Accueil Politique & Société Noms de rues : « et les femmes ? » demande Roselyne Bachelot

Noms de rues : « et les femmes ? » demande Roselyne Bachelot

par Camille Saint-Cricq

Emmanuel Macron n’a pas pensé aux femmes dans son plaidoyer pour des noms de rues représentatifs de la «diversité». La ministre de la Culture  rafraîchit la « fonction mémorielle ». 

Emmanuel Macron aurait-il oublié qu’il a fait de l’égalité femmes hommes la grande cause du quinquennat ? Dans la très longue interview qu’il a accordée au média en ligne Brut, vendredi 4 décembre, pour s’adresser aux plus jeunes, le président de la République s’est dit favorable à ce que «300 à 500 noms» de personnalités «issues des quartiers ou de l’immigration» soient sélectionnés par un «comité scientifique». Interviewée à ce sujet ce vendredi sur BFMTV, par Jean-Jacques Bourdin, la ministre de la culture, Roselyne Bachelot a embrayé : « il aurait dû ajouter les femmes aussi. » Réaction étonnée de l’intervieweur, « ha oui, tiens, vous avez entièrement raison ». Il n’avait pas prévu de question sur ce thème. Et c’est bien le problème. Comme le président de la République, ceux qui occupent le micro dans les médias ne pensent pas à donner de la visibilité aux femmes.

Pourtant, explique la ministre de la Culture, le baptême des rues remplit une «fonction mémorielle».. Elle «ne verrai(t) que des avantages» à ce que plus de noms de rues portent le nom de «personnes issues de la diversité», de «femmes»… «et pourquoi pas» de «femmes issues de la diversité». Une fonction mémorielle essentielle pour permettre à ceux qui ne sont pas des hommes blancs de trouver des modèles dans lesquels se projeter.

En 2014, seulement 2% des rues portaient des noms de femmes en France selon l’ONG Soroptimist. Depuis certaines villes ont avancé. Le vœu de la ministre de la Culture d’honorer des femmes issues de la diversité a été partiellement exaucé à Paris récemment. Un jardin et une statue ont été inaugurés en l’honneur de l’héroïne de la résistance des esclaves de Guadeloupe au XIXe siècle, la « mulâtresse » Solitude.

En revanche, dans la même interview, la ministre n’a pas voulu faire de reproches à l’émission de RTL Les Grosses Têtes à laquelle elle participait avant d’être ministre.  Une récente étude de l’AJL en dénonce le sexisme.  Sa réponse légère , «il n’y a pas mort d’homme ni de femmes» a été rapprochée d’une déclaration de Jack Lang qui, à propos de l’affaire DSK jugeait qu’il n’y avait pas mort d’homme…

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