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Les mères consacrent aux enfants deux fois plus de temps que les pères

par Arnaud Bihel
Par the lost gallery sur Flickr (CC BY 2.0)

Par the lost gallery sur Flickr (CC BY 2.0)

Les mères françaises consacrent en moyenne 1h33 par jour à leurs enfants, les pères 44 minutes. Un écart plus marqué encore que pour les tâches domestiques.


 

« En France métropolitaine, le temps consacré aux enfants reste très inégalement réparti entre hommes et femmes », plus encore que les tâches domestiques en général. C’est ce qui ressort d’une analyse détaillée publiée vendredi 24 mai par la DREES : alors que les femmes consacrent 1,8 fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques, elles passent 2,1 fois plus de temps qu’eux à s’occuper des enfants, analyse l’organisme dépendant du ministère de la Santé (1). Les mères françaises consacrent en moyenne 1h33 par jour à leurs enfants, les pères 44 minutes.

Autre constat : cette inégale répartition des rôles se creuse avec le nombre d’enfants. A partir du 3ème enfant, surtout, le temps parental des mères s’accroît « considérablement », et celui des pères faiblement. La présence d’un enfant de moins de 3 ans va aussi « de pair avec une répartition plus inégalitaire des tâches parentales ».

Les différences ne s’arrêtent pas à la question de la durée, note la DREES. Les activités réalisées ne sont pas exactement les mêmes : les temps parentaux liés aux soins sont largement féminins, alors que les hommes s’investissent presque autant que les femmes quand il s’agit de partager avec l’enfant des temps de sociabilité et de loisirs. « Autrement dit, à l’instar des tâches domestiques, les hommes, quand ils en réalisent, effectuent relativement plus d’activités parentales valorisées », note l’étude.

L’étude observe aussi des différences selon les caractéristiques socio-démographiques. Les pères au niveau de vie plus élevé consacrent en moyenne un peu plus de temps à leurs enfants. Mais ce sont surtout les différences de caractéristiques au sein du couple qui ont des conséquences sur l’engagement parental. La différence de temps consacré entre la mère et le père est ainsi en moyenne plus faible lorsque tous deux appartiennent à la même catégorie socioprofessionnelle (37 minutes d’écart, contre 49 en général ). Le partage est aussi plus égalitaire quand, au sein du couple, c’est la femme qui occupe un emploi plus élevé dans la hiérarchie sociale. Mais dans tous les cas c’est la mère qui continue à effectuer la plus grande part du temps parental.

 

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(1) Etude réalisée sur la base de l’enquête « Emploi du temps » réalisée par l’INSEE en 2010.

 

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7 commentaires

Lili 27 mai 2013 - 10:37

Au delà de l’écart, effectivement terrible, et des nuances dans cet écart, avoir des enfants pour leur consacrer 1 h 33 (dont une partie non négligeable de choses obligatoires), alors qu’on passe 8 à 10 h par jour au boulot (voire plus), ça en dit long sur notre degré de déshumanisation…

Pour le reste, on voit en effet que l’égalité de fait (salaire, temps de travail) dans le couple impacte l’égalité dans le mode de vie.

Tenons compte aussi qu’avoir 3 enfants est un choix certes courant mais qui témoigne dans la famille d’un état d’esprit globalement plus axé vers la famille. Souvent la mère sera donc du genre « avoir des enfants est ma priorité par rapport à avoir une carrière », ou alors elle aura un boulot moins valorisant et vivra donc plutôt bien cet investissement familial, et donc cela joue aussi sur la répartition des tâches à la maison.

Cela ne me semble pas si choquant, après tout la diversité des tempéraments féminins autorise aussi les femmes à être éventuellement des mères avant d’être des travailleuses? Souhaitons surtout que progressivement la diversité des tempéraments masculins autorise les hommes à être éventuellement père avant d’être un travailleur !!

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Eric 27 mai 2013 - 12:51

« ça en dit long sur notre degré de déshumanisation… »

On va au boulot pour mettre du « pain » sur la table et pouvoir élever les enfants correctement.

D’ailleurs je trouve que cette étude aurait dû prendre en compte la plus grande contribution financière des pères. Aller travailler, c’est s’occuper de ses enfants.

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Lène 28 mai 2013 - 07:33

« Eric »
« ça en dit long sur notre degré de déshumanisation… »

On va au boulot pour mettre du « pain » sur la table et pouvoir élever les enfants correctement.

D’ailleurs je trouve que cette étude aurait dû prendre en compte la plus grande contribution financière des pères. Aller travailler, c’est s’occuper de ses enfants.

Vous êtes incroyablement prévisible. On connaît toutes vos réponses à l’avance: ce sont celles du patriarcat. Merci de ne plus participer, vous n’apportez jamais rien de nouveau au débat. Retournez travailler comme un bon père de famille, ne vous posez pas de questions, on s’occupe de changer le monde sans vous.

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De Profundis 28 mai 2013 - 07:43

« Eric »
« ça en dit long sur notre degré de déshumanisation… »

On va au boulot pour mettre du « pain » sur la table et pouvoir élever les enfants correctement.

D’ailleurs je trouve que cette étude aurait dû prendre en compte la plus grande contribution financière des pères. Aller travailler, c’est s’occuper de ses enfants.

Sauf qu’à travail égal les femmes gagnent moins que les hommes…Et puis l’étude parle du « temps passé avec »… Et qui, au passage est une richesse pour notre pays. Elever les enfants qui feront la croissance de notre économie ça devrait compter dans la richesse nationale non ?

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Lili 28 mai 2013 - 10:19

« Eric »
« ça en dit long sur notre degré de déshumanisation… »

On va au boulot pour mettre du « pain » sur la table et pouvoir élever les enfants correctement.

D’ailleurs je trouve que cette étude aurait dû prendre en compte la plus grande contribution financière des pères. Aller travailler, c’est s’occuper de ses enfants.

En effet, on va au boulot pour mettre le pain sur la table. Et on s’occupe de ses enfants aussi comme cela. Mais cela concerne les hommes comme les femmes.

Et mettre le pain sur la table des enfants, ça n’est pas incompatible avec passer du temps avec eux de manière plus équilibrée que 10 H de boulot et 44 minutes de paternage/maternage.
Si vous ne supportez pas les enfants, n’en faites pas. Ils ont autant besoin de votre présence que de votre argent.

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Meg 30 mai 2013 - 08:44

Eric « Aller travailler, c’est s’occuper de ses enfants. »

En somme selon Eric, une branlette dans un bocal et un gros chèque, c’est largement suffisant pour faire un bon père.

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09 Aziza 18 juin 2013 - 17:14

Oui, élever les enfants devrait être compris dans la richesse nationale! c’est ce qu’avait réclamé le MLF depuis 1978: »nous sommes trois fois productrices ». Qu’est ce qui a bougé depuis cette revendication, vieille de plus de 35 ans? Rien, et certains prétendent que  » maintenant, les pères et les mères partagent à égalité l’éducation des enfants »; c’est un mantra qu’on entend régulièrement dans les média.
Résultat, les jeunes femmes se sentent coupables de revendiquer une vie meilleure.
« metro, boulot, Omo, marmots..et jamais dodo! » Qui se souvient de cette affiche?

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