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Mobilisation politique en règle pour l’hygiène menstruelle

par La rédaction

Les règles, sujet politique. Quatre membres du gouvernement se mobilisent, annoncent un pas vers la gratuité des protections hygiéniques et davantage de vigilance sur la composition des produits.

Autrefois « préoccupation de bonne-femme », les règles deviennent « sujet politique ». Non sans mal. Une foultitude de rites, croyances, expressions… veulent rendre les femmes honteuses d’avoir leurs règles. Le tabou a un peu reculé en 2015 lors du combat pour la TVA à 5,5 % (Voir « Taxe Tampon, question réglée ») Plusieurs associations agissent pour fournir aux plus précaires des protections périodiques gratuites. « Règles élémentaires » a d’ailleurs été créé dans ce but en 2015. Et depuis 2014 la « Journée mondiale de l’hygiène menstruelle » a lieu le 28 mai. 28, comme la durée d’un cycle.

Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes s’en saisit pour réunir plusieurs ministres, parlementaires, entrepreneuses, industriels, experts et associations. Sur la photo qui annonce la rencontre, quatre secrétaires d’Etat posent à ses côtés : Brune Poirson, Secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire,  Christelle Dubos, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé. et Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances.

Thème de la rencontre : « Précarité, composition : quelles innovations pour les femmes ? ». Objectif : « convenir d’une stratégie commune, innovante et inédite, qui améliorera concrètement la vie de toutes les femmes. »

Outre la question des moyens de se procurer des protections, le tabou des règles met une chape de plomb sur d’autres sujets de santé. Citons le problème de la composition des produits d’hygiène menstruelle qui peuvent contenir des substances dangereuses ou la méconnaissance du fléau de l’endométriose, une maladie douloureuse et handicapante que le corps médical a longtemps négligé considérant que les douleurs des femmes étaient imaginaires ou normales. Sans compter les traumatismes pour les adolescentes mal informées, mal accompagnées ou stigmatisées.

Lors de cette rencontre, la sénatrice Patricia Schillinger s’est vu confier une mission relative à l’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques. Elle avait présenté un amendement pour expérimenter la distribution gratuite de produits menstruels pour les femmes précaires en fin d’année dernière, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2019. Son amendement avait été retiré à la demande de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui avait annoncé que son ministère travaillerait sur le sujet en 2019. Ce mardi matin, Christelle Dubos, à confirmé vouloir améliorer l’accès aux protections hygiéniques pour les femmes les plus précaires. Elle doit aussi travailler avec Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, sur les moyens pour mieux soutenir l’action des associations de lutte contre la précarité et les structures d’accueil des femmes sans-abri.

Agnès Pannier-Runacher engage le minstère de l’Economie à améliorer la sécurité et l’information sur la composition et à l’utilisation des protections menstruelles et l’accessibilité des produits

Brune Poirson engage le ministère de l’Ecologie à introduire, dans le projet de loi sur l’économie circulaire, des mesures relatives aux produits d’hygiène.

Les règles sont enfin devenues un sujet politique

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