Accueil Politique MeToo : Aurélie Filippetti dénonce les carrières entravées

MeToo : Aurélie Filippetti dénonce les carrières entravées

par Isabelle Germain

Autre versant de MeToo : l’ancienne ministre de la Culture a été mise en difficulté pour avoir refusé les avances de Jérôme Cahuzac.  Combien de femmes ont renoncé à leurs ambitions pour les mêmes raisons ?

La parole se libère enfin depuis MeToo ? Certes, mais ce n’est pas encore la révolution féministe qui rendra l’accès au pouvoir  plus facile pour les femmes. Des agressions sexuelles sont dénoncées aujourd’hui mais que sont devenues les femmes qui ont tenté de dénoncer leurs agresseurs ou celles qui ont refusé des avances insistantes ?

Aurélie Filippetti a raconté lundi 29 novembre, sur les ondes de franceinfo, puis le lendemain dans l’émission C à vous sur France5 comment Jérôme Cahuzac lui avait mis des bâtons dans les roues à, au moins, deux reprises alors qu’elle avait refusé ses avances « extrêmement insistantes ». D’abord lorsqu’elle était députée de Moselle. Elle faisait partie de la commission des finances à l’Assemblée nationale, présidée par Jérôme Cahuzac, alors député du Lot-et-Garonne et président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale. « Ma réserve parlementaire, à ce moment-là, attribuée par le président de la commission, a été réduite quasiment au strict minimum. J’avais beaucoup moins que ce qu’avaient tous les autres députés de la commission »

En 2012, Aurélie Filippetti devient ministre de la Culture, Jérôme Cahuzac est ministre délégué au Budget. Elle raconte sur France 5 une phase de négociation du budget de son ministère qui a mal tourné à son détriment et au détriment du monde de la culture.

Elle dit en avoir parlé à bien des responsables politiques, à François Hollande avant qu’il ne soit président de la République puis lorsqu’il était en fonction, au Premier ministre de l’époque, sans que personne ne réagisse. Jérôme Cahuzac avait déjà raconté l’histoire à sa façon, prétendant avoir eu une histoire avec elle, et la faisait passer pour une « folle », une « hystérique » qui vivait mal leur prétendue séparation…

Aurélie Filippetti a été ministre, elle a accès à la parole publique mais combien de femmes ont dû renoncer à leurs ambitions à cause d’histoires comme celle-ci, pendant que ces hommes de pouvoir continuaient leur petit bonhomme de chemin ? Une injustice et un gâchis de talents énormes !

Pascale Mitterrand, qui avait déposé une plainte contre Nicolas Hulot en 2008 rêvait de devenir photo-journaliste. Alors qu’elle effectuait un stage à l’agence Sipa, elle a dû réaliser un reportage dans la nouvelle demeure du présentateur d’Ushuaïa en Corse, et Nicolas Hulot aurait exigé quelle vienne seule. Après le viol dont elle accuse l’ex-ministre, celle qui avait fait des études de photo-journalisme et réussi à intégrer la plus grande agence, a renoncé au métier.

Aurélie Filippetti parle pour toutes celles qui ont dû renoncer. A l’époque pas si lointaine où elle était ministre, sa parole était, dit-elle, « inaudible parce que les femmes avaient toujours tort dans ces histoires. » Est-ce du passé ?

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