Melissa Mayeux, pionnière du baseball

par Arnaud Bihel

Glenn Gervot FFBS Melissa MayeuxMelissa Mayeux, Française de 16 ans, est la première femme à intégrer la liste des joueurs étrangers pouvant être recrutés par les clubs de la MLB, la plus prestigieuse ligue de baseball. Coup de pub ou vraie reconnaissance ?


 

« Une adolescente française écrit l’histoire ». C’est ce qu’on peut lire sur le site de la MLB, la Major League Baseball . Le 22 juin, Melissa Mayeux, a été pré-sélectionnée pour avoir la possibilité d’évoluer dans une équipe de la MLB, le championnat d’élite de baseball aux Etats-Unis. C’est une première pour une joueuse, alors qu’aucune règle officielle n’empêchait la MLB de recruter des femmes auparavant.

A partir du jeudi 2 juillet, elle sera « engageable par un club de Major League ». La jeune Française, qui joue au poste d’arrêt-court (shortshop) au sein des Cougars de Montigny-le-Bretonneux, et en équipe de France juniors, participera donc en août au MLB European Elit Camp, un stage de détection des meilleurs talents européens. Ce qui pourrait lui permettre d’être recrutée par une des trente franchises de la ligue.

Mélissa Mayeux a t-elle vraiment une chance d’être recrutée en MLB ?

La MLB a toutefois choisi d’être honnête : « Est-il possible que Mayeux soit recrutée ? Sûrement. Est-ce probable ? Sans doute pas, mais le simple fait que Mayeux ait été ajoutée à la liste solidifie son statut de joueuse légitime ».

Pour Mike McClellan, directeur du Développement International de la MLB, Mélissa Mayeux ne sera probablement pas recrutée avant ses 18 ans. « Si elle n’est pas recrutée, elle pourra toujours jouer dans une université américaine », précise t-il à l’AFP. Car « elle frappe bien la balle, elle n’a peur de rien ».

Glenn Gervot FFBS Melissa Mayeux 2015

 

Melissa Mayeux, mai 2015 © FFBS / Glenn Gervot

Les espoirs européens ne signent généralement pas avant leur 18 ou 19 ans et très peu intègrent finalement la MLB. Depuis 10 ans, seulement deux joueurs européens ont été engagés par des franchises de la Ligue.

Consciente de ces contraintes, Mélissa Mayeux a déclaré : « Je voudrais continuer à jouer au base-ball en France jusqu’à mes 18 ans et ensuite j’aurai la possibilité de partir dans une université américaine ou d’avoir une autre opportunité à l’étranger ». Pour McClellan, « en 2017, elle sera toujours jeune mais pendant ces deux ans, elle va continuer à progresser (…). Si elle peut jouer pour la France au Championnat du monde de baseball ? De son vivant, je pense qu’elle le peut ».

« Je n’ai jamais eu de problème d’intégration ou de respect »

Un bel avenir se dessine donc pour celle qui a toujours évolué au milieu des hommes. Son grand-frère, Dylan Mayeux, 18 ans, joue dans l’équipe nationale de France. Ils ont d’ailleurs joué ensemble pour le même club, les Cougars de Montigny-le-Bretonneux. « J’ai grandi avec les mêmes garçons donc nous nous connaissons depuis toute petite. Je n’ai jamais eu de problème d’intégration ou de respect. Nous sommes très liés et ça donne une bonne équipe », a t-elle expliqué.

Contacté par le Huffington Post, François Collet, chargé d’affaires au sein de la Fédération Française de Baseball et Softball (FFBS) est admiratif : « Melissa Mayeux casse les barrières une à une. Avant elle, le baseball se jouait seulement de façon mixte jusqu’à 15 ans. Elle a fait sauter cette limite d’âge. En France, elle est également la première joueuse à évoluer en division 1 et 2 ».

Sur son site, la Fédération française de Baseball et de Softball chante ses louanges : « Elle a fait une saison remarquée avec l’Équipe Fédérale en Division 2, montrant qu’une femme pouvant égaler et même dépasser le niveau de nombreux joueurs ». Elle a été « la première à jouer en compétition nationale baseball senior – ouvrant au passage la voie à de nombreuses femmes qui peuvent désormais jouer au niveau régional baseball senior en mixité. »

A seulement 16 ans, Mélissa Mayeux fait donc bouger les lignes. Elle a finalement réussi deux exploits : s’imposer en tant que femme dans le monde du baseball et imposer son nom aux Etats-Unis en venant de France, où le baseball reste confidentiel. Elle est d’ailleurs « plus célèbre en dehors de nos frontières », relève la Fédération.

 

Photos : Glenn Gervot (http://gervot.com/photography/) / FFBS

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The Future of Women in Big League Baseball | Baseball Magazine 8 mars 2016 - 20:31

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