Accueil Sport Nouveau débat sur l’égalité femmes/hommes dans le tennis

Nouveau débat sur l’égalité femmes/hommes dans le tennis

par La rédaction
Djokovic
Djokovic

Novak Djokovic et son trophée de l’Open d’Indian Wells 2016 © Jared Wickerham/BNP Paribas Open

Les commentaires du patron du tournoi d’Indian Wells, Raymond Moore, et du numéro 1 mondial Novak Djokovic, ont relancé les échanges sur la parité des gains entre joueurs et joueuses de tennis.
Mise à jour : Raymond Moore a démissionné.


 

Balles neuves. Le débat sur l’égalité des gains entre hommes et femmes dans le monde du tennis professionnel a repris de plus belle dimanche 20 mars. Avant les finales féminine et masculine de l’Open d’Indian Wells, un des principaux tournois de la saison, son directeur Raymond Moore expliquait que le circuit du tennis féminin, la WTA, « profitait du succès » de son équivalent masculin, l’ATP.

« Si j’étais une joueuse, je m’agenouillerais tous les soirs pour remercier Dieu de l’existence de Roger Federer et Rafa Nadal, car ils ont porté ce sport », ajoutait-il. Avant, un peu plus tard, d’estimer que, malgré tout, le circuit féminin comptait de plus en plus de joueuses « attirantes », à la fois sportivement et physiquement…

Les critiques du monde du tennis contre ces remarques sexistes ont aussitôt fusé, à commencer par celle de Billie Jean King, la première joueuse à s’être battue, dans les années 1970, pour l’égalité entre les joueuses et les joueurs de tennis.

Mise à jour : le tournoi a annoncé un peu plus tard, lundi 21 mars, la démission de son directeur. Son patron, Larry Ellison, louant « ces grandes athlètes qui se sont battues si fort pendant tant d’années pour obtenir l’égalité des gains dans le tennis ».

Raymond Moore s’est rapidement excusé pour ces propos, mais le mal était fait. D’autant que le numéro 1 mondial Novak Djokovic a pris la balle au bond pour questionner la parité des gains. Djokovic, vainqueur de Milos Raonic en finale d’Indian Wells (officiellement BNP Paribas Open), a empoché 1 million de dollars. Tout comme, chez les femmes, Victoria Azarenka qui a disposé de Serena Williams.

Le tennis est en effet un des rares sports où les femmes gagnent autant que les hommes dans les grands tournois – c’était le cas dès 1973 à l’US Open, il a fallu attendre 2007 à Roland-Garros. Et les voix masculines qui critiquent cette égalité sont récurrentes. Les français Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga s’étaient ainsi élevés en 2012 contre la parité des gains.

« Elles se sont battues pour ce qu’elles méritent et elles l’ont obtenu », a commenté Novak Djokovic. « Mais d’un autre côté je pense que notre circuit de tennis masculin, l’ATP, devrait se battre pour obtenir davantage, parce que les statistiques montrent que nous avons davantage de spectateurs pour les matchs masculins. C’est une raison pour laquelle nous devrions peut-être gagner plus. »


En 2013, Billie Jean King expliquait :
« Ce qui compte dans l’égalité des gains, c’est le message, pas l’argent.
C’est le message que nous transmettons avec ce mot : ‘égal’ »
(Voir : Les tenniswomen « désireuses et capables » de jouer 5 sets)

Avant cette réflexion, le numéro 1 mondial a pourtant pris des pincettes. « Assurément, c’est une situation très délicate. Les femmes méritent respect et admiration pour ce qu’elles font. Vous savez, l’égalité des gains a été un sujet majeur dans le monde du tennis ces 7 ou 8 dernières années. J’ai connu ce processus et je sais combien d’énergie la WTA et toutes les avocates de l’égalité des prix ont investi pour l’obtenir. Je les applaudis pour cela, vraiment. »

Novak Djokovic ajoutait : « Les corps des femmes sont différents de ceux des hommes. Elles doivent traverser différentes choses que nous n’avons pas à traverser. Vous savez, les hormones et tout, je ne vais pas entrer dans les détails. » La question des règles reste un sujet tabou dans le sport, même si une joueuse a récemment ouvert une brèche. En janvier 2015, la Britannique Heather Watson expliquait sa défaite à l’Open d’Australie par le fait qu’elle avait « un truc de filles ».

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Tennis féminin : un contrat record

« Frères Williams » : sexisme out dans le tennis

Gulbis, prodige du tennis « men only »

40 ans d’indépendance pour le tennis féminin

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire