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Mobilisation mondiale pour des salaires décents dans les fast-foods

par Arnaud Bihel

FastFoodLe mouvement des employés de fast-foods aux États-Unis devrait prendre une nouvelle ampleur le 15 mai, avec des actions de soutien dans de nombreux pays.


 

Ce devrait être le plus grand mouvement de grève jamais observé dans les fast-foods. Jeudi 15 mai, des actions sont prévues dans une trentaine de pays contre la précarité que subissent les salariés des grandes chaînes de restauration rapide. Il s’agit plus particulièrement de soutenir les salariés aux États-Unis qui réclament un salaire minimum de 15 dollars de l’heure – soit le double du salaire moyen actuel.

Plusieurs journées de grève ont déjà été organisées aux États-Unis. Le mouvement a éclos à New-York fin 2012 avant de s’étendre peu à peu (Voir : Les grévistes des fast-foods remettent le couvert). Mais c’est la première fois qu’il devrait avoir une telle ampleur outre-Atlantique, où 150 villes seront concernées ce 15 mai ; la première fois aussi que des employés d’autres pays se manifesteront. Des actions de soutien sont prévues en Argentine et au Brésil, au Japon, aux Philippines et en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et au Maroc… En Europe, des employés comptent se faire entendre à Londres, en Belgique ou au Danemark. Et plusieurs enseignes pourraient être en grève le lendemain en Italie.FastFoodGlobal

L’internationalisation du mouvement est due à l’initiative de l’UITA, union syndicale des travailleurs de l’alimentation et de l’hôtellerie-restauration. Elle a rassemblé du 5 au 7 mai à New-York plusieurs dizaines d’employés de fast-foods, venus de 26 pays, pour réfléchir un « réseau international ». Le secrétaire général de l’UITA Jon Obwald prévient : « Ce n’est que le début d’un mouvement international sans précédent des travailleurs des fast-foods, et cette industrie qui réalise de larges profits ferait bien d’en tenir compte ».

Les revenus des PDG multipliés par 5 en 10 ans

Le contexte est favorable au mouvement : la hausse croissante des inégalités devient de plus en plus difficile à digérer. Si le secteur de la restauration rapide est l’un de ceux qui génèrent le plus d’emplois, c’est aussi celui qui est marqué par les plus fortes disparités de revenus, constatait l’institut Demos dans une étude publiée le 22 avril.

En 2012, les revenus annuels moyens des PDG des principales enseignes de fast-food aux États-Unis (McDonald’s, Wendy’s, Burger King, Taco Bell, KFC, Pizza Hut, Domino’s, Papa John’s… celles-là mêmes qui sont visées par les protestations) s’élevaient à près de 24 millions de dollars. Ils ont été multipliés par 5 depuis l’an 2000. Au cours de la même période le salaire des employés a progressé, si l’on peut dire, de 0,3%. Ainsi, en 2012, les PDG des géants du fast-food gagnaient 1 200 fois plus que leurs employés de base – qui sont d’ailleurs, pour deux tiers, des employées. A New-York, les salaires moyens ne couvrent qu’un quart de ce qui est nécessaire pour « survivre », insiste le mouvement Fast Food Forward.

Dans un rapport publié en juillet 2013, le NELP, organisme U.S. de recherche sur les inégalités au travail, relevait aussi que le secteur n’offre « quasiment aucune perspective de promotion » : seuls 2,2% des postes de l’industrie du fast-food sont de type managérial, contre une moyenne de 30% dans l’ensemble de l’économie nationale.

 

Photo Joe Simoes. Manifestation le 7 mai devant un Mc Donald’s de New-York à l’issue de la réunion de l’UITA

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