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Polémique sur les nouveaux indicateurs de richesse

par Marina Fabre

Capture d’écran 2015-11-26 à 16.27.00Le ministre des Finances, Michel Sapin, a répondu aux critiques des député.e.s concernant les nouveaux indicateurs de richesse soupçonnés de promouvoir l’action gouvernementale. « Il n’y a pas de malignité du gouvernement dans la parution de ce rapport », s’est justifié le ministre. 


 

Le gouvernement a rendu public le 27 octobre dernier, le premier rapport annuel prenant en compte 10 indicateurs de richesse complémentaires au PIB. « Il ne s’agit pas de le remplacer », a souligné Michel Sapin, ministre des Finances, auditionné sur le sujet par plusieurs commissions de l’Assemblée ce jeudi 26 novembre.

Voir : Le gouvernement officialise les nouveaux indicateurs de richesse

« Pour dire les choses, je pense que c’est une loi de progrès », a estimé le ministre. Le 2 avril dernier, le Sénat avait adopté, sur initiative de la députée Eva Sas, la loi sur « la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse dans la définition et l’évaluation des politiques publiques ». C’est d’abord le CESE et France Stratégie qui s’étaient penchés sur le sujet et qui présentaient, en juin dernier, un tableau de bord de 10 nouveaux indicateurs. Le gouvernement s’était appuyé en grande partie sur ces éléments mais avait modifié certains indicateurs, aujourd’hui en débat.

« Il n’y a pas de malignité du gouvernement dans la parution de ce rapport »

Plusieurs universitaires et politiques jugent en effet que les modifications apportées par le gouvernement ne sont qu’une stratégie pour valoriser l’action gouvernementale et les réformes en cours. Et une partie du discours de Michel Sapin ne pouvait les rassurer : « Le rapport évalue les principales mesures en cours ou à venir (…) Ces mesures (NDLR : pacte de responsabilité et de solidarité, loi sur la transition énergétique, plan très haut débit, réforme des collège) analysées à travers le prisme des indicateurs apparaissent toutes comme des réformes de progrès (…) Cette évaluation n’est pas exhaustive mais c’est une première étape », s’est félicité le ministre des Finances même s’il a tempéré : « Je me garderai bien de tout triomphalisme. »

La députée Eva Sas s’est elle-même questionnée sur la pertinence de certains changements réalisés par le gouvernement. Notamment l’indicateur consacré aux inégalités de revenus. « L’accroissement des inégalités concerne surtout les plus aisés des ménages aisés. C’est pourquoi il me semble que le rapport entre les 20% des plus aisés et les 20% des moins aisés, que vous avez choisi, est peut-être moins pertinent que les 10%, comme le suggéraient le CESE et France stratégie. » Elle a par ailleurs noté que « l’indicateur du taux d’emploi devait être complété par le taux de chômage pour avoir une vision plus juste de la situation de l’emploi en France ».

Concernant ces différences, Michel Sapin s’est justifié : « Il n’y a aucune malignité du gouvernement (…) Ce que nous voulons faire c’est privilégier les indicateurs dont la mesure est la plus fiable possible. Des indicateurs qui puissent se fonder sur des éléments les plus récents possibles. » Le ministre a mis l’accent sur l’importance que ces indicateurs puissent être comparés à l’échelle européenne, d’où la modification de certains d’entre eux.

« Il faut stabiliser ces indicateurs pour qu’ils échappent au clivage partisan »

Au delà de ces stratégies politiciennes – ou non –, l’accent a été mis, de la part des député.e.s, comme du ministre, sur la nécessité de la stabilité de ces indicateurs. « Il faut stabiliser ces indicateurs pour qu’ils échappent au clivage partisan », a jugé Eva Sas. Une conviction que partage Michel Sapin : « Ce qui est important, c’est la stabilité. Ce n’est pas pour changer au fur et à mesure des politiques, sinon c’est facile, on fera chacun nos petits tableaux à nous, chacun mettant en valeur tel ou tel aspect. Non, ce qu’il faut, comme le PIB, c’est qu’ils soient des indicateurs continus, qui permettent des comparaisons dans le temps. »

Des souhaits d’envergure donc pour ces nouveaux indicateurs de richesse qui n’ont pourtant rencontré que très peu d’écho dans les médias, comme l’a souligné la député Eva Sas, regrettant une « communication restreinte » du gouvernement. Le but étant pourtant que le rapport vive, que les citoyens s’en emparent. A cet égard, le ministre des Finances a annoncé qu’il mettrait tout en œuvre pour que ces indicateurs soient accessibles, « c’est aussi un souhait du Premier ministre », a-t-il ajouté.

 

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