lui demander de « juger de sa conformité avec le code de déontologie de la profession ».

A l’heure actuelle, tout va bien, ou presque, aux yeux de l’ARPP. Son dernier bilan, portant sur l’analyse de plus de 100 000 publicités en 2010, constatait que 99,95 % des publicités sont « conformes aux règles déontologiques relatives à l’image de la personne humaine ».

Le « Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes » aura également son rôle à jouer auprès de l’ARPP. Cette nouvelle instance appelée à remplacer en 2013 l’Observatoire de la parité englobera également l’actuelle « Commission sur l’image des femmes dans les médias », qui ne faisait pas l’unanimité. Mais là encore, pas de contrainte en vue. Le Haut Conseil proposera à l’ARPP de « renforcer la démarche d’auto-régulation de la publicité pour valoriser les publicités qui ne véhiculent pas une image stéréotypée et dégradante du rôle des femmes. »

 

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2 commentaires

Lora 3 décembre 2012 - 13:43

J’ai de très gros doutes. Compter sur la bonne volonté du secteur marchand et de plus absolument non paritaire me paraît… utopique? Hypocrite? Naïf? Pas courageux de toute façon.
Et comment espérer lutter contre les stéréotypes sexistes et promouvoir l’image des femmes, quand la pornographie est partout, en libre accès gratuit, pour les enfants y compris? Comme représentation des genres, on est servi.
Il n’y a vraiment que quand il s’agit des femmes qu’il n’y a pas de contrainte à leur faire justice.

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Lili 3 décembre 2012 - 17:55

Et ben le lobby des médias (tellement proche des politiques…) est vraiment ultra-puissant… C’est une honte. Les bonnes femmes ça fait vendre du papier et ça fait de l’audimat alors y toucher… là y a plus personne pour faire preuve du moindre courage.

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