Accueil Politique & Société MetooPolitique : à peine lancé, déjà hacké

MetooPolitique : à peine lancé, déjà hacké

par La rédaction

Quelques heures après la publication de l’appel à « écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes » de la vie politique, le site MeTooPolitique.fr était inaccessible.

Un écran blanc ! Ce mardi matin, le site MeTooPolitique.fr ouvert lundi 15 novembre avait été hacké. Lancé avec beaucoup de bruit dans les médias par une tribune publiée dans Le Monde, ce site veut dénoncer les violences sexuelles et sexistes dans la politique et appelle à cesser d’investir et de parrainer des hommes politiques mis en causes dans de telles affaires.

L’appel est initié par près de 300 femmes travaillant dans le milieu politique : élues, collaboratrices, fonctionnaires, responsables associatives, militantes… Des femmes qui, non seulement subissent ce sexisme mais aussi voient leur carrière entravée. Ce qui a pour effet de brider leur engagement. « On en a marre d’avoir à se battre pour avoir le droit de défendre nos idées en étant en sécurité » déclarait Raphalle Rémy-Leleu, conseillère de Paris (EELV), appelée à commenter MeTooPolitique sur RTL.

« Le monde politique doit assumer ses responsabilités et écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes de ses rangs. » Dit le texte signé essentiellement par des femmes de gauche. Parmi les signatures : l’ancienne ministre socialiste des Droits des femmes Laurence Rossignol, la finaliste de la primaire écologiste Sandrine Rousseau, la conseillère de Paris Alice Coffin, l’ancienne maire écologiste de Marseille et première adjointe Michèle Rubirola, la députée écologiste Delphine Batho, l’eurodéputée La France insoumise Manon Aubry…  Ni LREM, ni la droite n’ont, semble-t-il voulu signer.

Voir les partis maintenir des candidatures malgré ces accusations illustre « à quel point la condition des femmes et des victimes leur est indifférente » dénonce la tribuneOn a d’ailleurs vu des hommes politiques être écartés pour bien dautres motifs (consommation de homards, soupçons de fraude…)

Concernant l’élection présidentielle, au moins trois candidats sont mis en cause : Eric Zemmour est visé par de multiples accusations (voir ci-dessous) François Asselineau président de l’UPR est mis en examen pour agressions sexuelles par personne ayant autorité, harcèlement sexuel et moral, et intimidation d’une victime. Il est placé sous contrôle judiciaire. Et Jean Lassalle, dont le nom avait été cité à plusieurs reprises lorsqu’est paru le mot dièse #Balancetonporc ne se souvient pas de ses accusatrices. Et c’est sans compter les candidats aux législatives dont les noms vont sortir dans  la presse régionale avec le mot dièse #MeTooPolitique.

Cette indifférence au sexisme est une spécificité française, notait d’ailleurs récemment la seule femme qui a été Première Ministre, Edith Cresson (entre 1991 et 1992) . Lorsqu’elle avait été nommée ministre de l’Agriculture (1981-1983), une banderole des agriculteurs l’avait accueillie ainsi  : « Edith, on t’espère meilleure au lit qu’au ministère ! » Réponse « Cela tombe bien que je sois ministre de l’Agriculture parce que comme j’ai affaire à des porcs, je vais devoir m’occuper de vous ! » Mais c’est elle qui avait été jugée agressive !

Indifférence au sexisme mais aussi inversion de culpabilité et inversion de honte. Presque 40 ans plus tard, la démarche #MeTooPolitique était encore beaucoup commentée comme une porte ouverte à la « délation ». Un mot qui renverse la charge de la honte. Les initiatrices du mouvement veulent dénoncer des comportements honteux. Mais en les accusant d’être des délatrices, ce sont elles qui sont accusées de comportements honteux. Et comme cette accusation ne suffit pas à maintenir un climat sexiste dans l’opinion, leur site est attaqué. 

Ajout le 16 novembre à 12h30 : le site MeTooPolitique.fr  fonctionne à nouveau.

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