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Nouveau rapport pour mettre les femmes au cœur de l’économie

par Isabelle Germain

Pour pousser les filles et les femmes vers les sciences et techniques, le rapport de Chiara Corazza donne plusieurs pistes, y compris frapper au porte-monnaie.

Pour préparer un projet de loi sur l’émancipation économique des femmes, Chiara Corazza, La directrice du Women’s Forum, a remis un rapport au gouvernement mardi 5 févier. Ce document cible particulièrement les métiers des STEM : sciences, technologies, ingénierie et mathématiques. Ces filières, qui conduisent vers les plus hauts sommets de l’économie, sont boudées par les filles pour des questions de stéréotypes. Alors le plan proposé dans le rapport recommande des actions allant de la petite enfance aux directions d’entreprises en passant par quelques services publics et les financeurs d’entreprises. Pas moins de cinq membres du gouvernement sont venus au Ministère de l’Economie mardi matin pour recevoir la feuille de route : Marlène Schiappa Secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes/hommes et  Cédric Ô, Secrétaire d’Etat au Numérique qui avaient commandé le rapport,  Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat à l’Industrie, et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

L’enjeu, a expliqué Chiara Corazza est « que les femmes aient les mêmes opportunités, les mêmes atouts, les mêmes expertises que les hommes pour faire face aux défis de demain » Et il faut, surtout, cesser de voir l’économie se priver de presque la moitié des talents.

Le rapport recommande des actions à mener dès l’enfance.  Imaginer des activités ludiques à l’école pour favoriser l’apprentissage du codage et de l’informatique, créer une semaine des filles dans les sciences et technologies, avec présentation de femmes influentes dans ces domaines. Et ne pas les lâcher à l‘adolescence en créant une plateforme numérique d’échanges entre les jeunes filles et les femmes travaillant dans les secteurs scientifiques. Il est crucial de « gommer les préjugés, les stéréotypes, les biais » qui détournent les plus jeunes de ces métiers. Marlène Schiappa a d’ailleurs raconté une expérience personnelle récente pour illustrer le décrochage des filles en raison des stéréotypes. Ayant inscrit ses filles à des cours de code pendant les vacances, elle a vu qu’il y avait quelques filles dans le groupe de sa cadette mais dans le groupe de son aînée, adolescente, il n’y en avait qu’une : sa fille. Le codage informatique est perçu comme une activité de garçons. (On observe le même phénomène dans le sport. Petites, les filles pratiquent des par exemple le judo ou des sports d’équipe, mais en grandissant, elles s’en détournent pour se conformer à ce quelles croient être plus féminin)

Dans les universités spécialisées, le rapport préconise d’instaurer des objectifs chiffrés et de conditionner certaines aides financières à la mixité. Avec pour exigence : « 40% de filles d’ici à 2025 dans les universités et écoles publiques et privées spécialisées dans les STEM et conditionner des incitations financières aux progrès réalisés ».

Même incitation financière pour aller vers l’égalité femmes – hommes dans les STEM. Parmi les critères d’attribution des financements compétitifs dans l’enseignement supérieur, la mixité pourrait être une priorité.  La parité pourrait être imposée dans les jurys de concours qui sélectionnent les candidats à l’entrée des grandes écoles.

Et dans le monde du travail, le rapport propose, pour favoriser les carrières des femmes, de développer des indicateurs de mixité dans les entreprises et administrations et d’imposer leur publication d’ici 2025, «d’assurer un cadre qui permette de concilier une carrière professionnelle avec une vie personnelle», ou encore d’introduire un quota de 30% de femmes issues de carrières scientifiques dans les conseils d’administration.

Une nouvelle fois, l’idée de taper au porte-monnaie en conditionnant l’attribution de financements publics est évoquée, mais les membres du gouvernement, pressés de se rentre au conseil des ministre mardi matin n’ont pas dit s’ils étaient prêts à inscrire une telle disposition dans la loi…

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